TABLEAU INDICATIF DES ORDRES
AUXQUELS ON PEUT RAPPORTER LA PLUPART DES INSECTES PARFAITS SANS AILES, QUOIQU'ILS NE SOIENT PAS RANGÉS AVEC LES APTÈRES.
INSECTES sANS AILES, ET PARAISSANT APTÈRES.
des élytres : mâchoires sans galettes. ...... 1 Coroprères. sessile avec ou sans élygtres : mâchoires à galeltes. 2 Onrnopréres.
à mächoires, ventre * à cingarticles.......... CES 3 HvyménoprÈres,
pédiculé : tarses à moins de cinqarticles........ 4 NÉvVROPTÈRES.
Boucee ‘
! en bec ou rostre articulé. ..,....,.,,...
5 HémrprÈnes.
6 Diprères.
sans mâchoires, et dans ce cas, |
en langue en spirale ; corps écailleux.... 7 neo |
Ainsi, l'absence des mâchoires, et surtout des mandibules (ce qui est très-rare dans l’ordre des insectes sans ailes, excepté dans les Poux, les Tiques, les Leptes, etc., enfin dans toute la famille des Rhinaptères), le défaut de mâchoires, disons-nous, distingue très-bien plusieurs Hémiptères, comme les Punaises des lits, quelques Réduves, Cochenilles, Puce. rons, etc., tous munis d’un bec articulé; quelques Diptères, comme les Melobosques ou Hippobosques, à un sucoir corné ; enfin quelques Lépidoptères qui, comme les femelles de certains Bombyces, de Teignes et de plusieurs autres espèces du même ordre, sont caractérisés par une langue roulée en spirale dite spiritrompe.
Tous les autres insectes faussement où seulement, en apparence, privés d'ailes, ont certainement des mandibules, et alors leur ventre est immédiatement accolé au corselet; ils n'ont que six pattes, ce qui les distingue de ceux des vrais Aptères qui ont aussi le ventre réuni au tronc. Tels sont, parmi les Coléoptères, les femelles de quelques Lampyres, des Driles, des Cébrions, et de beaucoup d'espèces qui ont des élytres soudés, sous lesquels il n’y a pas d'ailes membraneuses. Tels sont encore, parmi les Orthoptères, quelques Sauterelles, Grillons, Blattes, Mantes; mais ces dernières ont toujours les mâchoires garnies d’une galette, appendice particulier et propre à cet ordre. Enfin, parmi les faux Aptères à ventre pédiculé, et qui n'ont que six pattes, on distingue les Fourmis, les Mutilles, les Ichneumons par la forme de leur bouche et leurs cinq articles aux tarses, et enfin quelques Névroptères, tels que les Psoques, les Termites, dont les tarses n’ont que deux ou trois articles.
En prenant à part ce premier ordre des insectes Coréor-
TÈRES, il suffit de faire attention au nombre des articles qui entrent dans la composition des tarses antérieur et postérieur pour séparer avec facilité cet ordre entier en quatre sous-divisions désignées seulement, pour aider la classification, par des noms qui indiquent le nombre de leurs articles. Viennent d’abord ceux qui offrent un tarse composé de cinq petites pièces, et que nous avons, par cela même, désignés sous le nom de Pentamérés. Ce sont ceux que nous allons d’abord étudier. Ils peuvent être partagés en deux fa-
milles distinctes, pour la plupart, par les mœurs, mais qu'il.
