‹ Enquête sur l'évolution littéraireChapitre 28 sur 72 · M. CHARLES VIGNIER · texte numérisé non relu

M. CHARLES VIGNIER

Dans ]a biographie qu'il a écrite de M. Maurice Barrés, M. Moréas écrivait : « Lui (Barrés), Charles Yig-nier, Laurent Tailhade et moi, nous formions à nous quatre, à cette époque, le ban et l'arrière-ban de ce (lui fut depuis appelé : Décadence, Déliquescence, Symbolisme, ou d'un autre vocable. » J'ai vu M. Barrés, M. Laurent Tailhade s'est expliqué, Moréas aussi; j'apporte aujourd'hui, pour être complet, l'avis de M. Charles Vignier, le non moins piquant des quatre.

M. Vignier est en moment en Angleterre, où il se retrempe aux sources d'un préraphaëhsme confortable. Éloigné du bruit de la lutte, s'il a perdu un peu de passion, il a conservé toute sa mémoire et toute sa finesse. Voici la lettre (|u'il ma écrite :

(( Vous désirez connaître mon avis touchant la décrépitude du Naturalisme et l'avenir des formules nouvelles, dont le Symbole. Ceci tuera-t-il cela? Et la sauce? Et les contingences? Et le reste? Qu'on souffre que je me mette à Taise : NaturaliS'me, Néo-Réalisme, Psychisme, Synthétisme, Symbolisme, Bécadisme , (Verlaine a sacré ce vocable) Tromhonism.e (ça, c'est la rehgion de M. Ghil, une petite religion d'arrièreboutique), autant de mots d'argot ; autant de cocardes

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aux couleurs imprécises que se hâtent d'arborer tous ceux dont porter une cocarde fait la seule raison d'être; autant de lanternes magiques non allumées; autant d'attrape-nigauds où s'engluent les Gompréhensifs ; autant de faux-nez, d'énormes faux-nez, longs, longs, longs, tels des proboscides, et <|ui vont traînant jusque parmi les jambes des badauds et font choir Hod sur le derrière.

Un fait! 11 semble (ju'en littérature, en science, en politique et dans la vie, le gros benêt de matérialisme, qui fut le baryton choyé de ces dernières années, se voit peu à peu repoussé de la scène, et jusqu'à la cantonade où se chuchote la prochaine venue du ténor sous l'espèce d'un idéalisme tout pimpant, tout fringant, tout battant neuf, d'un idéalisme dont on augure des merveilles, d'un idéalisme idéal, enfin !

Je crois, en vérité, qu'elle a fait son temps cette manière d'aplatir, d'abêtir une (ouvre d'art, au nom d'on ne sait quelles rogneuses théories scientifiques. Il est certain qu'ils puent le rance ces ex-contremaîtres, ces bousingots fossiles, ces latapoils d'un autre âge qui pointent dans nos yeux leur index laïque et obligatoire tout en nous serinant maints apophthegmes extraits des vulgarisations anglaises que cartonne Germer-Baillère ; ces jobards qui ont trouvé dans Herbert Spencer les scolies prétentieux dont masquer leur crasse ignorance ; ces rabâcheurs d'évo-

lutionnisme qui font des timides hypothèses de Darwin leurs béates certitudes. Les voyez-vous dégring-oler, ces babouins ? Les voyez-vous rouler dans le noir ridicule et avec eux leurs copains élus, ces conseillers municipaux et autres Marsoulans qui barrent dans les grammaires le nom du nommé Dieu ! Et puisque nous voilà tuant des morts, tuonsles tous. Ce qui se dégonfle aussi, c'est la littérature des constipés, des dyspeptiques, des hémorroïdaux, des céphalalgiques, des névropathes, la littérature de ceux qui ont des cors aux pieds et des oignons dans les cervelles. Tous ces pessimistes ébranlés, tous cessceptiques à deux sous, tous ces rigolos, tous cespleurnichards, tous ces renaniaques, tous ces gens tortus, goitreux, brèche-dents ou pieds-bots, nous ennuient avec leurs misères de cabinets d'aisances et leurs infortunes conjugales. Ces renards à la queue coupée ne nous feront rien couper du tout. Jour de Dieu ! — comme disait la grand'mère de ^me Séverine, — un homme bien fait de sa personne ne saurait-il pas montrer du talent? Faut-il nécessairement être cocu pour écrire un beau livre ?

