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Genre CALOSOME. CALOSOM4. (Weber

CaRACTÈRES.— Coléoptères pentamérés, à ailes membraneuses et élytres garnis à la base d’un écusson au-dessus de suture : corselet circulaire déprimé ; abdomen large presque carré ;

Jambes antérieures non echancrées.

Ce nom est tiré de deux mots grecs xæX06, signifiant beau, et coux, COTPS, la couleur des élytres dans plusieurs espèces de ce genre étant en effet très-brillante.

Les Calosomes ont le corselet arron-

A v£ | di, aplati et dilaté, à peu près de la % même largeur que leurs élytres, mar-

qués de stries profondes sur la longueur. On voit dans leurs sillons de petites saillies qui reflètent un brillant ou un elinquant métallique doré. Cette note suflit pour les faire distinouer, d'abord de tous les Cicindélètes, dont le corselet est plus étroit que la tête. Puis les Calosomes n'ont pas la tête engagée dans le corselet, comme les Omophrons, les Notiophiles et les Scarites, et les bords du corselet sont arrondis, et non carrés ou en cœur, comme chez les Carabes, les Brachyns, les Anthies et les Tachypes. Leur abdomen est presque carré; cependant, dans les femelles, son extrémité dépasse le bout

des élytres. Enfin, leur tête n’est pas autant prolongée par la bouche située au bout d'un museau, qu'on l’observe dans les Cychres, et les palpes extérieurs sont aussi moins dilatés vers les derniers articles. On reconnaît les mâles par la forme arquée de leurs jambes antérieures.

On compte aujourd’hui près de soixante espèces dans ce genre; la plupart sont étrangères; trois cependant sont bien connues en France. Nous allons en parler ici.

1. Calosome sycophante. Calosoma sycophanta. Corps d’un noir violet ou bleu d’acier ; élytres striés, verts, brillants et dorés. C’est le Bupreste carré, couleur d'or, de Geoffroy, t. I, p. 144.

La larve de cet insecte, qui a les plus grands rapports de forme avec celles des Carabes, se nourrit principalement des chenilles qui vivent en société sous des tentes comme celles du Bombyce processionnaire, parmi lesquelles on a souvent occasion de l’observer. L’insecte parfait se nourrissant aussi de chenilles et grimpant sur les branches, c’est en les secouant qu’on l’obtient. Il vole mal et à courte distance, tombant comme en parachute, les ailes étendues; lorsqu'on le saisit, il vomit ou exhale une odeur acide, mais désagréable.

Ces insectes sont très-voraces, et, comme ils détruisent beaucoup de chenilles, ils sont véritablement fort utiles dans les forêts en attaquant les races des espèces qui vivent en familles nombreuses sur les pins et les chênes.

2, Calosome inquisiteur. C. inquisilor. Le corps est entièrement cuivreux ; ses élytres sont striés, avec trois rangées de points enfoncés. C’est le Bupreste carré, couleur de bronze antique, de Geoffroy, NE p. 145, n° 5. On le trouve assez communément l’été; ses mœurs sont celles du précédent.

3. Calosome réticulé. C. reticulatum. Il est noir, mais ses élytres sont d'un vert doré, comme réticulés ; les bords de son corselet sont verdâtres.

On a trouvé cette espèce dans les terrains aquatiques, sur les bords des ruisseaux à cours très-lents, plantés de saules ; elle paraît attaquer particulièrement les chenilles qui vivent sur les arbres, telles que celle du Bombyce apparent ou du Saule.

COLÉOPTÈRES PENTAMÉRÉS CRÉOPHAGES. D rw 6. GENRE BRACHYN. BRACHINUS. (Weber.)

Caractères. — Coléoptères pentamérés, à élytres durs, plus étroits à La base et comme tronqués, souvent striés, coucrant des ailes ; corps un peu déprimé, plus gros en arrière ; corselet étranglé devant et derrière.

Ce nom de Brachyn, employe d’abord par Weber et Fabricius, a été tiré du verbe grec Bozyivo, qui signifie Je raccourcis, trèsprobablement parce que les élytres de là plupart de ces insectes sont comme raccourcis ou coupés en arrière. On les appelle

vulgairement en francais Scarabées canonniers ou bombardiers.

