CORRECTION
^ .„,.,Jx
Nancy est une ville importante; il lui manque certains avantages des grandes cités : animation, mouvement, galté. Elle a néanmoins le caractère d'une capitale régionale, c'est-à-dire qu'elle est le centre où, des Vosges, de la Meuse, de l'Alsace même, oh vient chercher ce qui manque ^ \ à Épinal ou à Bar-le-Duc. En outre, elle a l'élégance. Le dernier duc, 5 \ Stanislas de Pologne, avait fait un chef-d'œuvre d'art de la place qui porte aujourd'hui son nom. Non seulement son œuvre subsiste, mais elle a inspiré des recherches nouvelles. L'art décoratif moderne a trouvé à Nancy surtout des hommes de premier ordre, comme le verrier Galle, qui l'ont développé ou, pour mieux dire, créé. En ce qui concerne l'aménagement de la maison, Nancy ne le cède à aucune ville, pas même à Paris.
I. — A un terme d'une proposition, on ajoute souvent un nom, un titre, une qualité, qui le précise et i'identifie : Le dernier duc, Stanislas de Pologne. Nous, maire. Je soussigné, Bertin ...
Jl.es noms ainsi joints à ce terme sont dits en apposition; ils peuvent être joints directement, ou bien indirectement par une préposition ;• la ville de Lyon.
II. — D'autres fois on ajoute à un terme d'autres noms qui le développent, i'expliquent :
2 l il lui manque certains avantages : animation, mouvement, gaité. ç>^ L'explication peut être introduite par : savoir, à savoir, c'est-àdire : elle est capitale régionale, c'est-à-dire qu'elle est le centre ...
Au lieu de développer tout le terme général, on peut ne citer qu'un ou deux exemples :
des hommes de premier ordre, comme (ainsi) Galle.
III. — On corrige ce qu'un mot aurait de trop absolu par un complément précédé de : au point de vue, sous le rapport de ... En ce qui concerne l'aménagement, Nancy ne le cède à aucune ville.
On peut enûn remplacer un mot jugé inexact: Des artistes ont développé ou, pour mieux dire, (plutôt) créé l'arl moderne.
Ex. ISO&.'f Indiquez comment, dans l [Ex. 1306.] 'f Signalez les expres-
le texte suivant, certains mots sont sions qui limitent ou corrigent des
précisés ou développés : \ affirmations trop absolues :
La France est entourée d'une mer l Au xix" siècle, les divers arts : arclii-
hleue. la Méditerranée, et d'un vaste lecture, peinture, sculpture, n'ont pas
océan, rAtlantitiue, qui par leurs \ participé au progrès des sciences; tdus,
vaisseaux, la mettent en relations avec \ sauf la musique, semblent chercher
les grandes nations de la Terre. De^i des formes nouvelles. La peinture et
hautes montagnes, les Alpes, les r même la sculpture sont pourtant à peu
Pyrénées, la protègent sur ses fron- \ près dégagées de l'imitation servile des
tières; do l?eaux fleuves, la Seine, la anciens; et, à ce point de vue, l'effort
Loire, la Garonne, le Rhône, la sil- \ n'a pas été perdu. Du reste, l'une et
lonnent en tous sens. Elle a des villes | l'autre, sans être aussi fécondes qu'à
populeuses, comme Paris; des cités \ d'autres époques, ont donné un certain
industrielles, comme Lyon; de vastes | nombre de chefs-d'œuvre, ou tout au
ports, comme Marseille. f moins, de belles œuvres.
Langue française. — Troisième livre. 289
1307. VOCABULAIRE : La Vie morale.
Conscience, liberté, libre arbilre, responsabilité, déterminisme, hérédité, atavisme, conduite, mœurs, tiabitades, pratiques, devoir, bien, vertu, vice, droit, satisfaction, faiblesse, faute, crime, repentir, remords, moralité, dépravation, débaacfie, dissipation, perversité, justice, bonté, solidarité, méchanceté, jalousie, envie, orgueil, ivrognerie, criminalité , sanction, récompense, répression, peine, punition.
Bon, juste, sévère, austère, honnête, probe, loyal, moral, immoral, scélérat, scandaleux, hypocrite, honteux.
Se conduire, se gouverner, voler, se dégrader, se repentir, se corriger, se réhabiliter, s'élever; tourner mal, bien.