convient mieux de caractériser par quelques détails de conformation faciles à constater. Ainsi l'observateur peut reconnaître que les ailes supérieures ou les élytres sont généralement coriaces et forment de véritables gaînes solides, tandis que dans l’un des groupes que nous placons numériquement à la fin de cette sorte de cohorte, la mollesse ou la flexibilité des élytres devient propre à caractériser cette famille que nous désignons comme celle des APALYTRES ou Mollipennes. Dans les neuf autres familles dont les élytres sont comparativement plus durs et plus résistants, on peut isoler un groupe dont les étuis des ailes sont très-courts et ne couvrent guère que le tiers de la longueur du ventre : nous les avons appelés des Brévipennes ou BRACHÉLYTRES. Dans toutes les autres familles de ce sous-ordre des Pentamérés, les élytres sont cornés, durs, solides, et ils recouvrent, en même temps que les ailes membraneuses, presque toute l'étendue du ventre du côté du dos. Maintenant que cette séparation est établie, il faut faire attention à la forme des antennes, qui sont toujours très-remarquables dans l’ordre entier des Coléoptères. Quatre des familles ont pu être
distinguées par l'observation de ces organes. En effet, ces cornes sont ici plus grosses et plus dilatées dans certaines régions de leur étendue. Tantôt elles éprouvent à leur extremité libre ou sur leur longueur une sorte de dilatation ou un renflement notable; tandis que dans les trois autres familles ces antennes ne sont pas renflées. Alors, dans une réunion de quelques-uns de ces genres on remarque que ces cornes conservent le même diamètre ou la même grosseur comme un fil régulier dans toute l'étendue de la tige principale ; tantôt les antennes se terminent en soie où par un bout plus amine.
Dans les quatre familles dont les antennes vont en grossissant et se terminent par une partie élargie; il est facile de constater que cette extrémité de l’antenne forme, tantôt une masse feuilletée d’un seul côté, comparée à une dentelure de scie, comme dans la famille des Priocères ou Serricornes, et que tantôt ce capitule est divisé en lamelles réunies ainsi que les feuillets d’un livre, ce qui a fait nommer cette famille celle des Pétalocères où Lamellicornes. Quand cette portion plus grosse de l'antenne est globuleuse et comme 1isolée, arrondie et solide, les genres réunis en famille ont recu le nom de Sréréocères ou Solidicornes. Enfin, si ee bout plus gros de l’antenne va en diminuant du côté de sa base ou de son insertion sur la tête et semble formé d'articles qui seraient transpercés par la tige centrale, comme il prend ainsi la figure d’un clou, cette famille a recu le nom d'HÉrOCÈREs ou de Clavicornes.
Il reste donc dans ce sous-ordre de Coléoptères pentamérés trois familles dont les antennes sont en soie ou en fil et non plus grosses dans certaines régions de leur étendue. Elles se
distinguent aisément d’après la forme générale de leur corps qui tantôt est très-allongé, linéaire, arrondi, et généralement très-couvert du côté du dos. Ce sont des insectes qui vivent dans les substances ligneuses qu'ils rongent, et c’est à cause de cela qu’on a pu les nommer TÉRÉDyYLEs ou Perce-bois. Chez les autres, le corps est déprimé, large, et on peut faire la remarque que, dans un certain nombre de genres, les antennes dont la tige est à peu près de même grosseur offrent cependant des articles comme dentelés. Mais c’est surtout par la forme du corselet qu’ils se font distinguer, car cette région porte du côté du doset surtout dela poitrine des pointes ou des avances cornées, cequi leur a fait donner le nom de SrERNOxES ou Thoraciques. Les autres Coléoptères pentamérés ont les antennes en soie ou dont l'extrémité libre est beaucoup plus grêle que la base. Quoique ces insectes soient tous carnassiers, ils différent beaucoup par la forme des pattes qui sont en rapport avec leur manière de vivre. Les uns sont terrestres et leurs membres sont propres à la marche et, comme on le dit, ambulatoires : ce sont les CRÉOPHAGES ou Carnassiers proprement dits; les autres sont aquatiques ou vivent habituellement dans l’eau, et leurs membres aplatis, élargis par la présence de poils roides, sont disposés et agissent comme des rames destinées au nager, et ils ont été inscrits sous un nom qui désigne cette conformation : ce sont les NEcToPpoDnEs ou Rémitarses.
Telle est l'analyse indicative des huit familles, dans lesquelles se trouvent distribués tous les genres de Coléoptères dont les tarses sont composés de cinq articles. Le tableau synoptique qui représente l’analyse de cette division des Pentamérés a été placé à la page 248.
Le deuxième sous-ordre des Coléoptères qui n'ont pas le même nombre d'articles aux tarses de derrière qu’à ceux de devant, et qui ont reçu, à cause de cela, le nom d'HÉTÉROMÉRÉS, se trouve aussi partagé en familles, mais au nombre de six seulement.