Ces Brachyns, et presque toute la famille des Créophages, forment une sous-division ou un démembrement du genre carabe de Linné. Leurs caractères sont cependant assez tranchés. Voici comment on peut arriver à la distinction des espèces peu nombreuses qui sont rangées dans ce genre, et qui sont au nombre d’une douzaine, dont trois ou quatre ont été observées en France.

La tête étroite, le peu de saillie des yeux, le corselet, qui n'est pas arrondi ou beaucoup plus étroit que les élytres, séparent ce genre de tous ceux de la première division qu'on a nommés les Cicindélètes; comme le corselet est rétréci devant et derrière, cette particularité les sépare des Élaphres, des Notiophiles, des Scarites, et même des Dryptes et des Omophrons ; puis, comme cette tête est aussi large que le corselet, ce genre se distingue par là des Carabes, des Calosomes

et des Cychres. Enfin, comme les Anthies n'ont pas d'ailes, les élytres bien libres et non soudés de ces Brachyns suffisent pour les faire distinguer.

La manière de vivre des Brachyns est absolument la même que celle des autres Créophages. On les trouve ordinairement sous les pierres dans les endroits humides ; quelquesuns vivent en nombreuses sociétés de cinquante à quatrevingts. Tels sont particulièrement ceux que nous avons observés aux environs de Paris, qu'on a désignés sous les noms de Pistolet et de Crépitant, à cause du petit bruit qu'ils produisent à volonté, et que nous allons faire connaître, parce que c'est un véritable moyen de défense.

Quand l'insecte est saisi, ou quand il se croit en danger de l'être , il fait entendre un petit son, et l’on voit sortir au même moment de dessous ses élytres une vapeur blanchâtre ou jaunâtre, d'une odeur acide. Souvent ce petit phénomène, produit par un seul insecte, pénétré d'une crainte salutaire, détermine la plupart des individus de la même famille à en faire autant. Alors toutes les crevasses des pierres ou des enfoncements de la terre dans laquelle ils étaient blottis fument comme autant de petits volcans. Voilà l’arme défensive de ces Brachyns : peut-être s'en servent-ils pour tuer ou pour etourdir les Podures et les petites larves dont ils se nourrissent. C'est ce que l'observation n’a pas encore appris.

Il était naturel de rechercher quelle était la cause productrice ou l'organe destiné à préparer cette vapeur, et c'est ce que nous avons eu occasion de faire. C'est véritablement un acide, et quelques recherches, trop imparfaites, nous ont démontré qu'il était d’une nature particulière et sécrété dans l'intérieur du corps. En ouvrant avec soin l'abdomen, nous

COLÉOPTÈRES PENTAMÉRÉS. G. BRACHYN. 279

l'avons trouvé, contenu sous forme liquide, dans deux vésicules transparentes et musculeuses. Ces deux vésicules aboutissent au cloaque, après s'être réunies en un seul canal. Si l'on ouvre ces petits réservoirs, l'humeur qu'ils contiennent entre aussitôt en effervescence; car dès que ce liquide est en contact avec l'atmosphère, après avoir bouillonné comme l'éther soumis à l’action du vide, il s’'évapore en un instant. Un papier, teint de couleurs bleues végétales, rougit d'abord pour jaunir bientôt, tant est vive l'action de l'acide. Appliquée sur la langue, la vésieule, quand elle n’est pas déchirée, n'y produit aucune sensation ; mais, si elle vient à s'ouvrir, elle répand dans toute la bouche une saveur particulière assez agréable, et elle fait ressentir, à l'endroit même, une vive douleur qui provient de sa causticité , et qui laisse là une tache jaune qu'on ne peut comparer qu'à celle produite sur la peau par une goutte d’acide nitrique.

Quel est donc ce singulier acide, renfermé dans des organes ou des parties animales vivantes ? [ne les détruit pas! Y est-il dans un état tout particulier de combinaison? Ne devient-1l acide que par le contact d’un gaz avec l'oxygène de l'air atmosphérique ? Voilà des questions que nous n'avons pu résoudre , mais qui méritent véritablement l'attention des physiciens et, des chimistes (1).

