‹ Enoch Arden;Chapitre 20 sur 33 · C'est- à-dire Téquateur · texte numérisé non relu

C'est- à-dire Téquateur

ment de quelque ruisseau se précipitant vers l'Océan, quand il se -promenait en longeant 4 le bas du rivage ou quand il restait assis tout le jour dans la gorge qui regardait vers la mer, marin naufragé attendant une voile • pas de voile de jour en jour, mais tous les jours le lever du soleil divisé 2 en flèches écarlates parmi les palmiers et les fougères et les précipices, la lumière du soleil sur les eaux du côté de l'orient ; la lumière du soleil sur son île au-dessus de sa tête, la lumière du soleil sur les eaux du côté du couchant, puis les grands astres qui se plaçaient eux-mêmes comme des globes dans le ciel, Focéan qui mugissait sourdement, et puis de nouveau les flèches écarlates du soleil levant, mais point de voile.

Là souvent, pendant qu'il veillait ou paraissait veiller si tranquille, le lézard doré se posait sur lui ; un fantôme composé de beaucoup de fantômes semblait se mouvoir devant lui et le hantait; ou bien lui-même allait par la pensée visiter des gens, des choses et des lieux qu'il connaissait, là- bas, bien loin, dans une île plus sombre, au delà de la ligne de l'équateur : les enfants, leur babil, Annie, la petite maisonnette, la rue montante, le moulin, les chemins bordés de feuillage, l'if en forme de paon et la maison solitaire, le cheval qu'il conduisait, le bateau qu'il avait vendu, les fraîches aurores de novembre, les dunes s'obscurcissant avec la rosée, la douce ondée, le parfum des feuilles mourantes et le sourd 3 mugissement des mers à la couleur de plomb.

Une fois également, dans le tintement de ses oreilles, quoique faiblement, cependant joyeusement — de loin, de bien loin — il entendit le carillon des cloches de sa

1. As down the shore he ranged, quand en bas du rivage il longeait en se promenant.

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