DEUXIÈME ET TROISIÈME LEÇONS
Arbres, arbustes.
D. Qu'est-ce qu'un arôre?
R. C'est un végétal.
D. Le peuplier est-il un arbre ?
R. Oui.
Faites nommer d'autres arbres,
D. Est-ce qu'un rosier est aussi un arbre?
R. Non, un rosier n'est pas aussi grand qu'un arbre.
D. C'est donc un arbuste (ton afûrmatif)?
R. Oui, un rosier est un arbuste.
Faites nommer d'autres arbustes.
D. Il y a donc dans le règne végétal des arbres et des arbustes? R. Oui.
D. Comment fait-on pour multiplier les arbres et les arbustes? En sèmet-on de la graine ?
R. Oui.
D. Et qui la fait pousser cette graine * ?
R. C'est Dieu.
Montrez soit un arbuste déraciné, soit l'image d'un arbre dont on voit les racines, et demandez, en indiquant précisément d'abord les parties connues :
D, Qu'est-ce que ceci ?
R, C'est un arbre.
D. Comment nomme-t-on cette partie de l'arbre qui est en bas? R. Les racines.
D. Comment appelle-t-on cette partie de l'arbre qui est en haut ? R. Les branches.
D. Alors c'est le tronc qui se trouve ici entre les racines et les branches (ton affirmatif) ?
R. Oui.
1 . Il est à propos de ne parler d*abord que de ce mode, qui est le mode naturel, pour ne pas embarrasser Tesprit des enfants. A moins qu^une circonstance n'amène à parler de la greffe, des boutures, des marcottes, et spécialement des marcottes de la vigne, qui se nomment provins, .....
D. Gomment aî-je dît que se nomme la partie de l'arbre qui est entre les racines et les branches?
R. Le tronc.
D. De quoi sont faits le tronc, les racines et les branches?
R, De bois.
D. Où sont placées les racines?
R. En bas^ dans la terre.
D. Où sont placées les branches ?
R. En haut, dans Tair.
D. Où est placé le tronc ?
R. Entre les racines et les branches.
D. Sur quoi poussent les feuilles et les fleurs ?
R. Sur les branches.
D. Sur quoi poussent les branches?
R. Sur le tronc.
D. Qu'est-ce'qui supporte le tronc?
R. Les racines.
D. Le tronc des arbustes ne s'appelle- t-il pas une tige (ton afûrmatif) ?
R. Oui, le tronc des arbustes s'appelle une Uge.
D. Si Ton coupe une branche verte ou une tige d'arbuste, n'y trouve-t-on pas quelque chose qui ressemble à de Teau, et qu'on nomme la sève (ton afûrmatif) ?
R. Oui.
D. La sève circule*t-elle dans les plantes comme notre sang circule dans notre corps (ton affirmatif)?
R. Oui.
D. Est-ce la sève qui nourrit les plantes, comme notre sang nourrit notre corps (ton affirmatif)?
R. Oui.
D. Quelles sont les parties de la plante qui lui procurent cette nourriture ?
R. Ce sont les racines et les feuilles.
D. Où les racines vont-elles chercher ce qui convient à la noor» riture de la plante?
R. Dans la terre.
D. Et les feuilles, où le prennent-elles ?
R. Dans l'air.
D. Les feuilles aspirent-elles une partie de l'air pour vivifier la sève, comme nos poumons l'aspirent pour vivifier notre sang?
D. Dieu qui a donné des fonctions particulières, un travail parti-
culîer à chacune des parties qui composent notre corps, Dieu a donc donné aussi un travail particulier à chacune des parties qui composent les plantes?
R. Oui.
D. Quel est le travail de la sève?
R. C'est de circuler dans toute la plante pour y entretenir la vie,
D. Quel est le travail des racines?
R. De supporter le tronc ou la tige, et de chercher dans la terre une partie de ce qu'il faut pour composer la sève.
D. Quel est le travail de la tige ou du tronc?
R. De supporter les branches et d'y faire passer la sève qui les fait croître.
D. Quel est le travail des branches ?
R. De supporter les feuilles et les fleurs, et d'y faire passer la sève qui les développe.
D. Quel est le travail des feuilles?
R. D'aspirer l'air qui est nécessaire pour vivifier la sève, et de protéger ensuite les fleurs et les fruits.
D. Quel est le travail des fleurs ?
R. De former et de protéger les jeunes fruits.
D. Quel est le travail des fruits?
R. De contenir et de protéger la graine qui reproduira des végétaux de la môme espèce, selon que Dieu l'a voulu *.
D. Quel jour Dieu a-t-il créé toutes les plantes?
R. Le troisième jour.
QUATRIÈME LEÇON
Plantes herbacées.