Donc l'armée matérialiste est en pleine déroute. Et les derniers fuyards tombent sous une chiquenaude : mais ou chercher les vainqueurs ?

— Monte à ta tour, ma sœur Anne, et les vois venir. Hâte-toi, douce amie, ils ne peuvent tarder. Dis, les vois-tu ?

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— Je vois M. Pasteur qui lorgne des microbes tout «n invoquant Dieu.

— Et qui vois-tu encore, ô ma sœur Anne ?

— Je vois des gens qui s'intitulent mystiques. Ils relisent la vie de Rancé et s'achètent une copie artistico-industrielle de la statue de saint Françoisd'Assises. Ils s'abordent en citant un quatrain de la Vita Nuova et se quittent sur un verset de sainte Thérèse. Ils attestent Memling", Duret, Filippino Lippi ou le divin Botticelli. D'ailleurs ces mystiques sont pour la plupart pochards, ce qui leur permet de se voir doubles et de confondre Gustave Moreau avec Puvis de Ghavannes, Félicien Rops avec un

irtiste.

— Et qui encore, ô ma sœur Anne ?

— Je vois des bouddhistes qui gambillent derrière les jupes de la duchesse de Pomar, fort occupée, ma foi, à mettre le Ramayana à la portée de ces intelligences moyennes. A côté de la duchesse, j'aperçois madame Blavatska flanquée de ses élèves en prestidigitation spiritico-fakiriste. Ils font tourner des tables à rebrousse-poil et se documentent citez MM. Jacolliot, Jules Verne et Camille Flammarion.

— Et puis ?

— Voici en bonnets pointus les adeptes de la Kabbale. Ils étudient Hermès-Trismégiste à travers un rudiment signé de quelque Eliphas-Lévy et tracent 4es pentacles dans les pissotières. D'autres profèrent

des Abracadabras et des Hocus-Pocus. Tels, dès qu'ils voient la lune, tentent une incantation.

— Et puis ?

— Trois ou quatre foutriquets qui g-agnent un pain quotidien par Fusag-e raisonné de la psychologie. Des actes, ils induisent les motifs et ils en sont fiers. Ils cherchent leur Moi avec assiduité. Sans doute, ce Moi s'est réfugié dans leur nez, car ils y fourrent les doig-ts tout le temps.

— Et puis encore ?

— Je ne vois plus rien. Ah ! par-ci par-là quelques chiromanciens, des astrologues, des messieurs bien mis qui vendent la bonne fortune, l'orviétan ou l'olive.

Si ce sont là les seuls tenants de l'idéalisme vainqueur, il faut avouer que tous ces personnag-es, se juchassent-ils les uns sur les autres, n'arriveraient pas à dénouer la jarretière de Boule- de- Suif.

Certes, il est aisé de constater que M. Zola n'a plus l'oreille du public, ni même M. de Maupassant, qui parfois donna l'illusion d'un très fort. Ni même des jeunes pleins de talent comme M. Joseph Garaguel dont le tort est de s'obstiner aux errements anciens. Et M. Joris-Karl-Huysmans a beau triturer quelques hosties parmi ses biles pessimistes et ses acrimonies de pompier schopenhauerien et ses ironies de Batavc mal dég-rossi, il ne s'en rend pas plus attrayant.

Pourtant, encore un coup, tout démodés que paraissent ces seigneurs du matérialisme, on n'oserait pré-

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tendre de bonne foi que M. Papus ou M. Péladan les remplacent.

