GRAMMAIRE : LA VOIX PASSIVE : LE PARTICIPE
Dans le dialogue du capitaine et du mécanicien (Voir la lecture, page 191) se trouvent trois participes passés : « Comment est le fourneau? — Noyé — Le feu? — Éteint — La machine? — Morte. » Étudions-en le sens.
Leinot éteint a-t-il un sens actif? Le feu a-t-U éteint quelque chose? — Non, le feu n'a pas fait l'action d'éleindre, il l'a subie : éteint est un ^ passif. Le participe employé seul a donc la propriété d'exprimer le passif : f. I c'est la seule forme simple du verbe français qui soit dans ce cas.
Mais nous avons vu quele participe passé est employé pour former les temps composés du verbe actif; il a donc pris aussi le sens actif. Ainsi, quand le mécanicien répond : morte, il n'exprime pas que quelqu'un a mort la machine: cela n'a pas de sens; la machine est morte d'elle-même.
Il peut y avoir un très grand intérêt à savoir si une personne a fait ou subi un acte. On trouve un cadavre, la justice informe pour savoir si cet homme a été tué par des malfaiteurs (sens passif), s'il a subi la mort, ou s'il est mort (sens actif), s'il a fait cette action naturellement, sans l'intervention de personne. Tout l'objet de l'instruction porte là-dessus.
Le participe passé a essentiellement un sens passif; c'est la seule forme verbale qui soit passive par sa nature : un rapport écrit, une pièce perdue.
Mais comme il entre dans la conjugaison des verbes actifs, ordinaires ou pronominaux, il a pris aussi une valeur acùve ; un écolier arrivé de bonne heure (l'écolier a fait l'action d'arriver) o \ une étoffe démodée (c'est une étoffe qui s'est démodée).
Un même participe peut avoir tantôt la valeur passive, tantôt la valeur active :
un voqageur arrêté à rauberge (il a fait l'action de s'arrêter) un voleur arrêté (il a subi l'action, des gendarmes Vont arrêté).
Quand on lit un texte, il importe au plus haut point de bien distinguer ces deux sens en recherchant, par l'analyse, si le mot auquel se rapporte le participe fait ou subit l'action.
Ex. 892. '^ Soulignez les participes i [Ex. 893.] °^ Montrez que les parpassés qui ont le sens passif ; l ticipes de ce texte sont passifs : La nature cultivée. \ Une terme anglaise.
Qu'elle est belle, cette nature cul- > Vous entre/ dans une ferme anglaise, tivée! Que, par les soins de l'Iioinme, 5 même médiocre; vous trouvez des gens elle est brillante et pompeusement > décents, dignes, bien vêtus; un grand parée! Les fleurs, les fruits, les grains s bâtiment sain, confortable, un jardin perfectionnés, multipliés à l'infini; les l bien tenu, des arbres d'ornement, les espèces utiles d'animaux transportées, l murs intérieurs blanchis tous les ans propagées, augmentées sans nombre; s à la chaux; les carreaux du sol lavés les espèces nuisibles réduites, confinées, < tous les huit jours; pas de vitres reléguées; l'or et le fer, plus nécessaire ; cassées, ni salies; point de portes que l'or, tirés des entrailles de la | disjointes, de volets dépendus, de terre; les fleuves dirigés, resserrés; la l mares stagnantes, comme chez nps mer soumise, reconnue, traversée d'un l villageois, hémisphère à l'autre. Buffon. > II. Taine. Hachoiie et c», édu
Langue française. — Trolsibme livre. 191