Ex. 1308. °^ Indiquez les noms qui . Ex. 1310. "^ Conjuguez aux divers
correspondent aux adjectifs donnés. l temps de Vindicatif :
Ex. 1309. "^ Formez les adjectifs \ Se repentir de sa faule.
qui correspondent aux noms suivants. Se réhabiliter à ses propres yeux.
et indiquez les suffixes qui s'y ren- [ex. 1 3 1 1 .] "^ C/7e: cinq proverbes
contrent : s ou maximes qui emploient certains
Conscience,excès, hérédité, habitude, | mots du vocabulaire, et indiquez
vertu, vice, faute, charité, envie, orgueil, l d'une façon sommaire le sens de ces
estime, paix, zèle, mensonge. l proverbes.
1312. COMPOSITION FRANÇAISE: Développer une pensée.
Louise et Georgette ont à développer cette maxime : « Contentement passe richesse ». Georgette écrit : L'homme content est plus heureux que te riche. Mieux vaut être joyeux que rictie. Le contentement vaut mieux que la fortune.
Elle ne développe pas la pensée, elle la répète en termes différenls. Louise, au contraire, cherche les idées que peuvent éveiller les termes de l'énoncé :
Qu'est-ce que le contentement? — C'est l'état d'un homme qui n'a ni regrets trop vifs, ni désirs trop grands, ni espoirs impossibles. Suffd-il d'être riche pour jouir de cette paix intérieure? — Non, les riches ont parfois te remords du bien mal acquis, le désir de posséder davantage...
Louise développe réellement le sujet, c'est-à-dire qu'elle tire de l'idée principale des idées accessoires qui y sont contenues, qui l'expliquent et la complètent.
CONSEIL : Développer une pensée, c'est d'abord y découvrir toutes les idées qui y sont, pour ainsi dire, enveloppées, en se posant de multiples questions : que signifie ce mot? oii cette action a-t-elle lieu? quand? comment? pourquoi? C'est ensuite exposer clairement les idées recueillies.
B^. 1313. "f Justifiez celte maxime: l Ex. 1314. "^ Expliquez le proverbe : « L'union fait la force ». '< L'argent est un bon serviteur et
PLAN
un mauvais maître.
Avantages de l'union au point de \ ^^^^
vue matériel. Métaux rendus plus | L'argent nous permet de satisfaire
résistants par leur alliage. | nos besoins, de nous assurer contre le
Travail rendu possible par l'emploi j chômage, la maladie, la vieillesse,
collectif de plusieurs ouvriers. | 11 peut nous porter à l'avarice, nous
Avantages moraux de l'union dans s dominer de la façon la plus tyrannique.
la famille, dans l'école, dans la société, l Règle commandée par le bon sens.
290 Méthode Brunot-Bony.
1315. GRAMMAIRE: LE RAPPORT DE POSSESSION ± Ji^
Le plus souvent l'ivrogne connaît les funestes effets de l'alcool, il en sait les ravages, il a aussi entendu expliquer l'action que .possède Vabsinlhe. Mais il n'y croit pas ou feint de ne pas y croire. Un oncle à lui a vécu jusqu'à 80 ans et c'était un rude buveur! Il continue donc, augmente la dose et peu à peu l'habitude vient. Alors l'homme appartient à la <• fée verte », il est à elle pour toujours. Malgré les remontrances et les exemples, il ne retrouvera plus la volonté de résister à la funeste passion.
Les propositions : L'homme appartient à la fée verte, il est à elle, indiquent à (jui appartient le sujet; c'est un des moyens de déterminer ce o l sujet : la ferme qui appartient à M. Nicolas ou : la ferme de H ^ M Nicolas, désigne expressément cette ferme, si M. Nicolas n'en a (|u'une. Dans : les effets de l'alcool, le complément marquant la possession est construit avec la préposition de; dans : un oncle à lui, avec la préposition à. Dans la proposition : il en sait les ravages, le complément de l'alcool est remplacé par le pronom relatif en; enfin ce complément prend la forme d'une proposition dans : l'action que possède l'absinthe.
On détermine le nom d'un être, d'une chose, en marquant, par exemple, à qui appartient cet être, cette chose. On peut, pour cela, construire une proposition spéciale :
Ce pré appartient à mon oncle Arthur.
Ou bien on met le nom ou le pronom représentant le possesseur sous forme d'un complément précédé de de, et rarement de à : la sévérité de ce juge, la bonté de mon père, un fds à papa. Si le nom. du possesseur a été cité, on le remplace ensuite \ par le pronom relatif en, s'il s'agit de choses :
André a acheté ce champ bien cher, il en savait la valeur.
