SCÈNE V
JENNY, seule.
Ce mouchoir, oublié ce matin chez lui ! ces armoiries !... ce chilTre brodé en or... c'est celui de la baronne ! Julie du Tillet ! et ce n'était donc pas une illusion, un prestige, c'est elle!... c'est bien elle que j'avais vue !... Pourvu que mon père ne vienne jamais à découvrir... Ah! je ne partirai pas...
AIR : Pouvre soldat.
Pour conjurer ici tle graii'ls niallieurs, Je resterai... trop de tourment m'accable !
Lui, qui cause tant de frayeurs, Quel homme affreux ! combien il est coupable ! Ah ! ma colère augmente à chaque instant , Et de mon cœur la faiblesse est bannie... Plus que jamais je le hais à présent...
Et c'est , hélas ! en ce moment
Qu'il me faut trembler pour sa vie.
Oui , je tremble encor pour sa vie.
{ On entend la voix de Desrocbes dans la coulisse. )
DESnOCHES.
OÙ est-il? où est mon neveu? je sais (|u'il est ici , et je veux lui parler.
JENNY, avec un cri de joie involoniaiio. Ah! c'est lui! sauvé! Je respire... Mais je ne veux pas le voir... sa présence me ferait trop de mal : c'est plus que de la haine, c'est de l'horreur qu'il m'inspire.
(Mlle son par la gauclir, au second plan. )
SCKNS': VI.
DESROCHES, seul.
DESROCIIES, ;i un laquais.
J'entrerai , j'entrerai, ledis-je... Annonce-moi sur-le-champ à M. le baron. (Le laquais sort, De.sroclies arpente le théâtre d'un air furieux.) J'étouffe de COlére.. Chamaillard! un garde du commerce! quartier Saint-Lazare!. ..Oh! la Uçon, la mystification que je viens de subir est trop forte, et je veux le punir, lui ! Il est ici , on me l'a dit, en grande conversation avec le baron : je vais le voir, je vais m'expliquer en présence de tous les deux !
(Paul entre par la porte à droite au second plan.)
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