Et les symbolistes? Ah ! oui, c'est juste! Ma sœur Anne ne les a pas mentionnés ? Elle les aura pris pour des marchands d'olives.

Cherchons-les donc, ces symbolistes.

Je salue un maître. Des poètes français vivants, le plus grand, à mon g-ré : Paul Verlaine. Est-il symboliste? Il s'en défend comme un beau diable. On l'a baptisé décadent, il s'en tiendra là. Soit ! Acceptons décadent si cette épithète signifie que Verlaine pince sa viole de la manière la mieux exquise ; si cette épithète veut dire que nul avant ce décadent ne gratta tant exquisement les plus lointaines cordes de l'inconscient ; si décadent implique que ce prestigieux manieur de mots transforma le vers parnassien, rigide et froide et sculpturale momie, en cette « âme légère comme houppe » dont parle Moréas. Décadent, d'accord ! mais il siérait une bonne fois d'avouer que si Hugo enseigna Va, &, c, à nos devanciers, Verlaine apprit à lire à la montante génération.

Est-ce chez M. Stéphane Mallarmé que nous nous enquerrons de l'authentique formule symboliste? On connaît de ce poète, à qui je voue une loyale admiration, vingt-cinq ou trente pièces de vers : suaves allégories, encore qu'un peu abstruses. Puis, il nous promet l'instante apparition de son grand œuvre, dont personne n'a d'ailleurs lu une ligne. Attendons.

Pour tuer le temps, déjeunes littérateurs ont accoutumé d'aller dépenser une heure ou deux, les mardis soirs, à écouter les anecdotes charmantes que raconte en se jouant M. Mallarmé. Je les sais toutes par cœur et M. Mirbeau les apprend.

Mon cher ami, le bon poète Laurent Tailhade vous disait ici, tout récemment, ce qu'il pense du Symbolisme. Je n'insiste pas.

Et Jean Moréas? Symboliste? Pourquoi, doux Jésus ? Est-ce parce que, après Kahn, après Laforgue, et surtout après Rimbaud, il s'adonne aux vers d'un nombre indéterminé de syllabes ? Ou qu'il ressuscite, non sans grâce, des tours et des vocables oubliés? Symboliste? L'est-il par ses idées? Mais écoutez-le rire ! Ses idées ! Elles ne pèsent pas lourd les idées de Jean Moréas. Quand il est en peine d'un sujet, lisait où le trouver. Et vraiment, à respirer les jolies gerbes qu'il en rapporte, je ne vois aucun mal — pas plus de mal que de symbolisme — à ce que Jean Moréas s'en aille glaner parmi les fabliaux. ,

Et Gustave Kahn, et Charles Morice, et les autres, sont-ils symbolistes? Je ne crois pas ravaler ces messieurs, ni nous tous les jeunes qui cherchons, en affirmant que le titre que nous ambitionnons c'est avant tout celui de bon poète.

Et qu'on nous donne la paix avec le symbohsme I

Et maintenant, notre excursion à travers la littérature est achevée. En résumé : une période matéria-

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liste, qui bellement s'illustra, va céder la place à quelque chose de nouveau où l'on croit reconnaître des tendances idéalistes. Ce nouveau mouvement révèlera-t-il un grand homme, et quel?

Permettez que je retourne dans mon coin pour élu- <îider, s'il se peut, ce problème. »

M. ADRIEN REMAGLE

M. Adrien Remacle a fondé, il y a peu d'années, la Revue contemporaine où se sont groupés, pour la première fois sérieusement, autour de Villiers de risle-Adam et de plusieurs maîtres de TEcole parnassienne, ceux qui sont devenus ensuite les Décadents, les StjmJjolistes^ et plusieurs qui ont bifurqué sur la psychologie : Emile Hennequin, mort prématurément, Edouard Rod, Joseph Garaguel, Charles Morice, Emile Michelet, Wyzeva, Maurice Barrés, Charles Vignier, d'autres, y passèrent.