D'abord, d’après la consistance que présentent les élytres dans l’une des familles, ces ailes supérieures sont molles et flexibles, et, à cause de cela, on l’a séparée des autres; et comme la plupart des genres qu'elle réunit ont la propriété de faire élever des vésicules quand on les applique comme médicament sur la peau des animaux vivants, on leur à donné le nom d’Épispasriques ou de Vésicants.
Dans les cinq autres familles de ce même sous-ordre, en examinant et en comparant la forme des antennes, il a été facile de ranger les genres en deux divisions; car dans l’une, ces antennes, ayant l'apparence d’un fil, sont partagées par petits articles anguleux, et ceux qui offrent cette particularité forment une famille nommée celle des Sylvicoles ou Or- NÉPHILES, parce qu'ils vivent le plus souvent dans les forêts, ceux-là ont les élytres allongés à peu près de la même largeur à leur base qu’à leur extrémité libre, tandis que ces étuis dans les SrévoprÈREs où angustipennes, sont rétrécis vers leur pointe.
Dans les trois autres familles des Hétéromérés, les antennes sont composées d'articles grenus, arrondis, dits en chapelet. Mais la disposition des élytres a fourni un moyen commode de les distribuer en trois sections. Dans l’une d'elles les étuis des ailes sont soudés entre eux ; ils enveloppent le corps, et le plus souvent il n’y a pas d’ailes membraneuses. Comme ces insectes fuient la lumière, on leur a donné le nom de
PaoropxyGes ou de Lucifuges. Dans les deux autres coupes de cette division, les élytres ne sont pas soudés entre eux, et il y a des ailes membraneuses ; leurs antennes varient un peu; dans plusieurs genres, elles se terminent en une masse un peu allongée, et comme leurs espèces aiment aussi les lieux obseurs, on les a nommées LyGopuices ou Ténébricoles. Enfin, dans une dernière famille, la petite masse des antennes est arrondie, et, parce qu'on trouve le plus souvent ces Coléoptères dans les champignons, on les a appelés des Fongivores où MYcÉTOBIES.
Le tableau analytique ou le résumé de ce sous-ordre des Hétéromérés est inséré à la page 255.
Le troisième sous-ordre des Coléoptères comprend ceux qui n'ont que quatre articles à tous leurs tarses, et qu'on désigne comme TÉTRAMÉRÉS; 1l est divisé en cinq familles, auxquelles on a dù joindre un genre anomal et particulier.
C'est d’après l'insertion particulière de la base des antennes, qu'il est devenu facile de partager ce sous-ordre. En effet, dans l’une des familles, celle que nous avons nommée les RninocÈres ou Rostricornes, c’est sur un prolongement bizarre du front, au bout duquel se trouve portée la bouche, que les antennes se trouvent articulées, et c'est une particularité très-caractéristique, car on ne la retrouve dans aucun des genres dont tous les tarses ne sont composés que de quatre articles.
Alors, tantôt les antennes forment à leur extrémité une masse plus ou moins allongée, et ceux des insectes qui présentent cette disposition peuvent être réunis en deux sections, suivant que leur corps est aplati, ce qui les a fait nommer Planiformes ou OuaLoïpes, ou bien quand le corps
est arrondi, allongé, roulé en cylindre; ils prennent le nom de Cyznproipes ou Rotondiformes.
Dans les deux autres familles du même sous-ordre, les antennes ne sont point terminées par des articles plus gros que les autres, et tantôt elles sont plus grêles à leur extrémité libre, allant en diminuant considérablement de la base à la pointe, et ces organes prennent ordinairement beaucoup de longueur ; comme tous ces insectes vivent dans l’intérieur des matières ligneuses, on les a nommés des Lignivores ou XyLopHaGes. Tous ceux qui ont les antennes à peu près de même grosseur, le plus souvent avec des articles arrondis, se nourrissent essentiellement de feuilles de végétaux ; ils ont été appelés des Herbivores ou PayropxaGEs.
On a dû rapporter à cette division des Tétramérés un senre qui s’en éloigne sous beaucoup d’autres rapports, mais dont les articles des antennes, étant très-aplatis et allongés, n'ont pas permis de le ranger dans aucune de ces quatre familles.
Le tableau qui résume cette analyse se trouve à la page 257. En résumé, le premier ordre de la classe des Insectes se trouve partagé en quatre sous-ordres, d’après le nombre des articles dont se composent leurs tarses et la disposition de ces articles.
