LIAISON ET ÉLISION
. \ A l'heure actuelle, on voit encore avec étonnement trop de bébés serrés 2 5 dans un maillot trop étroit, les bras collés au corps, les jambes enfer- \ niées dans un étui de langes, qui ne leur permet guère de remuer.
\ l.ouise lit ce lexlo. Au lieu de s'arrêter après chaque mot, connue le w font parfois les enfants, elle réunit les mots que le sens ne permet pas o de séparer: à l'heure actuelle — on voit encore... et elle n'accentue que H ; la dernière syllabe sonore de chaque groupe ainsi formé. Louise sait lire. Elle dit : avec étonnement, en unissant la consonne sonore c de avec et la voyelle é du mot suivant. Elle ne fait pas entendre le p de trop dans troTp de bébés, cep étant suivi d'une consonne; mais elle le prononce dans tro-p étroit, devant une voyelle. Louise fait les liaisons. Elle lit : à l'heur(e) actuelle, elle fait élision de l'e muet de heure.
l Pour parler et pour lire correctement, on réunit les mots ' en groupes d'après le sens, et on accentue la dernière syllabe
tonique de chaque groupe :
i Le vêtem.ent \ d'un bébé \\ doit lui laisser \ la liberté \ de ses mouvements. I Dans chaque groupe : 1" la consonne prononcée à la fin \ d'un mot s'unit au mot suivant s'il commence par une voyelle l un sac à linge, la mer immense.
\ 2° la consonne ordinairement muette à la fin d'un mot se \ prononce devant un mot commençant par une voyelle et se lie à cette voyelle : Un petit enfant ne doit pas être bercé.
On ne fait pas toutes les liaisons possibles et surtout on n'en fait pas devant une h aspirée. On dit :
un boi{s) obscur, une par{t) énorme, un hasar(d) étrange.
Quand un mot terminé par une voyelle nasale se lie au mot
suivant, on entend le son consonne n après cette voyelle
nasale: On(n)a bien{n)à faire avec u.n(n)enfanl ei\{n)âge de marcher.
On prononce quelquefois en liaison une autre consonne que
celle qui est écrite : un pied à terre (piétaterre) — neuî hommes.
Quand deux mots sont liés par le sens, l'e muet qui termine le premier s'élide devant une voyelle : une petit (e) enfant.
Ex. 72. "^ Indiquez par des traits les pauses à faire en lisant :
Les liaisons.
Il est assez difficile de dire quand on doit faire une liaison : il n'en faut faire ni trop ni trop peu; toutefois il vaut mieux encore en faire trop peu que d'en faire trop. Il faut éviter de faire entendre à la fin des mots des consonnes qui n'existent pas ; on ne dit pas : les quatre {7^ autres mais les quatr(e) autres; ni // va {l)en ville pour va en ville. Il ne faut pas dire davantage : donne-moi{z)en, mais donne-m'en.
Ex. 73. "^ Soulignez les lettres finales qui se lient aux mots suivants :
Souvenir d'enfance.
J'avais des petites amies d'enfance, dont une surtout m'a laissé un profond souvenir. Elle s'appelait Noémi.
C'était un petit modèle de sagesse et de grâce, ses yeux étaient empreints à la fois de bonté et de finesse. Nous nous entendions à merveille. Quand les petites amies se querellaient, nous étions toujours du même avis.
E. Renan (1823-1892).
Souvenirs d'Enfaltce et de Jeunesse,
Cahnann-Lévy, éiill.
.^^4. VOCABULAIRE : Formation des mots.
\^^i Les mots mont, monter, montagne existaient dans notre langue dès son ^^B ' origine ; ils ont servi à en former d'autres : monter a donné montée, ^^B montage, monleur: montagne a formé moniaanard, nwntagneuji. Le mot '^^ monter, a aussi formé démonter, remonter.
Tous ces mots ont la partie commune mont, qui exprime l'idée commune.
Dans les uns, elle est suivie de voyelles ou de syllabes : er. ée, âge ...;
dans les autres, elle est précédée de. syllabes : dé, re.
Les mots présentant une idée commune ont aussi parfois une partie commune qu'on nomme leur radical. Leur ensemble forme, dans ce cas, une famille de mots :
mont, monter, monteur, montagne, montagnard, remonter.
