‹ Enseignement pratique dans les écoles maternelles; ou, Premières leçons à donner aux petitsChapitre 51 sur 81 · HEURES, MOIS, ANNÉES · texte numérisé non relu

HEURES, MOIS, ANNÉES

Pour donner l'idée du temps ou de la durée^ faites placer vos enfants en bon ordre ; Tordre favorise le silence. Tirez votre montre, et, d'un air enjoué, dites-leur à voix basse :

Enfants, ne parlez pas, ne bougez pas, je vais regarder sur ma montre, combien de temps vous allez rester ainsi.

Regardez-y en effet : lorsque le premier bruit se sera fait entendre, déclarez combien de wm^/^esle silence a rfwr^. Recommencez l'exercice si vous avez su le rendre amusant, et déclarez chaque fois un nombre de minutes, tantôt plus grand, tantôt moindre.

Quand vos enfants auront appris ce que c'est que la durée de plusieurs minutes, dites-leur quela durée de soixante minutes s'appelle une heure, c'est-à-dire le temps qui s'écoule de dix heures à onze heures, et de onze heures à midi. Faites-leleur bien entendre, bien comprendre ; puis laissez cela, et passez à autre chose, c'est assez d'abstraction pour une fois.

A la seconde leçon, qui ne devra pas être trop éloignée de la première, de peur que celle-ci ayant été oubliée, la suivante ne fût plus comprise, revenez sur les soixante minutes de l'heure, et demandez combien il faut d'heures pour faire un jour, combien il faut de jours pour faire une semaine, pour faire un mois ; combien de jours, de semaines, de mois pour faire un an, élargissant ainsi graduellement le cadre de la durée jusqu'au siècle, en attachant un exemple à chaque

IDÉE ET DIVISION DIT TEMPS. 22i

durée. Que cette gradation soit faite avec ordre, méthode, mais non d'une seule fois. L'espritde vos enfants ne pourrait vous suivre ; et quoique les questionnaires semblent ne s'adresser qu'à la mémoire, il faut s'efforcer cependant d'intéresser l'intelligence à tout.

Ainsi, pour faire apprécier la durée d'une heure, vous n'avez qu'à demander :

D. A quelle heure sommes-nous entrés en classe ?

R. A dix heures.

D. Il est maintenant onze heures : y a-t-il beaucoup de temps que nous sommes en classe ?

R. Il y a une heure.

D Et quand il sera midi combien y aura-t-il?

R. Deux heures.

D. Quand il sera midi que ferons-nous ?

R. Nous irons dîner et jouer.

D. A quelle heure rentrerons-nous en classe?

R. A deux heures.

D. Combien de temps serons-nous restés au dîner et à la récréa^ lion?

R. Deux heures.

D. Combien de temps dure la classe?

R. Deux heures.

C'est en appliquant les questions aux choses usuelles, en faisant pratiquer la théorie, qu'on rend les enseignements clairs et profitables.

RÉSUMÉ

D. Combien y a-t-il de minutes dans une heure ? R. Soixante.

D. Combien faut-il d'heures pour faire un jour? R. Vingt-quatre.

D. Comment nomme-t-on la réunion de sept jours, du lundi au dimanche?

R. Une semaine.

D. Dites les noms des sept jours de la semaine? R. Lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi, dimanche.

D. Comment nomme-t-on une durée de trente jours?

R. Un mois.

D. Combien ya-t-il de différents mois?

R. Douze.

D. Dites les noms des douze mois.

R. Janvier, février, mars, avril, mai, juin, juillet, août, septembre^ octobre, novembre, décembre.

D. Comment nomme-t-on la durée de ces douze mois^ de jan« vier à décembre ?

R. Une année.

D. Combien se trouve-t-il de semaines dans une année?

R. Cinquante-deux.

D. Et combien de jours dans une année?

R. Trois cent soixante-cinq.

D. Combien faut-il d'années pour faire un siècle?

R. Cent.

Vous poiirrez faire toutes ces questions par épreuve et par contre-épreuve, c'est-à-dire en présentant sous forme de question ce qui vient de vous être répondu, afin de vous faire répondre la seconde fois ce que vous avez dit la première fois en interrogeant. Par exemple :

D. Comment appelle-t-on la durée de douze mois?

R. Une année.

D. Qu'est-ce qu'une année?

R. C'est la durée de douze mois.

Vou^ aurez ensuite à développer quelques parties de ce questionnaire.

