‹ Entomologie analytiqueChapitre 38 sur 204 · GENRE CYCHRE. CYCHRUS. (Fabricius · texte numérisé non relu

GENRE CYCHRE. CYCHRUS. (Fabricius

CARACTÈRES : Æ/ntennes sétacées de la moitié de la longueur du corps; corselet aussi large que les élytres, arrondi en cœur ou ovalaire ; téte allongée prolongée en une sorte de museau produit par le prolongement des palpes dont le dernier article est aplati en rondache.

Le nom de Cychrus est évidemment tiré du grec xvypeic; mais ce terme, qui signifie qu'on peut employer, est tout à fait insignifiant, car il indiquait un poisson mangeable.

Les divers caractères indiqués suffisent

pour distinguer au premier apercu ce genre de tous ceux qui appartiennent à la même famille. En effet, les Cicindélètes ont le corselet beancoup moins large que les élytres ; ils diffèrent aussi de tous les Carabiques dont la tête est engagée dans le prothorax, tels que les Scarites, les Notiophiles, les Clivines et les Omophrons ; et parmi les genres dont la tête rétrécie est dégagée, comme les Anthies, les Tachypes et les Brachyns ; et tantôt le corselet est accolé aux élytres et presque carré, dans les Carabes. Les Calosomes seuls ont, comme les Cychres, le corselet arrondi, mais leur bouche n’est pas prolongée en une sorte de museau plat.

Outre les caractères comparés que nous venons d’énumérer, on reconnait les Cychres en ce qu'ils n'ont pas d’ailes et que leurs élytres sont soudés entre eux, pour embrasser

l'abdomen, et que leurs pattes antérieures n’ont pas d'échancrure au tibia.

Les Cychres sont en général de couleur foncée, noire, ou d’une teinte bronzée. Ils se rencontrent le plus ordinairement dans les forêts obscures, sous la mousse et sous les troncs des arbres abattus; ils produisent un petit bruit lorsqu'on les saisit, en faisant frotter l'extrémité de leur abdomen sur le bout de leurs élytres, qui deviennent sonores. On en a décrit une vingtaine d’espèces.

Nous avons trouvé deux espèces de ce genre aux environs de Paris. L'une est nommée :

1. Cychre à museau. Cychrus rostratus. I est noir, avec une teinte cuivreuse; son corselet chagriné porte un sillon longitudinal; les élytres sont aussi chagrinés, avec une ligne saillante sur leur bord externe. — De Geer, t. IV, pl. xxx, n° 13.

2. Cychre aminci. C. attenuatus. Les élytres ont une teinte cuivreuse, avec des points saillants disposés en lignes longitudinales au nombre de trois; les pattes sont roussâtres.

Nous l’avons trouvé dans la forêt de Lucheux, près de Doullens (Somme). Nous l’avions fait figurer sous le n° 2 des Créophages dans nos considérations générales.

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COLÉOPTÈRES PENTAMÉRÉS CRÉOPHAGES. 269 3. Gewre TACHYPE. T'ACHYPUS. (Weber.)

CaracTÈères : Coléoptères pentamérés à élytres durs, couvrant le ventre, sans ailes membraneuses ; à antennes en soie; corps large, convexe; corselet aussi large que les

élytres ; à téte dégagée ; pattes antérieures à jambes non

échancrées.

Ce nom, emprunté du grec zayÿ, qui correspond au mot latin celer, prompt à la course, et de roi, patte, n’a pas été adopté par tous les auteurs ; la plupart lui ont conservé celui de Carabe, donné par Linné. Nous avons indiqué dans les géné-

ralités relatives aux Créophages, les sépa- ” rations opérées pour faire distinguer entre eux les genres en très-grand nombre qui se rapportent à cette famille ; mais, d'après la nomenclature et le système de classification que nous avons adoptés, nous avons cru nécessaire d'établir cette distinction. Nous aurions préféré la dénomination primitive. Nous ferons mieux connaître, en traitant du genre Carabe, toute la difficulté que présente cette synonymie. Îl suffira de rappeler ici que les Tachypes reunissent les plus grandes espèces de Carabes ou des Buprestes de notre pays, décrites sous ce dernier nom par Geoffroy.