Le premier sous-ordre est celui des Pentamérés, il se subdivise en dix familles, dont chacune réunit plusieurs genres. Voici la série suivant laquelle leur histoire se trouvera exposée sous ces noms divers: n°” 1 Créophages, 2 Nectopodes , 3 Brachélytres, 4 Pétalocères, 5 Priocères, 6 Hélocères, 7 Stérévcères, 8 Sternoxes, 9 Térédyles, 10 Apalytres.
Le second sous-ordre, celui des Hétéromérés, comprend six familles dans la série continuée: n% r1 les Épispastiques, 12 les Sténoptères, 13 les Ornéphiles, 14 les Lygoplules, 15 les Mycétobies, 16 les Photophyges.
Voici de mème l’énumération des cinq familles qui comcomposent le troisième sous-ordre ou les Coléoptères tétramérés : n® 17les ARhinocères, 18 les Cylindroïdes, 19 les Omaloides, 20 les Xylophages, 21 les Phytophages.
Le dernier sous-ordre des Coléoptères comprend, comme nous l'avons dit, tous ceux dont les tarses sont composés d'un nombre d'articles moindre que ceux des trois autres sous-ordres ; voilà pourquoi nous l'avons inscrit sous le n° 22 et désigné sous les noms de Paucitarses ou OriGomé- RÉS, C'est-à-dire, partagés en petit nombre, de trois, de deux ou même d’un seul article. Ce sous-ordre devenant tout à la fois une seule famille, dont nous faisons connaître les genres dans un tableau synoptique inséré page 260, nous n'en présenterons pas ici l’analyse.
L'ordre second de la classe des Insectes, celui des OrTHo- PTÈRES, Comprend seulement quatre familles qu'il est facile de soumettre à l'analyse par l'observation, d’abord en ce que l'une d’elles rapproche tous les genres dont les membres postérieurs sont beaucoup plus longs que les autres, ce qui rend évidemment ces insectes propres au saut: ils ressemblent tous à nos sauterelles : aussi a-t-on nommé cette famille celle des GrirLoïipes ou Grilliformes.
Dans les trois autres familles, les cuisses postérieures ne sont pas renflées: alors le nombre d’articles dont le tarse est formé peut servir à caractériser de suite l’un des groupes dans lequel on n’en compte que trois, et ces insectes sont
surtout remarquables parce que leur ventre se termine par deux crochets qui représentent une paire de tenailles : aussi les a-t-on appelés Forficules où LABIDOURES.
Les deux familles qui suivent dans le même ordre n’ont pas les membres postérieurs plus allongés que les autres; leurs tarses ont constamment cinq articles. Au premier aspect on les sépare en deux groupes par la simple remarque de la forme ou de la largeur du corselet, qui dans les Blattes ou OmaLorones, est excessivement déprimé, offrant surtout un aplatissement notable de toutes les pattes, et du thorax beaucoup plus large que long. On a pu ranger dans une famille distincte ceux du même groupe qui ont leur thorax très-bizarrement étendu en longueur, et beaucoup d’autres particularités singulières dans la structure du corps et des membres : aussi leur a-t-on donné le nom de Difformes ou d'ANOMIDES.
Le grand tableau synoptique inséré en regard de la page 221 donne le résumé de cette analyse qui comprend dans l'ordre suivant les quatre familles : n° 23 les Labidoures , 24 les Omalopodes, 25 les Anomides, 26 les Grilloïdes.
Le troisième ordre de cette classe, sous le nom de Névror- TÈRES, réunit trois familles bien distinctes, dont l’uneest remarquable par le peu de développement des parties de la bouche : on n'y peut guère constater que l'existence des palpes et une très-petite ouverture; aussi l’a-t-on désignée sous le nom de Bucellés, ou, à cause du défaut de mâchoires, la famille des Acnarnes. Dans les deux autres familles, qui ont les mâchoires et surtout les mandibules très-apparentes, on peut observer, dans tous les individus, que tout l’appareil buccal est recouvert par la lèvre inférieure qui le cache
comme le ferait un masque, quoique les mandibules soient très-fortes et garnies de dentelures et de pointes, particularité qui les a fait nommer OponaTes; et comme toutes les espèces ont les ailes larges et étendues dans le repos, on les a appelés aussi des Libelles; enfin, lorsque ces ailes, au contraire, sont, dans l’inaction, toujours couchées sur le tronc auquel elles offrent ainsi un toit protecteur incliné; on les a nommés Tectipennes ou STÉGOPTÈRES.
