GRAMMAIRE : CONJONCTIONS DE COORDINATION
l On entend des Allemands se plaindre que les Français sont légers, et >
I des Français reprocher aux Allemands d'être lourds. A quoi bon ces l
l critiques réciproques? Les Allemands ont leurs vertus et les Français ont s
^J les leurs. Elles ne sont (juère pareilles, cela est sûr; mais elles sont >
^ > peut-être équivalentes. Or // vaut mieux chercher et savoir par où un s
voisin mérite l'affection que par où il justifierait la haine. Néanmoins
beaucoup de (jens méconnaissent cette vérité, ou bien ils n'oseraient la
proclamer. C'est un tort grave. L'amour de la patrie ni n'implique le s
mépris ni n'exige la haine de l'étranger. Car, même s'il s'agissait de s
les vaincre, il vaudrait mieux voir ses ennemis tels qu'ils sont. Donc \
soyons, s'il se peut, impartiaux, et rendons justice aux autres. \
On voit que les mots : et, mais, br... établissent des liens entre des | propositions coordonnées. Ce sont des conjonctions de coordination. \ Nous avons déjà vu certaines d'entre elles qui peuvent aussi lier des \ mots : et, ou, ni {chercher et savoir). Il y en a d'autres, comme car, donc, \ qui ne peuvent lier que des propositions. \
Les conjonctions changent suivant le rapport qu'il s'agit de marquer. \ Et ajoute deux idées l'une à l'autre : les Allemands ont leurs vertus et les Français ont les leurs. Mais les oppose : elles ne sont guère pareilles, mais elles sont peut-être équivalentes. Car annonce une proposition qui exprime la cause, la raison d'être d'une autre. Donc introduit la conclusion de ce qui précède : je pense, donc je suis.
On remarquera que le mot néanmoins {néant moins) n'est pas, à proprement parler, une conjonction; il en remplit le rôle, il exprime à peu près le môme rapport que mais. On pourrait le remplacer par cependant (pendant ce), qui n'est pas non plus une conjonction.
Les principales conjonctions de coordination sont: et, ou, ni, |
mais, car, donc, or... qui servent à réunir des propositions ou \
z \ quelquefois les ternies d'une même proposition. \
cy,\ Aux conjonctions proprement dites s'ajoutent des mots ou \
des locutions d'une autre nature, mais qui tiennent lieu de \ conjonctions : aussi, en effet, néanmoins, cependant, toutefois, du moins, d'ailleurs...
Ex. 978. "^ Copiez les conjonctions i Français? Ce sont peut-être des ennemis,
de coordination, en indiquant les mots s mais à coup sûr ce sont des malheureux.
qu'elles unissent et les rapports qu'elles s Un médecin entend des cris de douleur ;
expriment : l il accourt : c'est son ennemi mortel !
L'amour de l'humanité. Oui, mais il souffre. Il y a là un
Je rencontre un indigent et je homme à sauver, et le médecin se
m'empresse de le secourir. Que m'im- dévoue. Voilà l'amour de l'humanité,
portent son nom, son pays? Je ne le \ Jules Simon.
•^ . . . „ ■ -1 „ 4 1 „™„ S Le Oeioir, Haclieltc et Ci», édit
reverrai jamais, mais il est homme, l
Dans une tempête, un navire voit à Ex. 979. "^ Dans l'exemple, supcôté de lui un navire en détresse; il primez certaines conjonctions et remrisque pour le sauver sa vie et celle \ placez-en quelques-unes partout où de son équipage : demande-t-il si les vous pourrez le faire sans altérer le naufragés sont des Anglais ou des \ sens.
Langue française. — Troisième livre.