. Je crois bon, dans ces notions générales, de ne pas désigner parle simple nom àe^ plantes ou de fleurs les végétaux non ligneux dont il va être question. Il y aurait nécessairement pour les élèves quelque confusion dans l'emploi de ce moi plante y tantôt pour désigner la généralité des végétaux,
tantôt pour en désigner une division quelconque. Le mot
t . Scientifiquement le fruit n^est autre chose que la graine elle-même ; mais encore une fois c'est la langue usuelle que Ton doit parler aux petits enfants.
fleuT aurait le même inconvénient, puisqu'il exprimerait parfois uke partie seulement de la plante, et d'autres fois la plante toute entière. On pourra donc se borner à désigner les végétaux de cette sorte par le nom général de plantes herbacées. Il serait peu judicieux de vouloir, dans ces leçons tout enfantines, faire un cours complet de botanique. Ce qu'il nous faut, avant tout , ce sont les notions des choses simples et pratiques.
D. N'y a-t-il pas beaucoup d'autres plantes qui n'ont point une tige de bois, mais une tige verte qui se dessèche tous les ans? Les haricots, par exemple, la pomme de terre, le foin, le trèfle, les reines-marguerites, la julienne, toutes ces plantes dont la tige est verte et tendre, ne ressemblent-elles pas plus à des /ter&es qu'à des arbres?
D. Ne les appelle-t-on pas pour cette raison des 'plantez herbacées?
R. Oui.
D. Quelles sortes de plantes appelle-t-on plantes herbacées?
R. Celles dont la tige reste verte^ tendre, et se dessèche comme l'herbe tous les ans.
D. Dans les plantes herbacées, il y en a qui sont agréables seule* ment, comme le réséda, les reines-marguerites; d'autres qui sont très utiles et qui servent à la nourriture des bestiaux, comme le foin, le trèfle^ la luzerne : on les appelle des plantes fowragéres; d'autres qui servent à nous tisser des vêtements, comme le chanvre, le lin : on les appelle p/anfes textiles; d'autres qui servent à notre propre nourriture , comme les haricots, les blés : ce sont des plantes alimentaires. Celles que l'on mange en nature, comme les haricots, s'appellent des légumes; celles dont on fait du pain, comme les blés, s'appellent des céréales. Voyons, dites-moi à votre Jour comment on appelle les plantes qui servent à faire du pain.
R. Des céréales. '
D. Les blés sont donc des céréales (ton afûrmatif)?
R. Oui. Etc., etc.
HISTOIRE NATUREIiLE USOËLLË. 277
CINQUIÈME LEÇON
Céréales. •
D. Qu'est-ce que ceci (montrez un pied de froment)?
R. C'est un brin de blé.
D. Et ceci (montrez un pied de seigle)?
R. Encore un brin de blé.
D. Et ceci (montrez un pied d'orge)?
R. C'est encore un brin de blé.
D. Ces trois brins de blé ont-ils des racines et de la sève?
R. Oui.
D. Et tous trois une tige ?
R. Oui.
D. Et tous trois un épi ?
R. Oui.
D. Et pourtant ils ne sont point semblables, car il y en a un qui est plus long, un autre qui est plus court, et le troisième qui est entre les deux. Est-ce vrai?
R. Oui.
D. Et celui qui est le plus long est plus mince que les deux autres, et il porte un épi plus effilé que le leur. Est-ce vrai ?
R. Oui.
D. Ils ne sont donc pas de la même espèce (ton affirmatif)?
R. Non.
D. Le plus long se nomme seigle, le plus court se nomme orge, et celui qui est entre les deux se nomme froment. Quel est celui qui est le seigle?
R. Le plus long.
D. Quel est celui qui est l'orge?
R. C'est le plus court.
D. Quel est celui qui est le froment ?
R. C'est celui qui est entre les deux.
D. Comment nommez-vous celui qui est le plus long?
R. Seigle, etc.
Mêlez ces blés, faites-les trier et reconnaître.
