‹ Enseignement et démocratieChapitre 15 sur 107 · LES ÉCOLES · texte numérisé non relu

LES ÉCOLES

En 1002, il existait 68000 écoles publiques des deux sexes, — 9000 de plus qu'en 1878.

Pour construire les nouveaux bâtiments scolaires, réparer ou remplacer les anciens, et les pourvoir autant que possible d'un matériel convenable, il fut consenti par le pays un sacrifice financier qui ne doit pas s'élever à moins d'un miU'tard.

A ce propos, on a parlé des « gaspillages » de la troisième République en faveur de soi-disant « palais scolaires». C'est une plaisanterie. La vérité, c'est que nombre d'installations sont encore insuffisantes, mal entretenues et attendent, depuis des années, des améliorations urgentes. Et ce n'est pas seulement cui fond de la Bretagne, c'est dans le département de la Seine, dans Paris même, qu'on rencontre des salles de classe dites « provisoires » qui sont bondées d'élèves à tel point que, faute de bancs, les plus jeunes enfants ne peuvent s'asseoir qu'à tour de rôle.

Et, d'ailleurs, si certaines munici[)alités, dans un mouvement d'orgueil communal ou dans l'ardeur de leur foi démocratique, avaient un peu dépassé la

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mesure. désiraiU (luil n \ eiil rien île plus beau ilans la eilé el par suite rien de plus respeclé que l'édiliee où s'élabore l'avenir moral ilu pays, qu'y aurailil de plus excusable?

Quant aux écoles primaires privées, le nombre s'en est accru, en vingt-cinq ans, de 5 000, passant de l'ioOO au chilîre de 17 500, Ceux qui avaient pensé que la prospérité croissante de l'enseignement public amènerait le prompt déclin de l'enseignement rival -e sont donc trompés. Et c'est une chose digne de remarque, à mon sens, que l'efTort des particuliers, merveilleusement servi, il est vrai, par l'organisation savante des congrégations et soutenu par des convictions ardentes ou par un vif sentiment conservateur, ait produit [)lus de la moitié de ce qu'a donné, dans le même temps, la puissance publique dans un pays de centralisation et d'autorité comme le nôtre.

LE l'EH.SUNNEL ENSEIGNANT

En 1878, il y avait dans les écoles publiques iOOOO instituteurs: en 1902, il y en avait 58 000, soit 12 000 de plus.

En 1878, il y avait, dans les écoles publiques, 34000 institutrices : en 1902, il y en avait 51 000, soit 17 000 de plus.

Ainsi, le personnel de lÉlat s'est accru, dans renseignement primaire, de :29 000 maîtres ou maitresses. Là où il y en avait trois on en a mis quatre.

Pendant les vingt-deux dernières années, le nombre des instituteurs publics congréganistes est tombé de 7 000 à zéro ; celui des institutrices publiques congréganistes est tombé de 20 000 à 3 000.

3 000 est le chifTre du 1^-^ août 1903.

Je ne saurais dire au juste par combien de maîtres ou de maîtresses étaient desservies les écoles privées qui subsistaient à cette date. Je crois savoir qu'à elle seule la Congrégation des Frères de la Doctrine clirétienne comptait de 12 000 à 15 000 instituteurs.

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