‹ Entomologie analytiqueChapitre 151 sur 204 · Genre ATTÉLABE. ATTELABUS. (Linné · texte numérisé non relu

Genre ATTÉLABE. ATTELABUS. (Linné

CaRACTÈRES : Coléoptères tétramérés; à antennes en masse allongée, non coudées; téte et corselet plus étroits que les élytres; trompe courte, comme étranglée; avant-dernier

article des tarses à deux lobes.

Ce nom d'Attélabe est très-ancien D dans la nomenclature entomologique, ! puisque Aristote l’avait employé pour désigner un insecte qui ronge les fruits Son application, faite d'abord par Linné, mais d'une manière trop générale, n'était pas plus précise que celle de Scarabée. Geoffroy, qui s'en servit ensuite, retira de ce genre les espèces dont il fit les

COLÉOPTÈRES TÉTRAMÉRÉS. RHINOCÈRES. G. ATTELABE. D99

Becmares ou le genre Rhinômacer. La plupart des espèces que nous allons décrire correspondent seulement à celles que Geoffroy indiquait sous le nom d'Attélabes.

Ils peuvent être reconnus et séparés des Bruches, qui ont les antennes presque en fuseau ou plus grosses dans leur partie moyenne; des quatre genres : Charançon, Lixe, Ramphe et Orcheste, qui ont les antennes coudées. L'avant-dernier article des tarses, qui est à deux lohes, les éloigne des Brachycères. Leur abdomen carré et leur trompe arrondie les séparent des Anthribes et des Oxystomes.

Les larves des Attélabes sont très-nuisibles aux arbres, dont elles attaquent les feuilles. Elles sont semblables à celles des Charançons. Elles n’ont pas de véritables pattes, mais des tubercules charnus sur les côtés des trois premiers anneaux : elles ne changent de place qu'à l’aide de leurs mandibules et d'une humeur visqueuse qu'elles secretent ; plusieurs roulent les feuilles et les plient en cornet conique ou contournées sur elles-mêmes comme les lames d’une estompe de papier, quelquefois en une sorte de valise. Pour obtenir ce résultat, on sait que l’insecte parfait pique ou ronge la nervure principale ou le pétiole de la feuille, ce qui fait flétrir en partie et rend molle et flexible la lame de la feuille, que l'insecte peut alors faire couder et rouler sur elle-même à l'aide de ses pattes. Ce n'est pas afin de se nourrir du parenchyme de ces feuilles que linsecte parfait femelle les contourne ainsi, mais pour y déposer un ou plusieurs de ses œufs, d’où sortiront les larves (1).

(1) Hubert, #Wém. de la Soc. d'hit. nal. de Genève, t. VIL, 1839. — Goureau, Ann. de ia So”. entom , ASH, t. X, p.21.

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Comme ces insectes sont importants à connaître, en raison des divers procédés qu'ils emploient pour faire ainsi des nids dans lesquels ils déposent leurs œufs, nous allons en indiquer quelques-uns.

1. Alléiabe du coudrier. Attelabus coryli. H est d’un noir luisant, avec les élytres rouges, finement striés en long et en travers. La tête est trèsallongée et rétrécie en arrière, et singulièrement articulée dans la concavité du corselet, qui, n'étant échancré qu’en dessous et en dessus, ne permet de mouvements que ceux d'extension et de flexion.

On le trouve très-communément sur les noisetiers. Il n’emploie qu'une portion de la feuille pour la construction de son rouleau, dont chacun ne renferme qu'un seul œuf. La larve s’y nourrit de la substance de la feuille ; mais, quand elle a pris toute sa croissance, et qu’elle est près de se changer en nympbhe, le rouleau desséché tombe avec elle sur la terre, et c’est là, très-probablement, que se termine la métamorphose.

2. Attélabe charançonoïde. A. curceulionoides. Noir, à corselet et élytres rou- -ges, avec des points enfoncés.

Cette espèce a quelques rapports avec la précédente , mais s’en éloigne par le mode de l'articulation de la tête, qui est en arrière de la largeur du corselet. On la trouve sur les feuilles de chêne, dont elle se nourrit, et qu'elle roule après avoir attaqué les nervures principales en les piquantsur toute leur longueur pour les assouplir et les courber. Elle plie d’abord en deux, suivant la ligne du milieu, et puis elle contourne les lames avec ses pattes, pour faire rentrer en dedans les dentelures extérieures et les enrouler en spirale sur l’œuf, qu’elle dépose sur la côte principale.

C'est cette espèce que Geoffroy a fait connaître sous le nom de Becmare laque. Elle se trouve aussi sur les trembles et lespeupliers, dont les feuilles sont plus flexibles.

3. Attélabe Bacchus. A. Bacchus. D'un beau rouge métallique, à trompe et tarses noirs.

La couleur de cet insecte est magnifique; elle produit l'effet du clinquant ou d’une laque rouge transparente qui aurait été appliquée sur de l'argent poli. On trouve ce bel insecte, au premier printemps, sur la vigne. Quand on veut le saisir, il faut avoir soin de placer lamain sous la feuille, car il se laisse tomber dès qu'il voit le danger. Il roule les feuilles de la

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COLÉOPTÈRES TÉTRAMÉRÉS. RHINOCÈRES. G. OXYSTOME. DD

vigne en manière de nos estompes de papier pour y déposer ses œufs. Geoffroy l’a nommé Becmare doré à étuis rouges.

1. Attélabe du peuplier. A. populi. D'un beau vert doré, luisant en dessus, violet métallique en dessous.

5. Attélabe du bouleau. A. betuleti. Entièrement d'un vert doré brillant.

ÿ. Altélabe pubescent. A. pubescens. D’un beau violet très - velu , trompe noire. -

7. Altélube d'airain. A. æneus. Tout noir, à élytres d’un vert cuivreux. Ces espèces ont été rangées dans le genre Rhynchites.

On connaît en France plus de quarante espèces de ce genre, et beaucoup d’autres sont étrangères.

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