Un peu à l'écart de la lutte active de ces derniers temps, M. Adrien Remacle pouvait peut-être me fournir une note spéciale pour mon enquête.

Il m'a répondu :

— Il est amusant de se rappeler qu'il y a si peu d'années, hier, Zola nous disait : « Le romantisme est mort, mais nous en sommes encore pleins. » Ce qui «st bien une phrase à répéter à propos du natura-

lisme! 11 n'existe, en effet, presque pas d'écrivain dont la forme et le fond ne soient aujourd'hui très imprégnés de naturalisme : minutie de descriptions immédiates, brutalités de mots, analyse en surface. Et de la défroque du romantisme, sinon de sa chaleur de g-estes, croyez-vous que nous soyons débarrassés? Mais, soit, je l'admets, le romantisme est mort, il a expectoré un énorme hoquet d'agonie synthétique avec Hugo, et le naturalisme l'a suivi. Qu'avons-nous à la place ? Pas grand'chose.

Ce sont les philosophes qui mènent l'art, n'est-ce pas? Eux seuls, poètes, comptent et restent.

Après Littré, qui a produit le naturalisme, avec cette formule dite positive : ne nous occupons que de ce que nous voyons et allons au plus près, partant au plus vulgaire, nous avons eu Renan qui a engendré (c'est biblique!) le dilettantisme, les psychologues fins, fins, et les gris de l'Ecole normale, des gens de valeur et d'étude analytique qui tiennent en somme la faveur du public lettré en ce moment. Ce sont MM. Bourget, nos amis Rod, Desjardins, M. Lemaître, l'historiographe un peu lourd de ces messieurs, et, dernière pousse de la branche, Maurice Barrés dont le Moi-néant a de la grâce, et l'afféterie importante beaucoup de piquant ; on ne saurait guère reprocher à ce dernier que de dîner de Stendhal et de souper d'Ignace de Loyola. Qui encore, là? M. Anatole France qui fréquente aux écoles d'Alexandrie,

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au fond un poète -analyste pénétrant et délicat.

Nous avons eu M. Taine, ensuite, qui nous a jetés jusqu'au col (je l'en remercie !) dans l'esthétique ang-laise et les préraphaélites, et qui est responsable, avec Wagner, des songeries dites décadentes, puis symboUques, enfin... de ce qu'il y a d'idées vagues là-dedans.

Je dis :

— Il y a bien un mouvement symboliste ?

— Un mouvement, non : des mouvements sans direction, sans direction commune surtout. Pèlerins sans pèlerinage, et passionnés, oh non! Personne n'a jamais rencontré deux de ces pèlerins ensemble sur la même route. Du bruit, oui, des fifres qui veulent se faire grosses caisses (je parle des moindres, des plus connus), mais de la passion, un amour, une religion? Point. Nous sommes de plus en plus des Bouvards isolés, qui cherchons sans la moindre ardeur à trouver.

On l'a dit, et c'est évident, toute littérature est symboliste depuis Eschyle et bien avant lui ; pourquoi plus symbolistes, ceux-ci ? Parce qu'ils mettent le symbole en avant? Le symbole de quoi? Les symboles vêtent des entités, des pensées-centre ; quelle est la pensée centrale comrnuneàces messieurs? La restitution de vocables du seizième siècle, la longueur plus ou moins grande du vers, le choix (romantique, s'il vous plaît, cela!) de milieux et de tournures du moyen âge, et autres détails, ne sauraient constituer

