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Ensemble du système [microforme]

Il a été fait jusqu'ici des travaux d’une grando valeur sur l’enseignement, et, depuis longtemps, on demandait des simplications dans le système des études. Bossuet, Fénélon, Montaigne, Balmès, Descartes, Mallebranche, Mgr. Dupanloup, Jules Simon, en un mot tous ceux qui ont pu s'élever à des idées générales et juger l’ensemblo de l'organisation scolaire, en ont montré les défectuosités. Mais aujourd’hui le mal tend à devenir un véritab'e danger social. A notre époque, par suite de l’éducation donnée aux jeunes gens, tout est factice. En bonne logique, la chose principale pour un homme est de vivre et par conséquent d’arriver le plus tôt possible à une position fixe. D’après ce principe, qui est inattaquable, l’enseignement devrait être subordonné à la vocation et non pas la vocation à des études dont l'utilité est plus ou moins discutable ; mais il faudrait changer ce qui existe et on se heurte à la force d’inertie des gens du métier, le plus grand obstacle que l’on puisse rencontrer sur sa route quand on doit marcher en avant.

Et cependant l'étude du latin, du grec, des mathématiques, de l’histoire, par elle-même, ne pousse à rien, Si, au sortir du collége, on s’en tient là, si on ferme ses livres de classe et qu’on no s’en occupe plus, on oublie à peu près tout ce qu’on savait. Il en reste bien peu de chose. Si, au contraire on continue à travailler dans le sens de ces mêmes études, et, arrivé à l’âge d'homme, si, trompé par la fausse direction que l’on donne aux enfants, on persiste à aimor, étant homme, ce que l’on aimait étant enfant, on s’apercoit vite que l’enseignement classique cost une immense plaisanterio.

Alors à quoi bon tant se fatiguer dans des études qui, par elles-mêmes, ne rendent pas l’homme meilleur. Car enfin, les gens instruits, par cela seul qu'ils ont la tête bourrée de latin, de grec, d’histoire et de mathématiques, sont-ils meilleurs que les autres? je dis carrément non. A moins d’avoir une vocation bien déterminée pour les carrières qui exigent de l’homme un entier dévouement, ils sont, par rapport aux autres enfaats, dans une position inférieure parcequ’habitués À ne pas compter avec les réalités de la vie, ils ne les connaissent pas. Tant qu'ils vivent dans un monde à part, où tous leurs besoins sont satisfaits, ca va bien; qu'ils sortent de là, ils se heurtent au moindre obstacle:

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