AVANT-PROPOS
J E me propose de vous exposer la marche qu'il faut suivre pour acquérir des connaissances à peu de frais , et avec économie de temps. Je déclare que je ne répondrai à aucune critique ; mais j'engage tous ceux qui emploient l'Enseignement universel à changer leur méthode en profitant des observations qui leur paraîtront justes. On fera ainsi une suite d'expé^ riences dont le mérite sera prouvé parles résultats. Quant à moi, je ne garantis que la méthode dont je vais donner l'idée.
Je pense que tout homme est un animal raisonnable, capable par conséquent de saisir des rapports. Quand l'homme veut s'instruire, il faut qu'il compare entre elles les choses qu'il connaît, et qu'il y rapporté celles qu'il ne connaît pas encore.
Sans doute ce peu de lignes contiennent déjà une foule de questions de métaphysique ; mais je n'ai pas le temps de parcourir ce labyrinthe avec ceux qui désireraient m'y entraîner. Je ne cherche pas à démontrer uqç tnçorie, c'est un fait
viij ■ , AVAftT-FROPOS,
que je vais raconter. C'est une expérience que nous avons à faire , c'est un résultat qu'il faut obtenir. Si j'ai commencé par donner à entendre que je suppose une intelligence égale dans tous les hommes, mon projet n'est pas de soutenir cette thèse contre qui que ce soit. C'est mon opinion, il est vrai; cette opinion m'a dirigé dans la succession des exercices qui composent l'ensemble de la méthode, et voilà pourquoi je crois utile de poser en principe : tous les hommes ont une intelligence égale. Ce n'est pas là la maxime de tous nos savans; mais c'est celle de Descartes et de Newton : ce qui pourtant ne prouve rien. Cependant, dira un critique , si votre méthode est basée sur ce fondement fragile, la base croulant, l'échafaudage , c'est-à-dire la méthode doit s'écrouler aussi. Je pourrais répondre au critique : si ma méthode conduit à un résultat satisfaisant, la vérité de ce fait ne dépend pas plus de mon opinion que de la vôtre. Quand je ne démontrerais pas clairement que la route doit conduire au but , il ne s'ensuivrait pas que je ne l'ai pas atteint. Beaucoup