une doctrine, l'entité mère d'un art. Et ils ne sont même pas d'accord sur ces détails. Si nous en nommons seulement deux ou trois (il y en a plusieurs de très intéressants, parmi ces isolés), M. Pierre Quillard, par exemple, la Gloire du Verbe, un vers mag'nifié, éclatant, mais doux, des vierges douces ou perverses aux formes grises fondues dans l'or et les enluminures de missel, mettrons-nous M. Quillard près de M. Tailhade dont la langue magnifique éclate aussi, mais si différente, et qui aristophanise et assomme à coups de pierres précieuses? Nous trouverons quelques lointaines parentés, sans aucunes similitudes essentielles, entre M. Henri de Régnier et M. Charles Morice, un des plus artificiels, ce dernier. Au moyen âge il eût été un mince prêtre syllogisant sur le dogme ; après le grand siècle, nos humanités en ont fait un classique rhéteur qui, postérieurement à Lamartine et Vigny, est resté classique, sur lequel s'épanouissent des fleurs factices de mysticisme, et qui chante des mélopées vagues mais déUcieuses. Il y en a beaucoup d'autres qu'on lit dans la Plume et le Mercure de France ou qu'on a lus dans le si curieux périodique de Jean Jullien, A7^t et critique. Je ne parle pas de Moréas et de ses joUes cantilènes devenues poèmes épiques : nous en avons ri, tous, toujours ; c'est ce qui l'a monté à la gloire !

— Vous-même, êtes-vous symboliste ?

— Sans doute ! Comment donc ? mais pas avec ces

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messieurs ; on est symboliste ou rien, en art, puisque \ Fart est le symbole. Le symbolisme, c'est la recherche de l'inconnu par le connu, du non humain par l'humain. A ce point de vue, il n'y aurait g-uère parmi les / jeunes (suis-je un jeune?) que deux symbolistes: Mathias Morhardt, l'auteur dHénor, et moi, dans mon roman VAbse^itc et dans les Fêtes galantes^ pièce de théâtre où la musique et le texte essayent une glose de Paul Verlaine.

Ces trois œuvres (bonnes ou mauvaises, peu importe ici, ce n'est pas la question), n'admettent pas un personnage, pas un milieu, pas un verbe qui ne soit représentatif d'entités. Cette triple représentation constitue essentiellement le symbolisme. Il demande, pour être de l'art, l'excellence de la forme, et exige la vieille croyance à Vètre en soi, l'être avec un petit ê. Or, l'esprit scientifique moderne a rejeté cette croyance, et c'est ce qui le sépara profondément des derniers grands contemporains. Ils sont ou ils furent rejetés, isolés, ou plutôt ils rejetèrent, ils s'isolèrent. Banville est mort, qui, hors les Exilés, garda ses pensées et distilla des contes à l'usage de ce tempsci ; Villiers de l'Isle-Âdam croyait, et en est mort ; Paul Verlaine meurt d'appsœtenir à cette vérité maudite ; Stéphane Mallarmé la cache d'un triple voile, comme Isis ; César Franck, qu'un directeur de Revue me reprochait àHnventer, il y a sept ou huit ans, a vécu heureux de cette vérité, et très seul, malgré l'ap-

parence des dernières années. Il y a de grands peintres, tels que Puvis de Chavannes et Eugène Carrière, qui expriment cette vérité et que le public admet et même glorifie, parce qu'il ne la comprend pas. Je les respecte profondément, je crains qu'ils ne soient les derniers...

Au résumé, monsieur, je souhaite que votre enquête sur ces fins de la littérature aboutisse à une meilleure conclusion que la mienne. Cette enquête, je l'ai essayée moi-même, avec opiniâtreté, il y a six ans, au moyen de la Revue contemporaine. J'y ai réuni tout le monde, tous ceux dont on parle aujourd'hui, espérant rencontrer et grouper une dizaine d'écrivains, au moins, qui eussent sur l'art des idées non pas identiques, mais associables. Je n'en ai rencontré ni douze, ni six, ni... deux. Depuis je constate que l'isolement s'est aggravé. Permettez-moi de ne pas croire aux Écoles, symbolistes ou autres.

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