Les mois qui existaient dès l'origine de la langue sont des mots primitifs : mont, monter, montagne.
Ceux qui ont été formés en plaçant après le radical les syllabes er, ée, eur, âge... appelées suffixes, sont des dérivés: montée, montage.
Ceux qui ont été formés en plaçant avant le radical les syllabes dé, re ... appelées préfixes, sont des composés : démonter, remontage.
Ex. 75. 1? Rapprocher chaque nom de la première liste du mol de la seconde liste qui a servi à le former:
Lainage, lingerie, couverture, literie, oreiller, drapeau, fllasse, collet, jupon, voilette, veston, chaussette, bottine, casquette.
Lit, col, laine, casque, drap, veste, couvert, fil, linge, oreille, botte, jupe, chausse, voile.
Ex. 76. "^ A la suite de chacun des mois suivants, indiquez son. radical :
Ecolier, lycéen, collégien, internat, externat , pensionnat , compatriote , enseignement, bavardage, espièglerie, indocilité, badinage , enfantillage, marmaille, ignorant, taquinerie.
[Ex. 77.] °lf Définir chacun des mots suivants en faisant entrer dans la définition le radical de ce nom :
Enfance, jeunesse, fillette, diablotin, maisonnée, ménagère, propriétaire, chiffonnier , campagnard , épicerie , prénom, confrère.
78. AVANT LA COMPOSITION FRANÇAISE : Ne pas déformer les mots.
Henri Estienne raconte qu'une demoiselle devant qui on avait célébré les preux de France, voulant faire un compliment à François I", lui dit qu'en le voyant sous son habit guerrier, elle pensait voir un des lépreux, comme on avait coutume de les peindre. La pauvre fllle ne faisait qu'un seul mot de l'article les et du nom preux.
Une semblable confusion a donné les mots actuels : lierre (l'ierre), lendemain (l'endemain), lingot (l'ingot). Il ne faut pas imiter cela et dire le levier pour Vévier, le lencan pour l'encan. Il n'est pas mieux de dire : un (z) oiseau ou eh bien, (z)enfants, ou de prononcer une {é)statue, un (é)spectacle, un {é)squelette.
CONSEIL : Évitez de déformer les mots en y ajoutant des sons pris aux mots qui précèdent. Consultez le dictionnaire quand vous ne connaissez pas bien un terme.
[Ex. 79.] "f Copiez ces mots en mettant une apostrophe où elle est nécessaire •
Lacet, lacier, lagate, lamproie, lan-
terne, lazote, légion, lespèce, lessai, lessive, lièvre, livraie, livrée, local, lolive, lombre, louïe, loutarde, lunette, lunion, lustfe.
Méthode Brunot-Bony.
L'ECRITURE
neuf
Au tableau uoir, Jean trace le signe 9; c'est un chiffre, qui çcrit directement le nombre énoncé. En voyant ce dessin, un Français prononce les trois sons : n eu f; mais un Espagnol, prononcerait d'autres sons : nueve.
Au-dessous de ce chiffre, le petit garçon écrit d'autres signes : n e u f, qu'on appelle des lettres; ceux-ci écrivent les sons du mot neuf: le son consonne n par une n, le son voyelle eu par eu, et le son f par f.
Ainsi les chiffres et les lettres sont des signes tout à fait différents.
L'ensemble des lettres constitue Valphabet. On range ces lettres d'après un ordre particulier, qu'on appelle ordre alphabétique.
Il est important de connaître cet ordre, parce que les mots sont rangés ainsi dans les dictionnaires, les tables, les répertoires, les catalogues, les livres d'adresses, etft.
On écrit au moyen de deux sortes de signes : Les chiffres représentent directement les nombres et sont les mêmes dans des langues différentes. Il y a dix chiffres : 9 es/ un chiffre.
Les lettres représentent les sons des mots :
n-eu-f est un mot de quatre lettres.
Les lettres ont deux formes : il y a des lettres majuscules : A, B, C, ... et des lettres minuscules : a, b, c, ... Il Y a 26 lettres; leur ensemble forme i'alphabet : a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, 1, m, n, o, p, q, r, s, t, u, V, w, x, y, z.
Me^atz.
Mâcon.
Mabiliès.
Macquelines.
Maoau.
Macquigny.
