‹ Entomologie analytiqueChapitre 123 sur 204 · GENRE HORIE. HORIA. (Fabricius · texte numérisé non relu

GENRE HORIE. HORIA. (Fabricius

CaracrèrEs : Coléopteres hétéromérés à élytres durs et larges ; à antennes filiformes, à articles aplatis ; corselet à bords arrondis ; cuisses postérieures énormément renflées.

Ce nom de //oria, qui se trouve dans Plaute et dans Nonius, n’a ici aucun sens, car il indique une barque, un bateau pécheur. Souvent, on le sait, Fabricius a pris les noms de ses genres au hasard.

Nous n’aurions pas parlé de ces Coléoptères, qui habitent les régions les plus chaudes de l'Inde et de l'Amérique, si Latreille n’en avait fait le type d’une cinquième tribu de ses Sténélytres sous le nom d'Horiales , qu’il a placée près des Cantharides.

D’après des observations faites aux Antilles par Guilding, il paraîtrait que la larve des Coléoptères dont nous parlons serait analogue à celle de la Sitaride ; c’est qu’elle attaquerait et vivrait en parasite aux dépens des larves ou de la matière sucrée que certains Xylocopes, ou Abeilles menuisières, construisent dans les substances figneuses.

La seule espèce que nous avons fait figurer est remarquable parce que la tête, un peu plus étroite que son corselet, porte les antennes insérées au devant des yeux, et surtout par le développement énorme de ses cuisses postérieures , comme dans les OEdémères; on a nommé cette espèce Horie teslacée. Horia testacea. Elle est d’un roux päle, avec les pattes et les

antennes noires.

On croit que les cuisses renflées ne s'observent que dans lun des sexes.

QUATORZIÈME FAMILLE : LES LYGOPHILES ou TÉNÉBRICOLES.

Dès l’année 1799, nous avions réuni dans une même famille, sous le nom de Zucifuges, tous les Coléoptères hétéromérés qui aiment l'obscurité; mais comme cette réunion de genres était trop nombreuse, nous l'avons partagée en deux familles, qu'il devenait facile de distinguer l’une de l’autre par la présence ou l’absence des ailes membraneuses; aussi, en 1806, dans la Zoologie analytique, on trouve le même groupe séparé en deux familles et composées, l’une des genres qui ont les élytres séparés l’un de l’autre et recouvrant des ailes à nervures membraneuses ; tandis que dans l’autre, tous les genres ont une seule pièce cornée, qui provient de la suture complète et immobile des élytres au-dessous desquels il n’y a pas d'ailes membraneuses ou plicaüles, comme dans la plupart des Coléoptères.

Au reste, nous avons cherché à traduire par des noms qui expriment à peu près la même idée, celle de fuir la lumière ou d'aimer l'obscurité. Cependant sous le nom de MéLaso- MES, qui indique que ces mêmes insectes ont le corps noir, M. Latreille a placé à la tête de la section qu'il nomme les Hétéromères, la totalité de ces mêmes insectes; puis c’est en 1823 et 1829 qu'il les a distribués dans un grand nombre de sous-genres, sous les trois types principaux de: 1. Pimélie ; 2. Blaps et 3. Ténébrion. Or, par cette disposition systématique, les genres que nous avons séparés d’après la présence ou l'absence des ailes se trouvent, en grande partie, confondus ou rapprochés arbitrairement.

Nousavonsemployé le motde Lygophiles ou deTénébricoles,

COLFOPTÈRES HÉTÉROMÉRÉS. LYGOPHILES. 511

parce qu’à l’aide des deux mots grecs associés, nous avons cherché à indiquer que ces Coléoptères aiment l'obscurité, densyr, l'ombre, et de onéw, j'aime.

Voici leurs caracteres : tarses à cinq articles en devant et à quatre seulémenit aux pattes postérieures ; à élytres durs non soudés entre eux et servant à protéger des ailes membraneuses, avec des antennes à articles grenus et terminés par une portion un peu plus élargie. Toute cette famille correspond à peu près au genre que Linné nommait Ténébrion.

Voiei comment les insectes de cette famille se distinguent de tous les autres du même sous-ordre des Hétéromérés. Leurs élytres durs les éloignent des Épispastiques, chez lesquels ces étuis sont mous et flexibles; les antennes, formées d'articulations arrondies ou grenues, allant successivement en augmentant de grosseur, les séparent des Ornéphiles et des Sténoptères, qui ont leurs antennes en fil. Ces mêmes organes les éloignent aussi des Mycétobies, dont la masse des antennes forme un bouton arrondi. Enfin, les élytres non soudés, couvrant des ailes membraneuses servent à les faire distinguer d'avec les Photophyges, insectes avec lesquels ils ont les plus grands rapports de formes et d’habitudes, mais dont les élytres sont soudés ou ne forment qu’une seule pièce sous laquelle il n’y a pas d'ailes.

Nous présentons dans le tableau analytique et comparatif qui va suivre les caractères essentiels des cinq genres qui constituent cette famille, qui est d’ailleurs peu nombreuse en espèces.

[QUATORZIÈME FAMILLE : LES LYGOPHILES ou TÉNÉBRICOLES (1).

CaracTÈRES : Coléoptères héléromérés; à élytres durs, à suture distincte, recouvrant des ailes; antennes moniliformes, allant en grossissant vers leur extrémité libre,

cylindrique, plus étroit que les élytres.............. DS 4e D 1 Unins.

| simples, arrondies.....,....... -.. 2 TÉNÉBRION. CoRsELET /allongé ; jambes |

| relevés, 5 OPATRE.

triarigulaires ; corselet à bords

\ plat inclinés. 4 PÉDiNE.

| de même longueur que la tête au plus D SARROTRIE.

(1) De X;n, l'ombre, et de o£w, j'aime.

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