GRAMMAIRE : LE MODE DANS LE VERBE
Le jeune Bouvard est maréchal et il veut changer de profession. Sa j mère, apprenant ce projet, s'efforce de le retenir : « Sois donc un peu \ constant, mon fus, tu ne l'es pas du tout. Retourne chez ton patron. Un garçon aussi changeant ne peut réussir. » \
M"'" Bouvard dit à son fils : Sois donc constant; cela n'équivaut pas à : tu es constant, puisqu'elle ajoute môme : tu ne l'es pas du tout. En disant : tu es ou tu n'es pas, la mère indique ce qui est ou ce qui n'est 2 \ pas, elle emploie le verbe à Vindicatif. Mais en disant : sois constant, elle conseille d'être constant, ensuite elle lui commande : Retourne chez ton patron; elle emploie le verbe à Vimpératif.
Ainsi, on fait varier le verbe suivant qu'on veut exprimer que l'action s'accomplit, ou qu'on commande ([u'cUe s'accomplisse. Ce sont \a deux manières diiïérentes de la concevoir et de la présenter. On emploie deux modes différents du verbe. (Le mot mode veut dire manière.)
Le verbe subit des variations qui lui sont propres. II varie d'abord suivant le mode de l'action.
Quand on exprime qu'une chose est ou a été, qu'on la fait ou qu'on la fera, on met le verbe au mode indicatif : tu es serrurier, tu réussis.
o \ Quand on commande qu'une chose soit ou que quelqu'un la ^\ fasse, on met le verbe à un deuxième mode, le mode impératif : l sois un peu constant, |
Le verbe a encore d'autres modes: le conditionnel, ie subjonctif, mais ils s'emploient surtout dans les phrases formées de l plusieurs propositions. l
On considère quelquefois l'infinitif (changer, retenir) et le parti- \ cipe (apprenant) comme des modes du verbe. i
Ex. 626. "^ Copiez les verbes de ce ^ [Ex. 627.] "f Copiez les verbes qui
texte, en mettant à la suite de chacun \ sont à Vimpératif et écrivez ensuite les
d'eux le nom du mode où ce verbe est \ mêmes verbes à Vindicatif, en mar-
emplo'jé : \ quant la différence de sens :
L'électricité. Conseils d'bygiéne.
Une baguellc de cire à cacheter est Pour être bien portant, il faut être
un joujou très intéressant. Déchirez propre. Si tu tiens à ta peau, nettoie-la.
une feuille de papier en tout petits Le rnatin, à ton lever, lave-toi la tôte,
morceaux et éparpillez-les sur la table. \ le cou, les bras, la poitrine. Fais-y
Supposez ceci : la table est un pré et les | ruisseler l'eau froide. Ne crains pas
petits papiers, de petits agnelets; la l'eau froide. D'abord, c'est honteux pour
baguette froltée de cire à cacheter, c'est un enfant robuste d'avoir peur de l'eau ;
le berger, il va rassembler son trou- l ensuite, c'est une sottise; l'eau froide
peau. En effet, passez maintenant la s est ta meilleure amie. Elle te donnera
baguette au-dessus des papiers. Tenez, î des joues roses, des bras vigoureux,
regardez; ils ont l'air d'être vivants, ils une forte poitrine. Aime l'eau froide, si
commencent à sauter vers la baguette. tu aimes la santé. D' Élie Pécaut.
C'est l'électricité. \ ConscUs d'Hygiène, Jlachellc et Ci», édit.
6â8. RÉCITATION : Le forgeron.
La forge flambait, avec des fusées d'étincelles. Goujat, debout, surveillant une barre de fer qui chaufFait, attendait, les pinces à la main.
Quand la barre fut blanche, il la saisit avec les pinces et la coupa au marteau sur une enclume, par bouts réguliers, comme s'il avait abattu des bouts de verre, à légers coups. Puis il remit les morceaux au feu, oii il les reprit un à un, pour les façonner. Il forgeait des rivets à six pans. Il posait les bouts dans une clouière, écrasait le fer (jui formait la tête, aplatissait les six pans, jetait les rivets terminés, louges encore, dont la tache vive s'éteignait sur le sol noir; et cela d'un martèlement continu, balançant dans sa main droite un marteau de cinq livres, achevant un détail à chaque coup, tournant et travaillant son fer avec une telle adresse qu'il pouvait causer et regarder le monde. I/enclume avait une sonnerie argentine. Lui, sans une goutte de sueur, très à l'aise, tapait d'un air bonhomme, sans paraître faire plus d'effort que les soirs où il découpait des images, chez lui.
E. Zola. L Assommoii; E. Fasquellc, cclit.
Ex. 629. °f 1. Quel est le sens de flamber? Connaissez-vous des mots de la même famille? — 2. Qu'est-ce qu'une fusée? — 3. Dans légers coups, en quel sens est pris l'adjectif légers? — 4. Qu'est-ce qu'une clouière? — 5. Comment a été formé le verbe aplatir? — 6. Quel est le nom simple et le verbe cunespondant à martèlenienl ?
[Ex. 630.] V 1. A quel mode sont énoncés les actes du forgeron? Justiflez l'emploi de ce mode pour les quatre premiers verbes de la récitation. — 2. Copiez les participes présents, en les faisant suivre de leurs compléments d'objet directs. — 3. Indiquez la fonction des infinitifs causer et regarder.
— 4. Quel est le sujet de tapait?