Gene CRIOCÈRE. CRIOCERIS. (Geoffroy
CaracrÈèRes : Coléoptères tétramérés; à antennes filiformes , . . À , ALT dont les articles sont grenus, insérées sur les côtés de la tete et non sur un bec; à corps allongé, lisse, poli, agréablement coloré; à corselet étroit et cylindrique, supportant une tete un peu plus large, et des antennes presque aussi longues que le corps.
Ce nom de Criocères a été, sans doute, donné à ces insectes par Geoffroy, pour indiquer leur analogie avec les Capricornes, le nom de xpws signifiant bélier, et xéoa, corne, indiquant une corne de mouton. Par une bi-
zarrerie qu'on a peine à expliquer, Fabricius, dans son grand ouvrage sur les Éleuthérates (Coléoptères ), a changé le nom du genre Criocère en celui de Zema, qui était celui d’un poisson, pour l'appliquer à des Galéruques et à des Altises, de la même famille des Herbivores, mais toutes étrangères à l’Europe.
Les Criocères proviennent de larves qui vivent sur les
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plantes, comme les insectes parfaits. Ces larves ressemblent beaucoup à celles des Chrysomèles; leur corps est court, trapu, ramassé ; elles sont lentes dans leurs mouvements; leur peau est molle. La plupart des espèces, pour se mettre probablement à l'abri du bec des oiseaux, qui en sont fort avides, ont l’art ou l'instinct de se recouvrir du résidu de leurs aliments, qu’elles agglutinent et retiennent sur leur corps, comme un toit protecteur, qui les préserve en même temps des intempéries, et surtout de la trop vive chaleur et de la sécheresse de l’atmosphère.
L'espèce qui vit sur les feuilles ou les hampes des liliacées, qu’elle dévore, a reçu, de cette particularité de ses habitudes, le nom sous lequel les naturalistes la désignent; les petits tas de matières écumeuses , humides et verdâtres, visqueuses, noires et dégoutantes, qu’on observe, en été, sous les feuilles de ces belles plantes de parterre, ne sont autre chose que le résultat de cette sorte d’artifice. Ce serait en vain que l’on chercherait la larve qui les produit, si l’on n’en était prévenu : pour la découvrir, il faut soulever ce petit tas d'ordures immobiles, et ce n’est que lorsqu'elle se sent dépouiiler de ce singulier vêtement, qu’elle manifeste quelques mouvements en laissant distinguer les anneaux jaunâtres de son corps. C'est à l’aide de cette astuce que la race de ces insectes, qui, sous leur dernière forme, sont d’un rouge de laque très-brillant, parvient à conserver son existence.
Réaumur nous a donné, dans le troisième volume de ses Mémoires, des observations très-curieuses sur l’organisation de ces larves , qu’il nommait les Teignes des lis, et que Patarol avait si bien décrites, il y avait plus de cent ans, dans
une lettre à Vallisnieri, sous le nom de Cantharide ou Scarabée du lis.
Nous avons cru devoir extraire de ces recherches les faits principaux qui concernent quelques espèces de ce genre.
Les œufs sont ordinairement déposés par la femelle audessous ou à la face inférieure des feuilles, en un petit tas irrégulier, et plus ou moins rapprochés ; mais une seule femelle en pond dans beaucoup d’autres endroits. Leur couleur varie suivant la température; ces œufs éclosent à dix ou douze jours de distance, à compter de celui de leur ponte. Ils éclosent tous en même temps, et les petites larves qui en proviennent se réunissent pour paitre ensemble sur une seule et même ligne d’abord, en ne mangeant que le parenchyme, du côté de la feuille sur laquelle ces larves sont écloses. Au fur et à mesure qu’elles grossissent, ces larves s’éloignent les unes des autres. Alors, elles deviennent plus voraces ; elles attaquent les bords et les nervures, ou les extrémités : mais chacune d’elles est fixée sur le point qu'elle ronge et elle se déplace rarement.
La manière particulière ou le procédé que cette larve emploie pour couvrir son dos du résidu de ses aliments dépend d’une structure spéciale et de la position de l’anus ; il n'est pas ouvert sous le dernier anneau de l'abdomen, comme dans la plupart des autres larves, mais sur l’avant-dernier anneau du côté du dos, de sorte que les matières qui sortent par cet orifice se collent les unes aux autres, et sont successivement poussées vers la tête. La larve des Cassides, comme nous le verrons, emploie un autre moyen pour obtenir le même résultat, provenant d’une organisation un peu différente.