Enûn on peut employer des propositions subordonnées : le blé qui appartient à Pierre ... dont Pierre est propriétaire. ^. , .^ .-^
Ex. 1316. "^ Indiquez les exprès- i [Ex. 1317.] °|? Ajoute: des expressions ou les propositions qui marquent | sions diverses marquant la possession : la possession : y J'avais donné un morceau de pain
« Cette armoire est à toi? — Oui, mon | <à un mendiant. Un autre survint et
ami, je l'ai depuis hier. La trouves-tu se jeia sur lui : « Donne-le-moi. — Il
jolie*? — Très jolie, et je te félicite de m'..., cria, le premier. — Eh bien! et
ce choix. Le mérite principal de ce | après"? Quand je l'aurai, il ... —
meuble, suivant moi, est dans sa sim- | Essaie. — Alors, partageons. — Non,
plicilé même. Les gens d'aujourd'hui s c'est mon morceau, ...; demande à
ont vraiment perdu le goût que pos- | Monsieur ». Alors le grand culbuta le
sédaient nos ancêtres. Ils dépensent s récalcitrant, le petit mordit, le grand ...
beaucoup d'argent pour acheter des saisit les cheveux. Et dans la lutte, le
choses à effet; ils confondent le riche l pain roulait et s'émiettait dans la
avec le beau. Cette armoire a de bonnes s poussière. Bientôt aucun des deux
proportions; les lignes en sont heu- | n'eût mis la dent dans cette boue,
reuses, elle est adaptée à l'endroit ([ui | Il en est ainsi après un procès. Si
doit la recevoir et à l'usage qu'on veut vous le gagnez, comptez le bénéfice,
en faire; il n'en faut pas davantage. » ! les frais... mangent la meilleure partie.
Langue française. — Troisième livre. 291
1318. LECTURE : Entre chicaniers.
La Comtesse. — Monsieur, tous mes procès allaient être finis; 11 ne m'en restait plus que quatre ou cinq petits : L'un contre mon mari, l'autre contre mon père, Et contre mes enfants. Ah! Monsieur! la misère! Je ne sais quel biais ils ont imaginé, Ni tout ce qu'ils ont fait; mais on leur a donné Un arrêt par lequel, moi vêtue et nourrie, On me défend, Monsieur, de plaider de ma vie.
CfiiCANEAU. — De plaider? — De plaider. — Certes, le trait est noir. J'en suis surpris. — Monsieur, j'en suis au désespoir...
— Des chicaneurs viendront nous manger jusqu'à l'àme, Et nous ne dirons mot! Mais, s'il vous plaît, Madame, Depuis quand plaidez-vous? — Il ne m'en souvient pas; Depuis trente ans, au plus. — Ce n'est pas trop. — Hélas!
— Et quel âge avez-vous? Vous avez bon visage.
— Hé! quelque soixante ans. — Comment! c'est le bel ùge Pour plaider. — Laissez faire, ils ne sont pas au bout. J'y vendrai ma chemise, et je veux rieri ou tout.
Racine (1G39-1699). Les Plaideurs, acte I, sièno :.
1319. COMPOSITION FRANÇAISE : Apprécier la justesse d'une pensée.
La plaideuse de la Lecture (Voir § 1.318) a la folie des procès. Sans aller aussi loin qu'elle, beaucoup de gens ne céderaient rien de ce qu'ils croient leur appartenir.
Assurément, la loi reconnaît à chacun le droit de posséder, et protège la propriété contre ceux qui y portent atteinte. On peut dojic, en droit strict, revendiquer toujours sa propriété.
Pourtant quand on songe que certains enfants naissent dépourvus de tout, et d'autres millionnaires, sans que ni les uns ni les autres aient rien fait pour mériter leur sort, on n'est plus aussi sur que la maxime : « Chacun le sien • soit d'une vérité absolue. Des morales, des religions ont recommandé l'abandon total ou partiel des biens comme un acte nécessaire de moralité.
CONSEIL. : En présence d'une idée, nouvelle ou ancienne, d'une maxime, même si elle est admise par le consentement presque universel, demandez-vous s'il n'y a aucune objection à lui faire, et jusqu'à quel point elle est vraie.
Ex. 1320. "^ Appréciez le proverbe : i stérilité de certains sols, de lutter « Tant vaut l'homme, tant vaut la \ contre certains climats.
PLAN \ [Ex. 1321. ]'f D'après les indications
Le produit d'une terre dépend avant '?"' Précèdent {Voir § 1319), discutez
tout de l'intelligence, du travail du '" maxime :
cultivateur. « Chacun le sien. »
Exemples du laboureur instruit et Vous vous souviendrez que charité et
entreprenant, du cultivateur routinier \ solidarité sont autre chose que des
et paresseux. mots, et que l'égoïsme est parfois un
Mais impossibilité de modifier la \ '«auvais calcul.
Méthode Brunot-Bony.