Machault.
Maoquigny-Pont-Rouge.
Machecoul.
Madame.
Machilly.
Madeleine (la) (Ain).
Machine (la) (Nièvre).
Madeleine (la) (Allier).
Machine (la) (Nord).
Madeleine(la) (Alpes-M.).
Extrait de la table des localités do l'Indicateur
des chemins de fer.
Ex. 81. °i? Rangez par ordre alphabétique les noms d'animaux suivants :
Éléphant, rhinocéros, hippopotame, yack, cerf, antilope, gazelle, vigogne, zèbre, mouflon, bison, lion, tigre, panthère, ours, jaguar, lynx, hyène, sanglier, loup, renard, fouine, putois,, singe, gorille, daim, kangourou.
[Ex. 82,] 'f Répartir entre leurs déparlements respectifs les villes suivantes (ordre alphabétique) :
Aix , Arles , Armentières , Arras , Avesnes, Béthune, Boulogne, Calais, Cambrai, Douai, Dunkerque, HazebrOuck, Lens, Marseille,- Montreuil, Nantes , Roubaix , Saint - Nazaire ,
Saint-Omer, Tourcoing, Valenciennes.
Ex. 83. V Copiez en écrivant les nombres au moyen de chiffres :
L'imprimerie en langue française.
Le premier livre français qui ait été imprimé est la Légende dorée ou Vie des Saints, traduite du latin par Jean Bathalier. Elle parut à Lyon en mil quatre cent soixante-seize, le dixhuit avril. Neuf mois après, le seize janvier quatorze cent soixante-dix-sept, on imprimait à Paris les Grandes Chroniques de France, dites Chroniques de Saint-Denis. Tous les livres imprimés antérieurement à l'an quinze cent portent le nom i'' incunables.
Langue française. — Troisième livre. 17
84, LECTURE : L'imprimerie.
L'imprimeiMe est une invention relativement récente. Depuis longtemps, à la vérité, on savait graver sur bois ou sur métal, et imprimer ce qui avait été ainsi gravé, image ou écriture. Les Chinois même utilisèrent de bonne heure, pour cette reproduction, des caractères mobiles en bois.
Mais, en Europe, ce n'est que' vers le milieu du xv" siècle, et, semblet-il, en Hollande, qu'on imagina de diviser le bois et le métal en autant de morceaux qu'il y avait de lettres; on obtint ainsi des caractères mobiles qu'on réunit : le principe de l'imprimerie était trouvé. Restait à rendre pratique la nouvelle invenlion.
L'honneur d'y être parvenu semble appartenir à un Allemand de Mayence, nommé Gutenberg. En tous cas, avant H50, on possédait les éléments nécessaires : les caractères mobiles en plomb, la presse, l'encre d'imprimerie.
Chose à noter, et qui montre combien la portée d'une invention échappe souvent à ceux-là mêmes qui ont employé leur vie à la produire : les premiers imprimeurs paraissent n'avoir vu dans l'imprimerie qu'un moyen de contrefaire les livres manuscrits, dont ils imitaient de leur mieux le format, l'aspect, l'oj-nementation. Ils considéraient comme un procédé de fiaude secrète l'art qui devait répandre science et lumière, qui porte aujourd'hui jusqu'aux hameaux les plus reculés le rayonnement quotidien de la pensée et l'écho de la vie universelle. Quel exemple de l'imperfection du génie humain jusque dans son action créatrice !
Ex. 85. °^ — 1. Gomment se faisaient ï [Ex.86.]*^ — L Qu'est-ce que (/rayer,
les livres avant l'invention de l'impri- | imprimer? — 2. Qu'est-ce qu'un carac-
merie? — 2. Était-il alors facile de | /è/'e d'imprimerie, unepre.sse, le /b/waf
s'instruire? — 3. Quel est le principe | d'unlivre? — 3. Quelle différence y a-t-il
essentiel de l'imprimerie? — 4. Les s entre une invention et une découverte?
premiers imprimeurs ont-ils aperçu — 4. De quels éléments sont formés
l'importance de cette invention? — i les mots contrefaire, ornementation,
5. Quels sont aujourd'hui les principaux imperfection? — 5. Écrire un dérivé
bienfaits de l'imprimerie? [ de : graver, bois, métal, image, mobile.