(4) J’ai écrit tous ces détails en 1799. Ils sont insérés p. 438 du t. [, 5° année, du Magazin encyclopédique de Millin. Notre ami, M. Léon Dufour, étant en Espagne en 1820, a fait des recherches anatomiques sur l'appareil sécrétoire de l’un de ces Brachyns, qu’il nomme tirailleur. Il en a donné des figures dans un Mémoire inséré dans le t. XVIII des Annales du Muséum, p. 74, et en 1856, à l’occasion d’un Mémoire de notre confrère, M. Pelouze, sur les acides produits par des insectes, j'ai cru devoir rappeler plusieurs de mes observations, Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences, t. XLIII, p. 125.

Le genre Brachyn a été compris dans une tribu des Cara-

biques par M. Lacordaire, à laquelle il à rapporté cinq genres differents, sous les noms d’Aptinus, Ptéropsophus, Brachynus, Mastax et Crepidogaster, auxquels il faudrait rapporter plus de cent espèces, la plupart étrangères, surtout dans le genre Brachyn, qui est le plus répandu dans toutes les parties du monde.

Nous ne décrirons ici que les trois espèces suivantes :

Brachyn crepitant. Brachinus crepitans. Il est roux, avec les élytres de couleur d’un bleu ardoisé foncé ; pattes couleur de rouille. Geoffroy Va décrit sous le nom de Bupreste à corselet, tête et pattes rouges, à étuis bleus, 00 pAbi;n40!

Cette espèce semble cantonnée dans certaines localités aux environs de Paris. Nous l’avons trouvée très-communément, et presque exclusivement, pendant plusieurs hivers auprès de Gentilly, sous les pierres qu’on retire des carrières. Nous l’avons inutilement cherchée en été; elle est beaucoup plus commune en automne et dans les belles journées d'hiver.

2. Brachyn pistolet. B. sclopeta. I est roux aussi, avec les élytres bleus, dont

la suture est rouge ou ferrugineuse.

Celui-ci se trouve partout, sous les pierres, pendant l'hiver. Il est de moitié plus petit que le précédent. Sa teinte bleue est plus foncée et presque métallique; les élytres sont aussi bordés en dedans, vers la base de la suture, d’une teinte rougeâtre. L'écusson est d’un jaune rouge pendant la vie. Les mâles paraissent avoir l'abdomen noir, tandis qu’il est roux dans les femelles.

Une espèce, nommée fumante, ressemble à la précédente ; onla recueille en Amérique, mais elle est,trois fois plus grosse.

3. Brachyn tirailleur. B. displosor. Il est noir; le corselet est rouge, de la

même largeur que la tête; les élytres sont noirs et portent chacun neuf sillons. C’est celui que M. Léon Dufour a fait connaître dans les Annales du Muséum, et figure pl. v, fig. 4.

Il a été trouvé en Espagne, en Catalogne.

COLÉOPTÈRES PENTAMERÉS: G. CICINDELE. 281 7. Gewne CICINDÈLE. CICINDELA.

Caracrëres : Coléoptères pentamérés. à élytres durs, couvrant tout le ventre; à antennes longues, en soie, de douze articles; pattes longues cet gréles à pénultième article des tarses entier ; corselet plus étroit que la téte; yeux saillants globuleux ; à mandibules fortes, courbées, pointues, souvent croisées; à palpes, au nombre de six velus ou

cpin eUX.

Toutes ces particularités suffisent pour faire distinguer ce genre parmi ceux de la famille des Carnassiers où Créophages.

| Comme on peut s’en assurer dans le tableau | synoptique, sans que nous ayons besoin de L rappeler les détails de ces comparaisons.

[1 devient important de donner quelques explications sur le nom appliqué aujourd'hui à ce genre. Le mot Cicindele est une expression latine très-ancienne, qui désignait un insecte brillant, surtout pendant la nuit ou nocticula ; mais la plupart des auteurs s’en sont servis pour indiquer des insectes fort différents les uns des autres. C’est tantôt et même le plus ordinairement, le Lampyre-ver-luisant, comme nous le voyons dans Moufet; tantôt les Cétoines dorées, les Cantharides, les Nitidules, enfin tous les Coléoptères à reflet métallique. Geoffroy, remarquant qu'on avait placé à tort les Cantharides des boutiques avec les espèces que nous nommons aujourd’hui les Teléphores, et voulant remédier à cette erreur, donna à ces derniers le nom de Cicin-

dèles ; cependant il ne pouvait ignorer, à cette époque, que Linné avait nommé Cicindèles, les Coléoptères dont nous allons nous occuper.