Cette analyse, comme on le voit, est très-simple; elle a été déjà insérée dans les généralités de cet ordre : c'est là que se trouvent inscrites les trois familles de cet ordre sous les n® 27 les Odonates, 28 les Stégopteres et 29 les Agnathes.
Vient ensuite le quatrième ordre, celui des HYMÉNOPrÈREs dans lequel on a pu établir neuf familles, d’après le procédé analytique que nous allons exposer.
On peut d’abord reconnaître une particularité qui paraît peu importante au premier énoncé: c'est qu’un certain nombre d'espèces peuvent être, au premier aperçu, réunies en genres très-naturels par leur mode de développement et leur manière de vivre ; c’est que leur abdomen est uni au corselet ou accolé à la poitrine, ce qu'on désigne comme un ventre sessile, particularité opposée à ce qui existe dans tous les autres Hyménoptères chez lesquels l'abdomen est joint à la poitrine par un étranglement très-marqué qui porte le nom de pédicule. Comme toutes les femelles des genres compris dans cette famille ont le ventre garni d’une sorte de pondoir dont certaines parties font l'effet d’une scie, on les nomme des UroprisTEes ou Serricaudes.
Tous les autres Hyménoptères offrant un rétrécissement très-marqué dans la région du ventre qui s’unit à la poitrine,
peuvent être séparésen groupes distincts: d’abord en ce que les uns, comme les Abeilles, ont les mächoires inférieures réunies avec la lèvre inférieure pour former une sorte de langue allongeable mais droite, en même temps qu'on peut remarquer que leur ventre n’est joint au corselet que par un pédicule mou, flexible, très-court; on a donné à cette famille qui comprend les Bourdons le nom de MELLiITEs ou Apiaires parce qu’elles font le miel.
Les autres genres n’offrent pas l'allongement particulier de ces parties de la bouche; parmi eux il en est quelques-uns dont les segments du ventre sont concaves en dessous, de sorte que la totalité du tronc peut se rouler en boule; on les a nommés SYsTROGASTRES, Ce sont ceux qu'on désigne aussi comme Chrysides.
Chez les Hyménoptères dont le ventre est formé d'articles arrondis et le plus ordinairement de forme conique, l’un des groupes qui comprend les Guëpes est remarquable parce que les ailes supérieures sont doublées ou pliées en long dans le repos; c’est à cause de cela qu'on les nomme Duplipennes ou PTÉRODIPLES.
Les genres qui n’offrent pas cette particularité des ailes peuvent être séparés les uns des autres, parce qu'il en est dont les antennes se trouvent comme articulées, brisées ou coudées sur leur longueur, quoique leur diamètre reste à peu près le même; ce sont les insectes voisins des Fourmis qu'on nomme les MyrméGes ou Formicaires.
Dans les familles qui suivent, les antennes ne sont ni brisées ni filiformes, et le nombre de leurs articles varie ainsi : on n’en compte que treize au plus dans les ANTHOPHILES ou Floriléges, qui ont le ventre conique et arrondi; tandis que
cet abdomen est comprimé dans les Cryptolarves ou NéocrypTes, tels sont les Diplolèpes.
Il y a plus de treize pièces articulées formant les antennes dans les deux autres familles, car dans les ORYGTÈRES ou Fouisseurs on en compte de quatorze à dix-sept dans les Insectirodes ou ÉNTOMOTILLES, comme les Ichneumons.
Voilà l’ordre dans lequel l'analyse disposerait ces insectes, comme on le voit sur le tableau inséré dans les généralités des Hyménoptères; mais la série naturelle est celle-ci, suivant laquelle leur histoire est exposée: n° 28 HMellites, 29 Ptérodiples, 30 Systrogastres, 31 Anthophiles, 32 Entomotilles, 33 Myrméges, 34 Orryctères, 35 Néocryptes, 36 Uropristes.