Voici comment, par l'analyse, on peut distinguer ce genre de tous ceux que nous trouvons inscrits dans cette famille. D'abord des espèces que l’on a rapprochées des Cicindèles, parce que chez ces dernières le corselet est plus étroit que les

elytres; viennent ensuite les genres dont les espèces ont la tête engagée dans le corselet, qui reste à peu près de la larseur des élytres, comme dans les Scarites, les Clivines, les Omophrons et les Notiophiles. Nous trouvons encore, parmi les espèces dont la tête est engagée dans le prothorax, les Carabes dont le corselet est carré, plat, égal et accolé aux elytres ; puis les Cychres et les Calosomes, chez lesquels cette région du tronc est arrondie et presque orbiculaire, Viennent enfin les espèces dont le corselet est rétréci en arrière; mais chez les unes les ailes membraneuses sont protégées par des élytres courts, ce sont les Brachyns; d’autres n'ont pas d'ailes membraneuses, leurs élytres sont soudés, et ce sont celles-là qu'on a nommées des Anthies, dont les jambes antérieures sont échancrées, et qui diffèrent en cela de nos Tachypes, qui les ont sans échancrures, ou entières, comme on le dit dans les descriptions.

D'ailleurs les mœurs des Tachypes sont absolument les mêmes que celles de tous les Créophages, telles que nous les avons fait connaître dans les généralités qui précèdent. Nous allons décrire ici les principales espèces du genre Tachype, celles qui se trouvent aux environs de Paris, et qu’on pourrait rapporter à cette division, car les Tachypes qui sont aujourd'hui renfermées dans les grandes collections dépassent le nombre de cent cinquante.

1. Tachype doré. Tachypus auratus. Il a le corps ovalaire, d’un vert doré et cuivré en dessus; ses élytres offrent trois côtes ou lignes élevées avec des sillons lisses entre elles ; la base des antennes et les pattes sont d'une teinte rousse. C'est le Bupreste doré et sillonné à larges bandes de Geoffroy, t. I, pl. x1, fig. 5, pet q.

Cette espèce se trouve communément dans les allées des jardins; elle y court rapidement pour y chercher les vers de terre, les larves, les che-

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LA nilles et autres insectes, qu’elle dévore vivants; on la nomme vulgairement sergent, jardinier et vinaigrier, parce qu’elle porte une odeur acide.

Tachype d’or brillant. T. auro-nitens. Corps allongé, ovale; corselet en cœur, d’un vert cuivreux ; élytres verts, convexes, à trois crêtes longitudinales noires, à sillons chagrinés dorés ; le dessous du corps est noir.

Cette espèce, qui se trouve dans les forêts, est rare aux environs de Paris; mais on l’y envoie des départements, car on la recherche dans les collections en raison de sa belle couleur dorée.

3. Tachype brillant. T. nitens. Cette espèce, dont le corps ressemble à ceux des deux espèces précédentes, est d’un rouge cuivreux en dessus: les élytres sont verts, bordés d’or, avec trois lignes élevées noires et des sillons grésillés d’or brillant ; les antennes et les pattes sont noires.

J'ai trouvé cette belle espèce sur les sables et dans les dunes du Marquenterre et de Dunkerque.

Tachype jasseroné. T. catenulatus. D'un noir bleuâtre en dessus, bords du corselet et des élytres d’un rouge violet; élytres crénelés, striés, à sillons interrompus par des points successivement enfoncés et élevés formant trois rangées. C’est le Bupreste azuré de Geoffroy, t. 1, p. 144.

>. Tachype enchaîné. T. catenatus. Noir, à reflets bleus en dessus; bords des élytres et du corselet d’un violet rougeàtre ; élytres à côtes interrompues par des sillons marqués de points élevés.

Ce Coléoptère ressemble beaucoup au précédent ; on le trouve dans les bois, sous les mousses.

6. Tachype à chapelets. T. monilis. Corps noir, d’un vert cuivreux ou violet: élytres à lignes élevées, dont les sillons sont garnis de points enfoncés et saillants, distribués sur trois rangs.

Cette espèce n’est pas rare aux environs de Paris. Geoffroy la nomme

Bupreste galonné, inscrit sous le n° 5.

Tachype des champs. T. arvensis. Corps de couleur variable ; élytres striés,

* à lignes presque effacées, mais présentant aussi trois rangées de points élevés.

S. Tachype jardinier. T. hortensis. Wun vert cuivreux en dessus; borüs du

corselet et des élytres d’un violet foncé ou bronzé, comme grésillés ou ru-

gueux, à trois rangs de points enfoncés.

9. Tachype coriace. T. coriaceus. Noir; à élytres rendus rugueux par des points enfoncés, irréguliers, comme chagrinés. Cest le Bupreste noir chagriné de Geoffroy, et lune des plus grandes espèces des environs de Paris. On le trouve, comme les Ténébrions, dans les amas de plantes qui se pourrissent, mais qui ne sont pas trop humides. Bonelli en a fait un genre

sous lé nom de Procustes.

D’autres espèces, qui se trouvent aux environs de Paris, sont Le violet, le

pourpré, le convexe et plusieurs autres.

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