XI. Owin, monosyllabe. Exemples : bcHra-gouin, bé^doyÂni
XII. Ua, uôjt uer, ordinairement dissyllabes : Exemples ; tU'^er, il tu-a, du-el, svreur. Exception : é'Cuel'le.
XIII. Ui est monosyllabe dans a u-joi^r-dl'/im, ItM, ce^lvi, et la plupart des mots, excepté les suivants où il est dissyllabe : flu^^ide , ru-ir-ne, ru-i-ner, brvri-ne, suA^cArde.
XEV. y et i tréma forment une syllabe distincte dans les mots suivants : payscm (pai-i-san), abbwye^ hor-ïy sUy-ï-qtLe; ailleurs ces lettres ne comptent pas pour une syllabe. Exemples: payable (pai-ia-ble), oteuo? (ai-ieux) que nous voy-ions^ que vous voy-iez.
XV. L'e muet placé dans le corps de certains mots après unç voyelle, rend cette voyelle longue, mais ne compte pas lui-môme pour une syllabe, feemples : les fiiturs des verbes de la pren^ère conjugaison : je vous paierai, nous a-voite-ronSf
et quelques substantifs , dé-nue-ment , dé-^ous* menÈ^
XYI. Dans les umisSaùnet aoAt^ÀaroAfles deux premières voyelles se contractent . en une seule. Dans ce vers:
Si du grand prêtre Aaron Joad est successeur ,
il faut donc prononcer A-ron et non pas Aninron. La connaissance exacte de la quantité syllabique est nécessaire, non-seulement pour bien faire des vers, mais encore pour bien lire une pièce de poésie et en faire sentir exactement la mesure. Il faut remarquer que la quantité de plusieurs syllabes a varié ; mais elle est maintenant fixée définitivement. On peut donc trouver, surtout dans les plus anciens poètes, des vers où les syllabes n'ont pas la quantité que l'on vient de voir indiquée.
DE l'hiatus.
Gardes qn'ane voyelle h courir trop bâtée , Ne soit d'une voyelle en son chemin benrtée.
BOIUSàO.
Le mot hiaPus veut dire bâillement. On appelle hiatus, en poésie^ la rencontre de deux voyelles dont l-une termine un,mot,|Çtrai;tre cppamence le mot suivant, comme tu OAj^raSj si eni^ieuœ , etc. Devant l'A non aspiré, il y aurait aussi hiatus : dans Pu habites , par exemple, on trpuve un hiatus, k cause de la rencontre de Vu et de l'A non aspiré.
Vô muet est la seule voyelle qui, terminant un mot, puisse. êjtre suivie d'un mot commençant par une voyelle ou un h non aspiré. Ainsi on peut fort bien employer en vers ces réunioi^s de mots : honnête homme , à, toute heure , il rappelle à la vie^ parce que dans les mots horméte , toute, rappelle^ Ye final est muet. Quand Ve muet final disparait ainsi dans la prononciation devant un mot commençant par une voyelle, on dit que cet e est élidé.
La conjonction et suivi d'une voyelle, fait également hiatus, parce que le t ne se prononce pas. Ainsi on ne pourrait pas dire eu vers : sage et heureux.
Il faut éviter que les voyelles nazales placées à la fin des mots, soient suivies immédiatement d'un mot commençant par une consonnance analogue, parce que. cette rencontre produirait dans la pro*
nonciation une sorte d'hiatus, comme on le sent dans ce vers :
Immolent trente mets à leur faim indomptable.
On devrait aussi, pour l'euphonie, éviter de placer devant une voyelle initiale un mot terminé par r, quand cette consonne ne se prononce pas. En lisant ce vers, par exemple.
Toucher au laurier immortel,
on entend que le premier mot terminé par r, donn^^ un son agréable, parce qu'on le prononce ; tandis qu'après le mot laurier l'oreille est choquée par urt hiatus, précisément parce qu'oajie peut faire sentir l'r, et qu'il faut prononcer comme si on* écrivait (aurié immoiUeL
LICENCES POUR l'hiatus. L'adverbc oui, répété deux fois de suite, est admis dans le dialogue. Exemple :
Oui, oui, cette vertu sera récompensée.
Le mot onze fait aussi exception : comme dans la prononciation on fait sentir au commencemeni de ce mot un A aspiré, l'hiatus n'existe pas pour l'oreille.
