La danse
Cependant le héraut apporte la lyre à Démodocus, qui s’avance au milieu, et les jeunes gens qui devaient danser se rangent autour de lui et commencent leur danse avec une légèreté merveilleuse. Ulysse regardait attentivement les vifs et brillants mouvements de leurs pieds et la justesse de leurs cadences, et ne pouvait se lasser de les admirer.
[Le chantre Démodocus célèbre Mars et Vénus ; Ulysse l’entendait avec un merveilleux plaisir, et tous les Phéaciens étaient charmés,]
Alcinoüs appelle ensuite ses deux fils, Halius et Laodamas, et voyant que personne ne voulait leur disputer le prix de la danse, il leur ordonne de danser seuls. Ces deux princes, pour montrer leur adresse, prennent un ballon rouge que le savant Polybe leur avait fait. L’un d’eux, se pliant et se renversant en arrière, le pousse jusqu’aux nues; et l’autre, s’élançant en l’air avec une admirable agilité, le reçoit et le repousse avant qu'il tombe à leurs pieds. Après qu’ils se furent assez exercés à le pousser et le repousser plusieurs fois, ils finirent cette danse haute et en commencèrent une basse. Ils firent plusieurs tours et retours avec une justessse merveilleuse. Tous les autres jeunes gens, qui étaient debout tout autour, battaient des mains, et tout retentissait du bruit des acclamations et des louanges.
Alors Ulysse dit à Alcinoüs : « Grand prince, qui par votre bonne mine effacez tout ce que je vois ici, vous m’aviez bien promis que vous me feriez voir les plus habiles danseurs qui soient sur la terre. Vous m’avez tenu parole, et je ne puis vous exprimer toute mon admiration. »