POUR LES ELEVES DU COURS MOYEN ET DU COURS ACADEMIQUE
Que le maître suive le programme abrégé, résumé dans les Règlements refondus du Comité Catholique du Conseil de Instruction publique de la Province de Québec.
En plus, qu'il utilise le manuel des F.F. de l’Instruction chrétienne, L'Agriculture dans les Ecoles.
Le maître préprrera un résumé de chacune des lecons du manuel et le fera transcrire par les élèves dans le Cahier d'Agriculture.
Ceux-ci n’auront qu’à retenir les lecons abrègées d’agriculture transcrites dans leur cahier.
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Pourquoi l’Agriculture à l’Ecole ?
“En rendant l'agriculture prospère, nous enrayons l'exode rural nous developpons également le commerce et l'industrie et ce travail contribue au bien-être de toute la population. (G. A. GIGAULT)
Tout le monde déplore la dépopulation des campagnes, et le problème du coût de la vie intéresse également toutes les classes de la société. . La désertion de la jeunesse rurale aggrave particulièrement la situation économique actuelle de notre Province.
Educateurs de nos campagnes, vous avez un devoir s0cial à remplir, un acte de patriotisme à accomplir, un véritable service à rendre à notre peuple : celui d'enseigner, ,aux enfants que l’on vous confie, les notions géncrales de l’agriculture et de leur inculquer le goût de cette science. Il est temps plus que jamais, de démontrer aux enfants de nos campagnes, aux fils de cultivateurs surtout, les avantages moraux et matériels de la vie des champs, de les préparer à suivre avec profit un cours partiel ou complet dans nos écoles d'agriculture ou a devenir des cultivateurs de progrès, c’est-à-dire, ennemis de la routine, exempts de préjugés à l’égard de la science agronomique et modèles en tout. No craignez pas de donner des notions générales d'agriculture à tous les enfants de vos écoles, car l’agriculture est utile à toutes les professions de la soc'été, et la science agricole est nécessaire à tous.
Ce que nous demandons aux éducateurs ruraux, c’est peu de chose :
10. Inculquer le xoût de l'agriculture aux enfants, leur inspirer le respect de cette noble profession.
20. Leur donner les notions fondamentai essentielles de cette science.
30. Ruraliser l'enseignement : c’est-à-dire tenir les enfants dans une atmosphère ‘‘ terrienne” qui frappera leur esprit et leur laissera une impression forte et saine qu'ils garderont toute leur vie.
Educateurs, vous avez déjà fait preuve de patriotisme et vous comprenez que notre peuple doit être et demeurer un peuple d'agriculteurs s'il veux garder sa foi, sa langue et ses traditions ; c’est pourquoi nous comptons sur vous pour faire aimer l’agriculture à notre jeunesse rurale.
La Tâche de l’Instituteur.
“paire aimer l'agriculture, c'est attacher la jeunesse su so! de ta patrie.” O.E. D.
A—Donner le goût de l'Agriculture aux enfants.
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C'est une nécessité et un devoir : nécessité pour enrayer l'exode des fils de cultivateurs vers les villes ; devoir, parce que le pays subit, en ce moment, une crise économique due à l'augmentation du coût de la vie.
Cette crise s'explique parfaitement : la population urbaine ayant augmenté considérablement et celles des campsgnes ayant diminué beaucoup, voici ce qui c’est produit : la demande est devenue considérable et la production n’est plus assez forte pour subvenir à cette demande ; de là, la hausse des denrées alimentaires, car il n’y a pas assez de cultivateurs dans le pays pour fournir les produits de la terre aux consommateurs.
Le jour où l’enseignement donné dans nos campagnes encouragera nos fils de cultivateurs à cultiver, cela aidera beaucoup à accroître la production et à équilitrer l'offre et la demande. Quoique cette crise ne soit pas tout à fait due à la dépopulation des campagnes, nous pouvons affirmer que celle-ci a favorisé grandement le malaise actuel.
Donc, à vous instituteurs de donner le goût de l’agriculture aux enfants dès leur bas âge, et cela, jusqu’à la fin de leur stage scolaire.
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Pour faire aimer l’agriculture aux enfants, vous devez d’abord commencer par l'aimer vous-mêmes, c'est-à-dire en goûter les beautés et les charmes, comprendre jes avantages qu’il y a pour les fils de cultivateurs à demeurer sur la terre et à continuer la profession lucrative et honorable de leurs parents. .
N'oubliez pas que c'est à l'école que l'enfant recoit ses premières impressions, et, Dieu sait combien ces impressions sont vivaces. De plus, c'est à l’école que naitra chez l'en. fant le goût d’une vocation qu'on lui aura appris à aimer
et à respecter et dont on lui aura fait comprendre les avantages.
Maîtres et Maîtresse, vous savez que le jeune enfant est naturellement porté vers le beau, le vrai. Utilisez ce penchant pour lui faire admirer la beauté de la vie rurale, lui faire goûter les travaux des champs. 1l importe que l'enfant n’ait pas peur de la terre, c’est pourquoi il doit s'initier de bonne heure au travail du sol, son gagne-pain futur.
