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SUR CETTE NOUVELLE ÉDITION

La première édition du Traite de la langue maternelle ne devait jamais subir aucune espèce de changement. Cependant quelques circonstances nous ont forcés de £iire une addition considérable à la quatrième édition. Cette augmentation a été faite sous le titre d'Avant-Propos et sous le nom d'un des Editeurs ; mais il était facile de reconnaître la plume du fondateur lui-même ^dans cette addition. Nous la rendons aujourd'hui ^ avec empressement^ à son auteur^ eh la plaçant à la suite des développemens sur l'application pratique cïe l'Enseigne-

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entraîner. Je ne cherche pas à démontrer une théorie , c'est un fait que je vais raconter^ c'est une expérience que nous avons à faire , c'est un résultat qu'il faut obtenir. Si j'ai commencé par donner à entendre que je suppose une intelligence égale dans tous les hommes , mon projet n'est pas de soutenir cette thèse contre qui que ce soit. C'est mon opinion 9 U est vrai; cette opinion m'a dirigé dans la succession des exercices qui composent l'ensemble de hi méthode , et voilà pourquoi je crois utile de poser en principe : Tous les hommes ont une inteUi- §ence égale^ Ce n'est pas là la maxime de tous nos savans, mais c'est celle de Descartes et de Newton : ce qui pourtant ne prouve rien. Cependant^ dira un critique , si ycMtre méthode leet basée £«r ce fondement fragile, la hase croulant ^ l'échafaudage , c'est-à-dii^ la méthode , dok s'écroider aussi* le pourrais répondre au critique : Si ma méthode conduit à un ^émdtat satisfaisant , la Yérïté de cela ne dépend pas ^Im de mon ofûnion que de la vôtre. Quand je ne déiuontrerais pas jdaieemen^que la route .doit conduire au biit , il se s'ensuivrait pas que je ne l'i^i pas atteint. Beaucoup d'eipérienees , doiîtiper^ sonne ne doute y ^ont lestées sans explication.Yous tournez dans un cercle videux, ajouterait l'argumentateur : quan4 on voi^is demande des faitis , yous commencez pttr poser un principe ; et lorsqu'on attaque vôtre principe 5 vous vous retranchez dans des faits connus de vous seul* Je répondrais ; on insisterait , et la dispute serait interminable.

J'ai déjà dit que je ne veux pas (lisicuter ; et , peur le prouver, je laisse la dernière objection sans réponse, au

rifiK{iieiâ% laiâfesleir atK^si drctàer comme iniriiidbfce. lie lecteur pourra se décider de suite , et jeter le livre; lattis BU BQtoîns Htût m'âcbmerà pai de Tav^b* tenu tottg^tekips (en suspénsv

Quant à ceux qtd vieuleftt «dsayer et ^'âs^Urer^ par Iteur yn^re e&périencë , de i'êffieacité de ia méthode > je les furi^ de me Ui^ avec attemion» Je ferai tous mes eSônss pottr êwe dâir : je ne téeliime pas leur sùffrs^ , je ne sollidte paâ tts» aveugle âppi^àtioh , mais je deAiaiMie de la tôtifiànoe ^ de b docilité et de la persévérfibce à swîrre la route que je vais leur indiquer.

Si t!ë livre tombe > par hasard, entre les mâim d^ilh sav&Àt étitangeir qui veuille diriger une éducâtton d'après ma mëiht^e ^ je me «iontenterai de lui dire : Faites ap^ prei]di*e un livre à votre élève, lisez-lè Vôtis-méme soti^ venta et vérifiez si l'élève comprend tout ce qu'il «aii^ fiissulrez-vous qu'il ne peut plus l'oublier 5 monttee-lûi enfin k rapporter à son livre tout ce qu'il apprendra par la suite, et vous ferez de l'Enseîgnemetrt universel. Si ce peu de mots ne suffisent pas au savant, je crains qu'il ne ftie compi^nne pas davantage en continuant la lectute 5 car je ne dirai pas autre chose que ce que je viens de dirô : ifticfifez un Ihrèj rappoHet-f tous les autres : voilà ina hié'thode. Dti reste, Vft^iisz les exercices dont je parlerai, ehangesé leur ordre : peu imp<n:te. Si vous apprenez un livré et fei Vousl y rattachez tous les autres , votfs suivrez la mëthéMte de l'Enseignement universel. Ce n'est paè senlement pbur commence* par les rudimens que ttotts noué- égarwis , c'es« f àètiè que noUi né savèws pa^ même les rùdiméh!j en soHaUt du collège. On n'ew pa^ sravant

parce qu'on a appris^. on n^est savant que lorsqu'on a retenu.

Je n'aurais rien à ajouter pour les savans : chacun d'eux examinera facilement ce qu'il faut faire. Mais ayant suivi une autre mai*che pow acquérir leurs connaissances, je ne crois pas qu'ils aient assez de confiance poi^ introduire un élève dans la nouvelle route. Presque tous ceux qui sont venus à Louvain pour conférer avec moi , m'ont paru étonnés de mon systèmç^ mais je n'oserais pas me flatter d'en avoir convaincu un seul , quoique j'en aie persuadé plusieurs. D'autres ont été surpris de la né^ gUgence de mon langage , et je ne doute pas qu'on ne relève, dans cet écrit, des expressions familières qui m'échappent quelquefois. On croira , peut-être , apercevoir , dans cette remarque, la preuve de la fausseté de la méthode : comment croire, en ef&t, qu'un homme qui écrit avec si peu d'élégance va, donner des' leçons de style ? Je ne répondrai pas plus à cette objection qu'à toute autre. Si je travaille. jamais à l'histoire de l'Enseignement universel, je tâcherai alors de soigner nion style. C'est une histoire plaisante , comme le sont toutes les histoires où les petites passions sont en jeu. Aujourd'hui j'écris pour instruire, et non pour amuser ni pour émouvoir : j'écris pour les établissemens d'Enseignement universel. On y apprend que mon style ne fait rien à l'affaire, et que l^ rhétorique et la raison n'ont rien de commun* Je ne citerai a^ç^ns faits : ceux qui les connaissent n'en ont pas besoin^ ceux qui les ignorent les connaîtront un jour ^ ceux qui ne veulent pas voir ne verront jamais. Galilée prétait çomplaisamment sa lunette à tout le monde : les uns y

voyaient les satellites que le philosophe avait décour verts; les autres disaient, écrivaient et imprimaient qu'on ne voyait pas les satellites. C'était un fait pourtant. Demandez à ceux qui l'assurent aujourd'hui , s'ils ont vu les satellites? Ils vous répondront qu'ils n'ont point 4'intérét à le nier : Tout est dans tout.

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