Genre OPATRE. OPATRUM. (Fabricius
Caracrères : Coléoptères hétéromérés ; à élytres durs, distincts, couvrant des ailes membraneuses; & antennes moniliformes grossissant vers la pointe ; corps ovale, un peu aplati en dessous; corselet élargi, échancré en devant, rebordé en dessus.
Nous ignorons l'étymologie de ce nom; le seul mot grec dont il pourrait dériver serait érarçoc, fils d’un même père; mais, nous sommes forcés de le répéter, Fabricius n’a jamais eu l’idée de donner un sens aux noms de genres qu'il prenait au ha-
sard.
A l’aide des caractères que nous venons d’énoncer, 1l est facile de distinguer ce genre des quatre autres de la même famille : des Upides, dont le corselet est cylindrique; des Tenébrions, qui ont le corselet non échancré et aussi large que - long; des Pédines, dont le corselet est rebordé en dessous, et enfin des Sarrotries, dont les antennes sont velues et dirigées parallèlement en avant.
On ne connaît pas bien l’histoire, ou plutôt les métamorphoses des Opatres, parce qu'on n'a pas observé leurs larves. Les deux espèces que nous avons eu occasion de recueillir aux environs de Paris, dans les lieux arides, couverts de sable, d'argile ou de poussière, ont le corps garanti des atteintes extérieures par des élytres durs qui, étant repliés sous
le ventre, l'enveloppent et le défendent. Le corselet, échancré pour recevoir la tête, offre la plus grande solidité. Cette sorte de cuirasse protectrice paraîtrait devoir suffire à l’insecte ; cependant il y joint la ruse. Rien ne pourrait déceler sa présence que ses mouvements ; mais il sait les suspendre ou les faire cesser tout à coup au moindre mouvement, au plus faible bruit qui lui signale le danger. On ignore de quel procédé il se sert pour coller et faire adhérer à ses élytres les particules les plus déliées du sol qu’il habite; mais, couvert ainsi d’une poussière dont la teinte varie suivant les localités, son corps se confond et se perd à la vue par l’uniformité de sa coloration. C’est une sorte de déguisement so sous lequel l’insecte peut vivre en süreté.
Les espèces principales sont :
en
. Opatre des sables. Opatrum sabulosum. Noir ; à élytres marqués de cinq lignes élevées, dont trois sont plus saillantes, avec des tubercules élevés. C’est le Ténébrion à stries dentelées de Geoffroy. Linné lavait placé dans son genre Si/pha.
Opatre gris. O. griseum. Il est gris; ses élytres sont marqués de trois lignes élevées et flexueuses ; peut-être n’a-t-il pas d'ailes.
Latreille le place avec les Asides, parce que les deux derniers articles
des antennes sont réunis à une petite massue, et Olivier avec les Platy-
notes.
Opatre bossu. O. gibbum. Noir; élytres à un grand nombre de stries élevées, irrégulières, presque effacées ; tibias élargis.
Fe
Opatre tibial. O. tibiale. Noir, à élytres ponctués; jambes antérieures très-élargies ou dilatées en triangle surtout chez les mâles ainsi que les pre-
miers articles des tarses.
Latreille a rangé cette espèce avec les Pédines parce que le bord anté- -
rieur de la tête est comme échancré.
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COLÉOPTÈRES HÉTÉR. LYGOPHILES. G. PÉDINE. 5 à jy: