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leur sortie de l’œuf, restent réunies en familles, comme on en a un exemple pour l’espèce du peuplier. Ces larves ont le corps allongé et les pattes fort courtes et écailleuses. Quand elles rongent le parenchyme, elles restent souvent tournées en cercle, la tête vers le centre, écartées les unes des autres. Leur corps est couvert de verrues ou de tubercules, par lesquels l’insecte, au moment où il craint qu’un danger ne le menace, laisse exhaler une humeur plus ou moins lactescente, d’une odeur acide et vireuse, qui s'évapore lentement, et dont l’animal résorbe les résidus, quand il a lieu de croire sans doute que le péril a cessé.
La plupart se transforment à l’air libre et se fixent par la région postérieure du corps sur les branches ou sous les feuilles. Cependant quelques-unes de ces larves se forment en nymphes sous la terre dans laquelle elles s'enfoncent à peu de profondeur, mais ces nymphes offrent cette particularité, que la peau de la larve se dessèche pour couvrir simplement les membres et le corps qu'elle enveloppe et protége.
Plusieurs espèces, à l’état parfait, surtont celles qui ont les élytres soudés et sans ailes membraneuses, retirent leurs menibres sous le corps, lorsqu'on les saisit et se laissent ainsi précipiter, en cessant tout mouvement. Quelquefois il s'échappe de leurs articulations, surtout de celles des cuisses, des jambes et même du corselet, une humeur colorée et odorante, qui paraît destinée à dégoûter les oiseaux, comme cela a lieu aussi chez la plupart des Coccinelles, ce qui n'empêche pas qu’elles ne deviennent le plus souvent la principale nourriture des Hirondelles errantes.
Ce genre comprend aujourd’hui plus de cent espèces qui
COLÉOPTÈRES TÉTR. PHYTOPHAGES. G. CHRYSOMÈLE. 643
ont été décrites. Nous nous bornerons à indiquer les plus remarquables par les couleurs (1).
1. Chrysomèle ténébrione. Chrysomela tenebricosa. Toute noire, sans ailes et à étuis soudés ; ses antennes et ses pattes sont violettes.
C’est la Chrysomèle à un seul étui de Geoffroy, n° 19. Linné l'avait d’abord regardée comme un Ténébrion. Les mâles sont très-petits, comparativement aux femelles, qui sont les plus volumineuses de ce genre. La larve, grosse, ressemble à celles des Scarabées ; elle est d’une teinte noire, violette ou cuivreuse. On la trouve toujours sur les gazons, principalement sur le caille-lait.
2, Chrysomèle du gramen. C. graminis. Entièrement d’un vert doré brillant, avec des reflets dorés, cuivrés et bleuâtres.
Geoffroy l'avait nommée le grand Vertubleu, n° 10. Cet insecte a été désigné ainsi parce que ses couleurs vert doré sont glacées de bleu comme par bandes. Vus à la loupe, ses élytres sont finement pointillés de petits creux enfoncés, qui en augmentent beaucoup la surface et l'éclat. Quoiqu'il porte le nom du gramen, cet insecte se trouve principalement dans les lieux aquatiques où poussent les menthes et les inules, les marrubes et autres plantes aromatiques.
3. Chrysomèle du peuplier. C. populi. A corselet bleu ; élytres rouges, noirs à leur extrémité.
C’est la grande Chrysomèle rouge à corselet bleu de Geoffroy, n° 1. Tout le dessus du corps est d’un bleu cuivreux; la larve se nourrit des feuilles du peuplier noir, dont elle laisse à nu les nervures.
4. Chrysomèle du tremble. C. tremulæ. Bleue, à élytres testacés sans taches.
5. Chrysomèle polie. C. polita. Rouge, sans taches; les élytres à reflets dorés.
6. Chrysomèle dix-points. C. decempunctata. Rouge, à élytres portant cinq points noirs.
7. Chrysomèle fastueuse. C. fastuosa. C’est-le petit Vertubleu de Geoffroy, n° 12. D'un vert doré, à trois raies bleues.
8. Chrysomèle à limbes. C. limbata et sanguinolenta. Noire, à bords des élytres rouges ou d’un jaune rougeàtre.
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(1) MM. Suffrian et Fairmaire ont donné une monographie des Chrysomèles d'Europe dans les Annales de la Société entomologique de France, 1858, p. 531 à 567; ils y indiquent cent quatre-vingt-dix-sept espèces.