Il est facile, chaque année, de doter l'école d’un “Jardin Scolaire” d’y faire travailler les élèves les plus âgés.
Vous développerez le goût de l'agriculture chez les plus petits, en leur répétant souvent que les travaux des champs sont intéressants, nécessaires à la santé, qu’ils élévent l’âme et fortifient le corps ; en leur faisant admirer un beau coucher du soleil, le chant des petits oiseaux ; en leur disant que l'air qu’ils respirent à la campagne est pur et vivifiant, tandis que celui des villes est rempli de poussières et de germes malfaisants.
Il y a tant de manières de développer chez l'enfant le goût de la campagne !
Essayez, mettez-y un peu de votre âme et de votre ardeur, et vous réussirez au delà de vos espérances.
I1 importe que l'enfant sache que la profession de cultivateur est noble, utile et payante : c'est cela qu’il faut graver à jamais dans l'esprit de la jeunesse.
Si vous agissez de la sorte, le pays vous devra beaucoup, et vous-mêmes, vous Vous sentirez heureux et fiers d’avoir contribué à une œuvre aussi nécessaire que patriotique.
B.—Donner aux enfants les ‘notions fondamentales ” essentielles de l'agriculture.
‘A nous instituteurs de diriger d’une main sûre et ferme le courant de l'instruction populaire vers l'agriculture. Bono nous d'inspirer à la tfon nouvelle l'amour du travail des champs ; faisons pénétrer dans le coeur de € e enfant un amour vrai pour le sol natal." C. J. MAONAN, nspecteur Général.
Nos écoles élémentaires rurales sont surtout fréquentées par des fils et des filles de cultivateurs ; d’après la vocation de leurs parents, ces enfants (sauf quelque-uns) sont donc naturellement aptes à devenir cultivateurs ou fermières.
Ayaat passé leur jeunesse sur la ferme, ces enfants se sont familiarisés avec les travaux des champs, c'est-à-dire qu’ils ont déjà fait l'apprentissage de leur futur profession.
Pourquoi ne pas utiliser ces premières notions agricoles ?
Il est nécessaire que Je fils du cultivateur apprenne à lire, à écrire, à compter, mais il ne faut pas que l'enfant des campagnes recoive un enseignement identique à celui de l’enfant des villes. Des notions générales d’egriculture ont donc leurs place dans le programme d'enseignement de nos écoles rurales. Lisons ce que dità ce sujet M. F. Laudet, dans son livre “‘L' Enseignement de l'agriculture à l'école primaire.” :
« Lorsque l’homme des champs envoie son enfant à l'école et le confie à l’instituteur de sa commune, cest afin qu'il reçoive celle instruction première nécessaire aux actes les
j' simples de la vie, et qu’il apprenne, suivant la formule
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traditionnelle, à lire, à écrire, et à compter, mais, n'est-ce pas aussi d'une manière générale afin qu'on lui rende son fils plus apte à l'aider dans la carrière agricole et à la pratiquer dans l'avenir avec intelligence et amour t"
Pour donner à l’enfant des notions générales d'agriculture, point n’est besoin d'être agronome, cultivateur, agriculteur-praticien, non. Si l'enseignement de l’agriculture exigeait ces conditions il seraitimpratiquable à l'école primaire,
Ce qu'il faut à r'instituteur, c'est de la bonne volonté, de l'étude personnelle et de la persévérance. Avec cela, ily a moyen, je crois, de faire quelque chose de bien.
Comprenons-nous bien: c'est un enseignement général, re sont des notions essentielles qu’il convient de donner aux élèves. A ce propos, voyons ce qu’écrivait M. F. Schollaert, Ministre de l'Agriculture de la Belgique, le 17 septembre 1898, dans une circulaire oflicielle, sur l’enseignement de l'Agriculture a l'école primaire :
‘L'enseignement de l'agriculture, réduit aux notions fondamentales essentielles, enseignées au moment le plus favorable par l'expérimentation ow l'observation directe, peut ètre réalisé intégralement dans toutes les écoles pour lesquelles il est obligatoire, et sa réalisation intégrale, bien loin de nuire à l'étude des autres matières, devient, au contraire pour l'enseignement de celles-ci, autant que pour l'éducation générale des diverses facultés, un adjuvant précieux .
L'école populaire rurale remplira sa mission si elle sait inspirer aux enfants l'amour du travail agricole et leur inculquer la ferme conviction que ce travail n’est vraiment agréable et rémunérateur que lorsqu'il est intelligent, c’estd-dire basé sur des notions théoriques exactes.” |
En résumé, l'enfant de nos campagnes doit prerdre à l’école le goût de l’agriculture, et recevoir du maître et de la maitresse les notions générales de cette science qui lui serviront toute sa vie.