D, Ces différents blés ont-ils des branches comme les arbres et les arbustes?
R. Non.
Coupez une tige en travers et ipontrez-la en demandant .•
D. La tige est-elle de boîs^ et pleine, comme la tige des arbres et des arbustes ?
R. Non, la tige du blé est creuse.
D. Est-ce que les blés vivent plusieurs années, comme les arbres et les arbustes?
R. Non, ils sèchent tous les ans.
D. Les blés ne sont donc ni des arbres ni des arbustes?
R. Non.
D. Que sont donc les blés?
R. Les blés sont des céréales.
D. Et les céréales sèchent tous les ans?
R. Oui.
D. Répétez-moi ce que c'est que des céréales.
R. Ce sont des végétaux dont la tige est creuse, qui sèchent tous les ans, et dont la graine sert à faire du pain.
D. On fait donc du pain avec la graine du seigle, du froment, de l'orge?
D. Gomment s'y prend-on pour en faire du pain, etc. ?
SIXIÈME LEÇONe
Légumes*.
D. Qu'est-ce que ceci ?
R. C'est un pied de chou.
D. Qu'est-ce qu'un chou?
R. C'est un végétal.
D. Les choux ont-ils des racines, et une tige, et de la sève? R. Oui.
D. Les racines et la tige du chou sont-elles de bois comme celles des arbres et des arbustes?
R. Non.
D. Un chou n'est donc ni un arbre ni un arbuste? R. Non.
D. Fait-OQ du pain avec ce chou ?
R. Non, on le mange.
D. Un chou est donc un légume (ton affîrmatif)? R. Oui.
1. Ici le mot Wjume ne désigne pas la famille des légumineuses, mais simplement les herbes potagères.
D. Où sont placées les racîaes du chou?
Développez.
D. Tous les végétaux portent-ils ainsi des fleurs, puis des graines pour reproduire d'autres végétaux, chacun selon son espèce, d'après la volonté de Dieu?
D. Que Marie me nomme un autre légume.
R. Une carotte.
Faites nommer plusieurs espèces de légumes.
D. Que fait-on des légumes ?
R. On s'en nourrit.
D. Quelle partie des choux est bonne à manger?
R. Les feuilles.
D. Et des carottes ?
R. La racine.
D. Et des asperges ?
R. La tige naissante.
D. Et des pois?
R. Le fruit, etc.
L'oseille, les épinards et toutes les herbes potagères pouvant être classés parmi les légumes, on ne désignera, en général, par le nom S! herbes^ que celles qui ne nous servent pas d'aliment.
SEPTIÈME LEÇON
Herbes.
D. Mange-t-on aussi les pâquerettes?
R. Non.
D. Et le gazon, et le plantain^ et les pervenches, les mange-t-on?
D. Les pâquerettes, le gazon, le plantain, ne sont donc ni des légumes, ni des herbes potagères ?
R. Non.
D. Ces herbes, que l'on ne mange pas, ne sont-elles donc bonnes à rien ?... Est-ce que Dieu, qui les fait pousser, a créé des choses inutiles ?
R. Non.
(XHD HISTOIHE NATUUËLLë USU£LLJ5.
D. En effet, Dieu a voulu que tout ce qu'il a créé f&t uUle à quelque chose, et les herbes que nous ne maDgeons pas servent à nourrir les animaux. Les fourrages sont pour les chevaux, les vaches, les ' moutons. Les petites herbes sont pour les oiseaux et les insectes. Il y en a qui nous guérissent, soit de la fièvre^ comme la centaurée^ la camomille; soit des rhumes, comme les passe-roses, les guimauves, les coquelicots, les violettes, dont on fait de la tisane.
PLANTES D'ORKEMErîT.
n y a d'autres herbes qui portent des fleurs jolies ou odorantes, et qu'on appelle simplement fleurs ou plantes d'ornement, parce qu'elles servent à orner les jardins. La plupart de ces fleurs n'ont pas d'autre usage, mais elles font plaisir à voir et à respirer, et faire plaisir est encore une manière d'être utile.
Les herbes et les fleurs servent de demeure aux insectes qu'elles nourrissent, et qui se logent dans les racines ou sous les feuilles, comme vous l'avez vu dans Thistoire du fraisier que ce monsieur croyait inutile *.