LECTURE : Le mendiant
Je passais dans une l'ue : un mendianl vieux et décrépit m'arrêta. Yeux enflammés et larmoyants, lèvies bleuies, haillons soi'dides. . Oh! comme la pauvreté avait hideusement rongé cet être malheureux!
Il me tendait sa main rouge, entlée, sale: il gémissait, il mugissait en implorant un secours.
Je fouillai dans toutes mes poches : ni bourse, ni montre, ni même un mouchoir; je n'avais rien sur moi, et le mendiant attendait, et sa main remuait faiblement, par saccades. Tout confus, ne sachant que faire, je serrai fortement cette main sale et tremblante : « Ne m'en veux pas, frère; je n'ai rien sur moi, frère. »
Ce mendiant tixa sur moi ses yeux éraillés, et ses lèvres bleuâtres sourirent, et lui aussi pressa mes doigts refroidis : " Eh bien, frère, dit-il dune voix rauque, merci pour cela : c'est aussi une aumône. »
Et alors je compris (jue, moi aussi, je venais de recevoir quelque chose de mon frère.
D'après lo russe d'IvAN Tourgcéneff (1818-1883).
EXEKCICE SUR LA LECTURE
909. °^ Dans l'avunl- dernier ali- ) premières proposilions, et indiquez
néa : Ce mendiant fixa sur moi ses \ comment cites sont réunies.
yeu.\ éraillés ... mes doigts refroidis, > Dans le dernier alinéa, indiquez
dites le nom de chacune des trois \ la principale et la subordonnée,