Pour enseigner ces notions fondamentales le maitre se servira du petit manuel des F. F. de l'instruction Chrétienne, L'Agriculture dans les Evoles. Ce manuel est. adapté ‘à notre province ; il est à la portée de toutes les bourses et de toutes les intelligences.
[1 doit aussi utiliser L' Enseignement Primaire qui, dans sa ‘‘Partie pratique," fournit «“haque mois des exercices et des problèmes agricoles.
Les Réglements refondus du Comité Catholique du Conseil de l’Instruction Publique de la Province de Québec, qui se trouvent dans toutes les écoles sous contrôle, contiennent les grandes lignes de l’enseignement de l'agriculture daus les écoles primaires pour le degre élémentaire, modèle et académique.
Cet enseignement sera donné proportionnellement à l’âge et au degrè d'avancement des élèves : par exemple,aux plus petits on explique l'agriulture sois forme de lecons de choses, aux élèves plus âgès on donne un enseisnementi plus détaillé et plus à leur portée ; d'année en année On developpe cette enseignement jusqu’à la fin du cours primaire.
Ainsi, une douzaine de lecons au degré inférieur, une quinzaine pour le degré modèle, une vingtaine pour le degré supérieur, chaque année, durant le cuurs d’études primaire, sont suffisantes pour atteindre le but en question.
Gi cela était fait dans toutes les écoles rurales, ce se-
rait une belle semence, qui, plus tard, produirait uue fructueuse moisson.
C—* Ruraliser” l'enseignement et tenir les enfants dans une atmosphère ‘ terrienne.”
‘Depuis quinze ans et plus, tant dans mes maps que dans mes circulaires, je me suis eflurcé de convaincre les Commissions solaires et les instituteurs de l'avantage qu'il y aurait de donner, de vive voix, des notions d'agriculture aux enfènts, même aux plus jeunes des écoles rurales. ‘ (loucher de Lu Bruère, Surintendant de l'instruction Publique.)
Ceci veut dire que le maitre ou la maîtresse peut utiliser tonles les matières enseignées pour s'en servir comme d'instruments propres à faconner l'esprit des enfants,de manière à leur donner une ‘* mentalité terrienne” si je puis m'exprimer ainsi.
C'est ce que l’on commence à faire à la campagne, dans quelques Académies des Frères : v.g. à l’Académie Commerciale et Agricole des Frères de l’Instruction Chrétienne, à Saint-Casimir.
Il est relativement facile de ‘* rnraliser” l’enseignement: à l’école, il y a tant d'occasions de donner le goût de l’agriculture aux enfants: par exeraple dans le choix des lectures, des dictées, des rédactions, des problèmes, des phrases d’analyse, dans les lecons de choses, jusque dans l’histoire du Canada, etc., etc. (1)
En un mot que tout soit agricole ! (re l’on trouve le moyen de parler de l’agriculture souveni, que l’on ne perde pas une occasion pour faire aimer, respecter cette noble profession et en démontrer les avantages aux enfants.
De plus, organiser au printemps, si on le peut, un ou
3: plusieurs jardins scolaires, (écrire à M. O. E. Dalaire, St-
Hyacinthe, P.Q. à ce sujet ou à l’Agronome officiel de votre district. Voir à la page 10 de cette brochure la manière de faire un jardinet.)
1—Voir ‘‘L'Enseignement Primaire’’ qui, depuis vingt ans, publie chaque mois, dans la partie pratique, une Section agricole,
Ensuite, si c'est possible, visiter avec les élèves les plus âgés, une ferme bien tenue dans le voisinage ; trouver un cultivateur de bonne volonté qui expliquera aux enfants les diverses cultures, les variétés de plantes, le soin des animaux, etc. Avec les plus jeunes élèves, le maitre ou la maîtresse pourrait faire une promenade dans les champs en végétation, au moins deux fois durant l’année. Là, faire admirer aux petits enfants les Oeuvres du Créateur, leur faire aimer la beanté des champs, et les mille et une choses qui rendent la vie de la campagne si agréable et si attrayante. Tout ceci frappera les enfants,car leur âme est bonne et leur cœur est sensible.
Enfin, les maîtres et maîtresses peuvent collectionner des images et des gravures représentant des scènes champêtres qu’ils exposeront souvent devant les enfants ; que ces tableaux et images agricoles soient le sujet de lecons de choses et un moyen de leur parler souvent de la Z'erre et le ses beautés.
Commencez à collectionner les différentes espèces de graines de semence chezles cultivateurs et les ménagères agricoles; demandez aux Commissaires d'écoles d'acheter, pour quelques sous,chez les pharmaciens, des petites bouteilles spéciales afin d'y déposer ces échantillons, et rien de plus facile pour le maître que d'écrire sur une étiqueite, le nom des variétés de graines recueillies.
Faites venir aussi les catalogues des maisons de commerce qui s'occupent de la vente des instruments aratoires. Au bout de quelques années, l’école sera pourvue d’un vrai petit ‘Musée Scolaire agricole.”
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