GENRE ANASPE. ANASPIS. (Geoffroy
CaracrÈres : Coléoptères hétéromérés ; à élytres durs, rétrécis à la pointe, à suture réunie, mais sans écusson ; & antennes fiiformes dont les derniers articles sont un peu plus gros ; l'abdomen est aussi terminé en pointe.
C’est Geoffroy qui a établi ce genre très-naturel que Fabricius a adopté. Son nom est tiré des mots grecs, de à privatif, et de äsri, écusson, parce que le caractère essentiel de ce genre avait été tiré de ce que la pièce triangulaire , nommée l'écusson, est si petite qu’elle paraît manquer
complétement, ou au moins de ce qu’on a peine à l’apercevoir.
Ces insectes diffèrent des Rhipiphores parce que leurs antennes, au lieu d’être fortement dentelées, vont, au contraire, en grossissant insensiblement de la base à la pointe, et sont formées d'articles grenus et non en éventail. On les distingue des Mordelles, avec lesquelles ils ont les plus grands rapports, parce que leur abdomen est terminé par une sorte de prolongement ou de pointe, mais qu'il n’y a pas de pièces triangulaires à la base des deux élytres.
Les espèces que nous allons faire connaître se trouvent en
France :
4. Anaspe huméral. Anaspis humeralis. Noir; une tache jaune à la base de l'élytre. Ilest très-probable que la larve de ce petit Coléoptère, que Geoffroy avait bien décrit sous le n° 2, vit dans l’intérieur du bois dont elle se nourrit, où nous croyons l'avoir découverte, mais sans pouvoir suivre ses métamorphoses. A l’état parfait, nous l’avons trouvé sur les fleurs; il vole
“le soir à l’époque des grandes chaleurs ; dans le jour , il reste endormi dans les corolles, et, quand on veut le prendre, il se laisse précipiter.
COLÉOPTÈRES HÉTÉROMÉRÉS. ORNÉPHILES. bot
2. Anaspe corselet jaune. A. ruficollis. Noir, avec la bouche, le corselet et les pattes jaunes.
3. Anaspe noir. A. aler. I est entièrement noir. C’est celui que Geoffroy a inscrit dans le genre sous le n° 1, On l’a recueilli, au premier printemps, sur la ronce en fleurs.
4. Anaspe thoracique. A. thoracicus. Noir, avec la tête et le corselet jaunes.
Anaspe jaune. À. flavus. Entièrement jaune, avec l'extrémité desélytres brune.
Anaspe frontal. A. frontalis. Noir, avec le front et les pattes jaunes.*
7. Anaspe latéral. A. lateralis. Noir, avec la bouche, les bords du corselet et les pattes testacés.
TREIZIÈME FAMILLE : LES ORNÉPHILES ou SYLVICOLES.
Quand nous avons établi cette famille en 1806, voici comment nous nous exprimions dans la Zoologie analytique, page 218 : Si nous avons donné ce nom un peu vague de Sylvicoles à la famille qui nous occupe, c’est parce que nous n'avions trouvé jusqu'alors aucun moyen de lui assigner un caractère bien tranché. On voit donc ici réunis tous les Coléoptères hétéromérés qui n’ont pu être distribués dans les cinq autres familles. C’est done par exclusion ou par des notes négatives qu'ils se trouvent ainsi rapprochés. Ce nom n’est, en réalité, qu’un moyen systématique d'arriver à la détermination des genres, et comme on trouve le plus souvent ces insectes en plein jour dans les forêts, nous avons indiqué cette particularité par le nom d'Ornéphiles, tiré de deux mots grecs qui expriment l’idée d'amateurs des forêts : de piéo, J'aime, et ogw, le bois, la forêt, surtout par opposition avec les Photophyges Coléoptères, dont ils se rapprochent beaucoup et qui fuient la lumière du jour.
Nous avons montré par la voie de l'analyse (p.255), comment cette famille peut se faire distinguer de tous les genres du même sous-ordre des Hétéromérés : par les élytres qui sont durs ou peu flexibles des Épispastiques, comme les Mylabres et les Cantharides. Secondement, par leurs antennes qui sont en filet à articles comprimés et non grenus, ou en chapelet comme on les voit dans toutes les espèces nocturnes, tels que les Lygophiles, les Photophyges et les Mycétobies, parmi lesquels nous citerons les Ténébrions, les Blaps et les Diapères ; enfin, par leurs élytres qui ne sont pas rétrécis à leur extrémité libre, comme dans les Sténoptères, dont nous donnons des exemples en citant les Mordelles et les OEdémères.
On voit done, en résumant ces caractères négatifs, que nous avons été forcé de considérer les Ornéphiles comme devant former une famille dans le système de classification artificielle, parce qu'ils présentent des caractères que nous avons exprimés par cette simple phrase : Coléoptères hétéromérés, à élytres durs et larges, à antennes filiformes, dont les articulations sont toutes comprimées et non grenues.
Les larves de ces insectes paraissent toutes se développer dans les substances ligneuses le plus ordinairement lorsqu'elles sont déjà malades ou mortes.
Les six genres que nous avons inscrits dans cette famille des Sylvicoles sont'faciles à séparer les unes des autres au premier aspect. En effet, ilen est deux dont le corselet offre des bords droits; ce sont les Hélops et les Serropalpes ; chez les autres, le corselet est presque cireulaire, mais dans le genre Horie les cuisses des pattes postérieures sont énormes, comme gonflées; tandis que ces organes sont simples dans les Pyrochres dont le
COLÉOPTÈRES HÉTÉR. ORNÉPHILES. G. HÉLOPE. 503
corselet est aplati et dans les Calopes chez lesquels il est convexe, C’est ce que reproduit le tableau synoptique suivant.
TREIZIÈME FAMILLE : LES ORNÉPHILES ou SYLVICOLES (1).
CARACTÈRES : Coléoptères hétéromérés; à élytres durs et larges; à antennes
filiformes, à articles aplatis.
échancré 4 Hérors.
presque carré ayant le devant nt arrondi. 2 SERROPALPE.
plus étroit en devant qu’en arrière 5 CisTÈLe.
À CORSELET convexe... 4 CALoPE.
simples; corselet
re
arrondi; cuisses postérieures déprimé.. 5 Pvrocare.
renflées 6 Hone.
(1) De éovr, bois, forêt, et de guéw, j'aime.