L'ordre des HÉMIPTÈRES a été divisé en six familles naturelles : d’abord, parce que, malgré le nom général sous lequel on les désigne, tous les genres n’ont pas des demi-élytres, car leur véritable caractère distinctif consiste essentiellement dans la conformation de la bouche, qui est un véritable bec articulé n'étant jamais accompagné de palpes.
En examinant la nature des ailes supérieures, il faut d’abord rapprocher les deux familles, dont les quatre ailes sont d'égale consistance et ne sont pas croisées ; tantôt alors les articles des tarses suffisent pour partager cette première division des genres, car les espèces dont le bec paraît naître du cou n'ont que trois articles, on les a nommés Collirostres ou AUCHÉNORHINQUES; les autres n’ont que deux articles ou tarses, tels sont les Pucerons et quelques genres voisins qu'on anommés PHYTADELGEs ou Plantisuges.
Dans les quatre autres familles les ailes supérieures chevauchent l’une sur l’autre; on dit alors qu’elles sont croi-
sées. Dans l’une des familles, qui ne comprend qu'un seul genre, ces ailes sont étroites et presque linéaires, et les pattes sant garnies de petites ventouses ou de tubercules mous comme de petites vessies, dont ils ont emprunté le nom de Vessitarses ou PHYsAPODESs.
Dans les autres familles les ailes sont croisées et le plus souvent de consistance inégale, mais toujours assez larges relativement à leur longueur. Il y a cette grande différence que dans l’une des familles dont les pattes sont aplaties et servent de rames pour nager, les antennes sont très-courtes et représentées par une sorte de poil pointu : on les a nommées Punaises d’eau ; ce sont les HyprocorÉEs, ou Remitarses.
Les genres dont les antennes sont comparativement longues sont faciles à séparer, parce que dans les uns ces organes se terminent en soie ou sont plus grèles à leur extrémité libre; ce sont les espèces qui sucent de préférence les animaux : on les nomme Sanguisuges où ZoADELGEs. Les autres ont les antennes autrement conformées, car elles sont de même largeur dans toute leur étendue, c’est-à-dire en fil; ou bien elles sont en masse, terminées par quelques articles plus dilatés, et alors, comme leur bec paraît être un prolongement du front, on les désigne comme RHINOSTOMESs où Frontirostres.
Tel est l’ordre dans lequel l'analyse place ces familles ; mais elles se trouvent, suivant la série naturelle, distribuées de la manière suivante : sous les n® 37 les Rhinostomes, 38 les Zoadelges, 39 les Hydrocorées, 4o les Physapodes, 41 les Auchénorhinques, et 42 les Phytadelges.
Le sixième ordre, celui des Lépidoptères, qui comprend un nombre immense d'insectes, parce que la plupart, par la
variété et l'éclat de leurs ailes, ont attiré plus particulièrement les recherches et les observations des naturalistes , et surtout des amateurs , ne s’est pas prêté à un grand nombre de familles; elles sont même réduites à quatre principales par la voie de l'analyse, et cet ordre est devenu le plus difficile à étudier par le grand nombre de genres qu’on y a successivement établis sans les comparer entre eux.
Voici la classification que nous avons proposée, et dans laquelle nous plaçons les quatre familles :
Deux d’entre elles ont leurs antennes renflées, ou plus srosses dans une portion de leur longueur. Ce sont d’abord les Papillons qui volent pendant le jour, qu'on a nommés Diurnes, dont l'extrémité de l’antenne forme une petite masse plus ou moins globuleuse. Nous les désignons sous le nom de Globulicornes ou de RoPpALOCÈRES.
Dans une seconde famille, qui comprend les Papillons dits Crepusculaires, parce qu'ils préfèrent ordinairement la chute du jour pour prendre leur vol, les antennes sont plus développées dans la partie moyenne et plus grèles à leurs deux extrémités, ce qui leur donne quelquefois la forme d'un fuseau. On les a ainsi désignés comme des Fusicornes, ou par le nom correspondant de CLOSTÉROCÈRES.
Les deux autres grandes familles n’ont pas les antennes renflées ; elles comprennent un nombre immense d’espèces, dont la plupart sont décrites et figurées dans beaucoup d'ouvrages spéciaux.