Les interjections ah ! eh ! oh ! peuvent être suivies d'une voyelle, parce qu'après une interjection il faut toujours un repos de la voix qui rend l'hiatus insensible. Exemple :
ïïintpîs. — Ebl oui, taatpîs; c'est là ce qui m'afflige^
L'hiatus e$t admis dans quelques locutions familières qui peuvent passer dans le genre simple. Exemple :
A tort et à travers. — Tant y a, etc.
Quand un mot se termine par un e muet, précédé lui-même d'une voyelle, et que cet€ s'élide, il reste évidemment un bîatus; mais on l'admet dans la versification la plus soignée. Exemple :
Rome entière noyée au sang de ses enfants.
DE l'éusion.
Comme nous l'avons déjà vu, lorsque, dans un vers, il se rencontre un mot finissant par un e muet, placé devant un mot commençant par une voyelle , cet e ne compte pas dans la mesure des vers, «t Pon dit alors qu'il y a élisioh. Par exemple, dans ce vers :
La rappelle à la vie, ou plutôt aux douleurs,
on scande (c'est-à-dire ou prononce en faisant sentir les syllabes), comme s'il y avait :
La-rap-peir-à-la-vi\-ou-plu-tôt-aux-dou-Jeur9.
(Quand on écrit le vers scandé, on remplace ainsi par l'apostrophe Ve muetélidé.)
Ve muet final subit l'élision devant Vh non aspiré. Ce vers, par exemple •
Plus méchant qu^Atfaalie, à toute Aeure Fassiègç,
se scande ainsi :
Plus-mé-chant-qu'A-tha-K'-à-tout'-heur-eu-ras-siég".
Il n'y a pas d'élision de Ve muet devant l'A aspiré. Dans île vers suivant, on trouve rapplication de cette, règle et des deux précédentes. :
Rome enfin que je Aàis, parce* qu^dle fhomate.
Il faut scander :
Rom'-en-fin-que;/e-Aaw,-par-ce-qu'ell-eu-fAo-nor'.
(Pour le nom Henri, le plus souvent les poëtes font l'A aspiré.)
Il y a des mots qui ne peuv^ït entrer dms un vers, à moins que Ye muet final ne soit élidé : oe sont les mots où cet e est précédé â'tme* voyelle, comme Hsée^ tme, destinée^ joie^ vie, il paie, Je confie^ etc. H. de Lamartine a fait une faute contre cette règle dans ce vers :
L*or qui paie le sang, le fer qui ravit Tor.
Si l'on prononce Ce vers avec la mesure ; il faut scander :
L^or-qui-pai'-eu-Ie-sang, le-fer-quî-ra-vit-ror.
On sent combien la prononciation pai-eu , est ridicule. C'est, cependant, ainsi qu'il faut prononcer dans ce vers le mol paie; car sans cela il man-
querait un pied > c'est-à-dire qu'il n'y aurait plus de vers.
Ces sortes de mots , lorsqu'ils ont l'a muet suivi d'4ine consonne , comme joies , ils paient , etc., ne peuvent être placés qu'à la fin du vers.
A la tin du vers, l'e ïnuet final seul ou suivi d'une consonne , ne compte pas dans la mesure du vers.
Dans les terminaisons des verbes atan^ ^ et dans qu'ils soient, Ve muet et les consonnes qui le suivent ne comptent pour rien dans la mesure. Ainsi ce vers :
Avançaient, combattaient, frappaient, mouraient ensemble,
doit se scander de la sorte :
A-Viai^Hçai'-cpm-bat-tai'-frap-pai'-mou-rai'-t*en-sem-br.
Il y a certaines tournures de phrases qui font qu'en prose même on prononce toujours Ve muet final , comme s'il y avait eu. Exemple : Voyez-le , te, cey qu'on prononce : voyez-leu^ teu, ceu. Dans ce cas Télision n'est point possible , et l'on doit avoir soin de placer après cet e final un mot commençant par une consonne.
Il y a des poètes qui ont péché contre cette règle, et pour lire leurs vers , on est forcé de prononcer d'une manière fausse. Par exemple , dans ce vers du Misanthrope :
Maïs, mon petit Monsieur, prenez-le un peu moins haut ,
il faut absolument prononcer prenez-Ut comme s*il y avait prenel'unpeu moi/n^ haut.