‹ Enfant chéri des damesChapitre 2 sur 39 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

GALOUHET, PAUL DESROCHES le neveu.

PAUL, paraissant sur le seuil de la porte à gaiiclieaii second plan.

Galoubel ! Galoubet!

GALOUBET

Ah ! c'est notre neveu ; notre (illeul... cl comme dit mon maître, notre homonyme.

PAUL

Mon oncle n'est pas encore visible?

GALOUBET

Non

PAUL

T'a-t-i! parlé de moi ?

GALOUBET

Beaucoup... de vous, et de votre prochain mariage avec M"t' Jcniiy du Tillet.

PAUL

Vrai ? Jenny ? Oh ! l'excellent oncle ! mon seul ami ! mon père !

GALOUBET

Votre père!... C'est vrai, il vous aime à lieu prés comme on aime son fils... et c'est drôle ! entre jeunes gens., car il n'a que vingt-neuf ans.

PAUL

Et moi vingt-deux... aussi entre nous, pas de gène, pas d'étiquette... Il me défend d'en avoir, et il a raison ; il veut que je le tutoie, que je le traite en camarade, enfin, que je l'aime... que je l'aime beaucoup au lieu de le respecter.

GALOUBET

Et VOUS abusez de la permission... vous ne le respectez pas du tout.

PAUL

Il faut bien lui obéir! pauvre oncle!... C'est que tu ne sais pas, Galoubet , tout ce que je lui dois...

GALOUBET

Si fait... je sais même que tout ce que vous lui devez, vous ne le lui paierez jamais...

PAUL

Oh! jamais... c'est impossible ! C'était un enfant encore lorsqu'il a été mon parrain, lorsqu'il m'a donné son nom... mais plus tard, le jour où il venait d'atteindre sa majorité , rnoi , je venais de perdre mon père... Il ne m'avait laissé pour dernier adieu , et pour toute fortune que cette parole : «Je suis sûr de mon frère; va le trouver!...» J'obéis... et Paul me tendit les bras en me jurant que, tant qu'il existerait , je ne serais pas orphelin! Il a tenu parole! Avec quelle bonté, quelle indulgence il a toujours excusé mes folies ! Il est vrai qu'il savait ce que c'était.

GALOUBET

Plaît-il , monsieur?...

A son ;\ge, et à travers toutes les joyeuses aventures que lui envoyait sa bonne étoile...

GALOUBET

Des aventures !...

PAUL

Oh ! tu vas, conmie toujours , me soutenir le contraire... et tu as raison ; je ne veux rien savoir, rien connaître... rien que ses bontés pour moi, son amitié à toute épreuve... De loin comme (le près, il a toujours veillé sur moi , même quand j'étais au réj;imcnt , il y a deux ans, même quand il était marié, lui , et malgré la volonté...

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