Quand les antennes sont à peu près en fil ou de même grosseur, au moins dans leur tige centrale, quoique leurs articles soient souvent dilatés d’un côté, ces organes paraissent divisés comme des peignes, et quelquefois même comme
des plumes. Dans ces différents cas, ces Lépidoptères sont réunis en une famille qu'on a nommée les Filicornes ou les NÉMATOCÈRES.
Dans une autre famille, ces antennes, souvent très-longues, se terminent par une portion fort amincie, comme une soie de certains mammifères , tel qu’un poil de sanglier, ce qui les a fait nommer Séticornes ou CHÉTOCÈRES.
L'analyse très-abrégée que nous venons de rappeler indique l'ordre dans lequel se trouvent rangées ces quatre familles : n® 45 les Ropalocères, 46 les Clostérocères, 47 les Nématocères, et 48 les Chétocères.
Le septième ordre, celui qui comprend les insectes n'ayant que deux ailes, a été facile à subdiviser en familles; les genres, que plusieurs auteurs ont multipliés à l'infini, sont malheureusement devenus pour l'étude un sujet excessivement difficile, parce qu'ils n’ont jamais été mis en comparaison entre eux , et que le nombre de leurs espèces est immense.
L'une des coupes les plus heureuses est celle qui a été fournie par l’organisation, et jusqu’à un certain point par la présence de la bouche, car il est une famille dont les espèces ne prennent presque aucun aliment, lorsqu'elles ont terminé leur transformation, car alors elles n’ont plus d’organe propre à pomper ou à saisir leur nourriture; d’après cette partieularité, nous avons cru devoir les nommer Asromes. Ces diptères correspondent au genre OEstre, que l’on a subdivisé en plusieurs sous-genres.
Dans les quatre autres familles, la bouche existe; mais elle est diversement organisée : ainsi, chez plusieurs on voit un prolongement corné du front, formant une sorte de museau plat, accompagné de palpes plus ou moins saillants :
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c'est ce que l’on reconnaît dans les diptères aquatiques, tels que les Tipules ou plusieurs autres genres, que nous avons nommés les Bec-mouches ou Hypromyes.
Chez d’autres, le bec forme un suçoir avancé, garni le plus souvent de pointes intérieures destinées à piquer les végétaux ou les animaux. Nous les avons appelés, à cause de cela, les Haustellés ou ScLÉROSTOMES.
Viennent ensuite les Diptères dont la bouche consiste en une trompe charnue contractile qui ne fait saillie au dehors que lorsque l'insecte a besoin de l'employer. Ces insectes sont rapportés à deux groupes distincts. Lorsque les antennes ont sur le côté un poil isolé, simple ou plumeux, nous les avons appelé des CHérocoxEs ou Latérasètes. Quand il n’y a pas de poil d’une forme bien distincte et que l’antenne paraît simple, la famille qui réunit ces insectes à deux ailes porte le nom de Simplicicornes ou APLOGÈRES.
Voici l’énumération des cinq familles de l’ordre des Diptères : n° 49 les Sclérostomes, 5o les Aploceres, 51 les Chétoloxes, 52 les Æstomes, 53 les Hydromryes.
Pour terminer l’exposé de cette classification, nous devons faire connaître les divisions établies dans le huitième ordre de la classe des insectes Aptères, qui ne prennent jamais d'ailes et qui sont distribués en quatre familles. Dans l’une sont comprises toutes les espèces qui ont un suçoir ou un bec corné. Cet organe ne pouvant servir qu’à faire absorber des liquides, ces insectes suceurs sont dits parasites ou Rui- NAPTÈRES. Tous les autres ont des mâchoires, mais tantôt leurs membres ou leurs pattes articulées sont en grand nombre comme dans les Millepieds dits MyriaPoDes; tantôt les pattes, au nombre de six seulement, s’observent dans les espèces
dont les antennes sont très-longues et en soie ; cette famille est celle des Séticaudes ou des Némoures, parce que l’extrémité de leur ventre est prolongé par des soies ; tandis que dans les Ricins ou Orniraomyzes, les antennes sont trèscourtes , et l’abdomen n’a pas de prolongements.
Tels sont donc le partage et les désignations des quatre familles de ce dernier ordre : n® 54 les Vémoures, 55 les Rhinaptères, 56 les Ornithomyzes, 57 les Myriapodes.