Premièrement, vous parlerez de la Création, que vous diviserez en sept périodes, selon Tordre de la Genèse, rendant ainsi très sensible, par les œuvres successives de Dieu, la succession des jours aux jours.

Puis vous parlerez de l'exemple que Dieu nous a donné lui-même de la fidélité au travail, vous en ferez surgir une leçon de soumission au devoir que cet exemple nous impose. Le devoir du travail est un des plus graves pour l'homme,

au point de vue religieux comme au point de vue moral et sociêd. Vous n'en parlerez donc en toute occasion qu'avec considération et respect; cela se peut faire avec charme.

Vous direz que si la semaine est le temps du labeur, le jour qui la finit est le temps du repos, le jour de la reconnaissance, la halte marquée par Dieu aux rudes sentiers de notre existence. Que de paroles touchantes, que de sentiments tendres et religieux peuvent éclore dans votre âme en parlant de cette journée bénie, où l'anneau qui nous enchaîne aux soins terrestres s'ouvre, et permet à nos bras lassés de s'étendre vers le ciel, à nos fronts appesantis de se relever doucement, tandis que nos cœxirs s'épanouissent et se laissent réconforter par les douceurs de la prière ! N'est-ce pas vraiment un temps de grâce pour nous, pauvre martyrs de la vie, que ce jour de paix où il semble que le Dieu des consolations s'approche plus intimement du monde des affligés I

Oh ! si des enfants avaient le malheur de grandir irréligieux, ce serait une grande faute sur la tête de leurs instituteurs ; car les bienfaits de Dieu sont répandus partout, comme l'air qui nous entoure, et il n'est pas un sentier icibas, qui ne conduise ou ne ramène à celui qui est le commencement et la fin de toutes choses.

LES SAISOKS.

l'hiver.

D. Comment nomme-t-on cette saison de l'année si froide, si sombre, pendant laquelle le soleil se montre à peine; alors que les arbres sont dépouillés de leurs feuilles ; que les vents sifflent à travers les portes, et qu'on les entend, le soir, gronder dans les cheminées; que l'air, devenu glacial, rougit nos mains et nous fait grelotter, en même temps qu'il gèle les ruisseaux et quelque-

fois même les rivières? Dans cette saisoa les pauvres ont bien froid ! Les petits oiseaux ne chantent plus; ils s'en viennent, hérissant leurs plumes, chercher auprès des maisons une nourriture qu'ils trouvent à peine. Les habitants des campagnes préparent leurs travaux d'été; on les voit dès le matin, à travers le brouillard, labourer les champs pour semer le blé, le chènevis; tailler les arbres fruitiers, la vigne, émonder les grands arbres pour les faire croître davantage; les haies pour entretenir avec soin la clôture de leur propriété; puis lier en fagots les branches abattues et tous les sarments de la vigne, pour s'en chauffer à la veillée.

C'est à la veillée que toute la famille, et souvent les amis, se réu* nissent et travaillent ensemble. Les hommes tressent des paniers et des corbeilles d'osier, les femmes filent et tricotent, les petits enfants épluchent des pépins qui servent à faire de l'huile, ou dorlottent les plus petits enfants pour les endormir. Chacun enfin se rend utile comme il peut, tandis qu'au dehors la pluie tombe à yerse, en faisant un grand fracas sur les maisons, ou que la terre est peu à peu couverte par la neige qui tombe sans bruit, comme une pluie de petites plumes blanches.

Comment là nomme-ton cette saison des semailles, des veillées, et du mauvais temps ?

R. C'est la saison d'hiver.

D. Combien de mois dure Thiver ?

R. Trois mois.

D. Quels sont les trois mois d'hiver?

R. Ce sont les mois de décembre, janvier, février*.

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