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Lorsque les larves des Criocères ont atteint tout leur accroissement, ce qui exige une quinzaine de jours, pendant lesquels l’insecte reste occupé à, manger continuellement, même pendant la nuit ; ces larves entrent dans la terre pour s'y métamorphoser; elles s'y construisent une coque, en dégorgeant une matière visqueuse ou gommeuse, qui se dessèche et devient une bulle solide autour de laquelle la terre adhère , représentant alors une sorte de pilule saupoudrée, à peu près comme on trouve les coques filamenteuses ou soyeuses des fourmi-lions recouvertes de molécules de sable. Là, le Criocère revêt la forme de nymphe, molle d’abord et immobile, mais où toutes les parties du nouvel insecte deviennent distinctes, et prennent peu à peu, suivant la température, plus de consistance et de coloration, de manière qu’au bout de deux semaines environ, l’on voit sortir de ces coques, au pied des plantes, de petits insectes, absolument semblables à ceux qui les avaient produits.
Lorsqu'on les saisit, ils font entendre un petit cri, qui provient du frottement de l'extrémité de leur ventre contre leurs élytres mis en vibration.
Les principales espèces de ce genre sont celles que nous allons faire connaître. .
4. Criocère du lis. Crioceris merdigera. D'un très-beau rouge, brillant en# dessus, noir en dessous.
C'est l'espèce la plus connue ; la belle couleur rouge-vermillon vernie, semblable à celle de la cire laque à cacheter, la fait contraster avec le vert foncé des feuilles et des tiges, sur lesquelles on trouve souvent sept à huit individus se nourrissant de la même plante. Les élytres examinés à la loupe offrent des lignes longitudinales de points enfoncés. Les pattes et les antennes sont noires. Une variété a les pattes et l’extrémité du ventre rouges,
2, Criocère à douze points. C. duodecimpunctata. D'un rouge pâle; six points noirs sur chaque élytre. On le trouve souvent sur les asperges avec l’espèce suivante. Les pattes sont rouges, avec les jointures et les tarses noirs. Chacun des anneaux de l’abdomen, qui est rouge, porte un anneau noir.
3. Criocère de l'asperge. C. asparagi. Corselet rouge, avec deux points rouges; élytres d’un jaune rougeâtre ou pâle, avec une croix allongée d’un noir bleuätre.
Cette espèce, que Geoffroy a nommée Porte-croix, est extrêmement polie et brillante; elle est noire en dessous; les taches et les lignes indiquées varient beaucoup. Très-commune sur l’asperge en feuilles; difficile à saisir, car elle se précipite au moindre mouvement.
A. Criocère pattes-noires. C. melanopa. Bleu, à corselet rouge; anténnes et tarses noirs.
Cette espèce se trouve sur les graminées.
5. Criocère tout-bleu. C. cyanella. D’un bleu métallique, à antennes et pattes brunes ; élytres striés.
A51. Genre HISPE. H/SPA. (Fabricius.)
CaracTÈREs : Coléoptères tétramérés ; à antennes en fil insérées entre les yeux ; à articles courts, rapprochés, à corselet à peu pres carré, non rebordé ; a élytres repliés sous l’abdomen et souvent épineux.
Le nom de ce genre est probablement tiré du latin Æispidus, parce qu’en effet la plupart des espèces rapportées à ce genre ont les antennes, les élytres, hérissés de petites pointes, ce qui a fait même donner à la seule espèce qu’ait connue Geoffroy le nom de Châtaigne
j noire, par allusion au fruit du Châtaignier. Les mœurs de ces insectes sont peu connues, car on ne les
COLÉOPTÈRES TÉTR, PHYTOPHAGES. G. HBLODE. 631 a observés jusqu'ici qu’à l’état parfait, et vivant sur les plantes comme les Galéruques et les Criocères.
La plupart sont étrangers; parmi les espèces du pays, nous citerons :
1. Hispe noire. Hispa atra. Toute noire; le corselet et les élytres sont couverts d’épines.
C'est, comme nous l’avons dit, la Châtaigne noire, que Geoffroy avait décrite comme un Criocère. Sa couleur est d’un noir mat foncé. Je l’ai trouvée plusieurs fois et comme par hasard, en fauchant avec un filet les sommités des graminées en fleurs ou en épis. On l’y voit quelquefois; mais elle est difficile à saisir, car elle se laisse tomber à la moindre approche.
‘Dans le repos, ses antennes sont étendues devant la tête et font suite au tronc; elle n’a pas plus de 4 millimètres de longueur.
2. Hispe testacée. H. testacea. Ses élytres sont d’un roux pâle; mais ses antennes et ses pattes, ainsi que les épines, sont noires. On l’a trouvée dans le midi de la France, sur les Cistes, Il y a aussi deux espèces noires, dont l’une a deux taches rousses sur les élytres, et l’autre quatre; on les a nommées bi- et quadripustulata.