GRAMMAIRE : PRONONCIATION DES VOYELLES
s « Pourquoi cours-tu donc, petit Jean ? — Je vais cherclier ma EXEMPLE I mère. Sais-tu où elle se trouve? — Ta maman est avec une l autre femme sur le cours. »
En lisant le texte précédent, un petit Alsacien dira : che vais jercher; il confond les consonpesj et c/i. Un écolier d'Auvergne dira: chais-tu, en mettant la consonne cli à la place de s. Un enfant des Vosges dira peutêtre : ma mère, en rendant fermée la voyelle qui est ouverte dans mère.
Venu de Marseille, il dira : une ollre, en rendant ouverte et brève la première voyelle de autre, qui est fermée et longue; et il fera sonner Vs de cours, comme dans course.
Il faut éviter ces divers défauts.
Quand on parle ou quand on lit, il faut s'efforcer de prononcer comme les gens de Paris qui parlent bien.
Dans certains mots, une voyelle est brève;' dans d'autres, elle est longue. La même voyelle peut souvent aussi être ouverte ou fermée :
ou:
eu:
sac, patte sec, pelle mile, dicte soc, botte
douce neuf, le but, duc
vague, pâte peine, tête mise, dire mort, côte
douze neuve, creuse dur, vue
patte, vague sec, tête pipe, litre botte, mort poule, coup cœur, neuf nul, cruche
passe, pâte clé, aimer grise, dire côie, beau jour, voûte peu, creux cure, vue
Il ne faut pas ajouter de sons qui n'existent pas dans les mots; il ne faut pas prononcer par exemple : i'e quand il est muet : j'appelle, j'appellerai, ni certaines lettres qui n'écrivent aucun son : respect, exemipter.
Ex. S2. "f Copiez les conseils suivants :
Les accents provinciaux.
Il faut donner aux voyelles l'intonation acceptée par Paris. Presque toutes les provinces méridionales ont, en prononçant les voyelles, un accent qui prête au ridicule. C'est tantôt Vé, tantôt l'o, tantôt Vu qui sont défigurés : combien de gens prononcent chaquin pour chacun ! Exercez- vous donc, si vous voulez lire en public, à placer sur chaque voyelle l'accent qui lui convient; songez qu'une brève, mise au lieu d'une longue, suffit pour gâter la meilleure phrase.
E. Legouvé.
L'Art de ta Lecture, 1. HeUct, ëdit.
Ex. 53. "^ Dans le texte suivant, soulignez d'un trait les é fermés et de deux traits les è ouverts :
Le petit soulier.
Je ne crois pas qu'il y ait rien au monde de plus riant que les idées qui s'éveillent dans le cœur d'une mère à la vue du petit soulier de son enfant, surtout si c'est le soulier de fête, des dimanches, du baptême; le soulier brodé jusque sous la semelle, un soulier avec lequel l'enfant n'a pas fait un pas encore. Ce soulier-là a tant de grâce et de pelitesse, il lui est si impossible de marcher que c'est, pour la mère, comme si elle voyait son enfant.