Les Cicindèles sont des Coléoptères très-carnassiers, ornés le plus souvent de couleurs brillantes, à reflets métalliques cuivrés, dorés ou argentés. Les espèces se rencontrent principalement sur les terrains sablonneux, exposés aux plus grandes ardeurs du soleil; ils y courent avec la plus grande célérité pour saisir leur proie qu'ils dévorent toute vivante. La plupart, lorsqu'on les prend, exhalent une odeur assez agréable de rose ou légèrement musquée, analogue à celle que répandent aussi beaucoup d’autres insectes qui habitent les sables. Quoique les Cicindèles volent très-vite, elle s'arrêtent à peu de distance du lieu qu'elles quittent; mais lorsqu'elles veulent éviter. les poursuites, elles se trouvent le plus ordinairement arrêtées dans l’élan de leur vol, par les obstacles qui s'opposent au développement de leurs ailes; d’ailleurs elles sont prestes à éviter la main qui veut les saisir, car elles sont douées d'une agilité et d’une vue excellente.

Leurs larves, quiont été d’abord indiquées par Geoffroy(1), puis très-bien décrites et figurées par Desmarets (2), et enfin observées et représentées par M. Westwood (3) ont été étudiées soigneusement par nous-même (4). Elles se éreusent

(4) T. I, p. 154. Histoire des insectes, le Bupreste velours vert. (2) Bulletin de la Société philomathique, n° 190, an. 1801.

(3) Annales des sciences naturelles, t. XXIT, 1831, p. 299, pl. vi. (4} Dict. des sciences naturelles, t. IX, 1817, p. 195.

Là “ LA L A , S3 COLEOPTÈRES PENTAMERES. G. CICINDELE. 22

dans la terre sèche ou dans lesable des trous verticaux à un pied ou deux de profondeur; leur corps allongé porte sur le dos deux gros tubercules garnis de erochets sur lesquels elles s'appuient, et en se pliant en Z, elles montent et descendent à la nianière des petits ramoneurs dans nos cheminées; leur large tête sert à transporter le sable du trou qu'elles se creusent. Arrivées à l’orifice extérieur de ce trou, elles lancent ce sable au loin en arrière; elles se tiennent ainsi à l’embuseade à l'entrée de ce trou où elles présentent leur large tête pour en boucher l'ouverture et y offrir une sorte de pont perfide qui semble s'écrouler en tombant en bascule quand quelque insecte imprudent vient à le traverser : cette sorte de trappe s'abat, aussitot la larve descend à sa poursuite pour le dévorer. Il est facile de se rendre témoin de ces manéges, en introduisant cette larve dans des tubes de verre d’un petit diamètre au travers desquels on peut étudier ses mouvements. Cependant, comme cette larve est assez difficile à saisir, voici comment nous avons pu nous en procurer : nous avons introduit avec succès un fétu de paille bien droit et avec précaution dans le trou, en l’y laissant un moment immobile; la larve qui est au fond de son canal ne tarde pas à 1mprimer un petit mouvement à la paille : nous profitions de ce moment où cette larve tenait entre ses mandibules le bout de ce corps étranger, pour l’attirer subitement en dehors et pour la pêcher, pour ainsi dire, avec cette amorce. Cette sorte de sonde, laissée en place dans des terrains plus mous, nous donnait la facilité de parvenir jusqu’à l’insecte : autrement, le sable aurait rempli le canal vertical et nous en aurait fait perdre la direction.

I est probable que M. Westwood ne connaissait pas l'ar-

ticle que nous venons de citer, car c'est en 1831 qu’il a reproduit la plupart de ces détails publiés par nous en 1817.

Les espèces les plus communes dans les environs de Paris sont les suivantes. Ce genre et plusieurs de ses démembrements sont excessivement nombreux, car on y à rapporté

plus de deux cent cinquante espèces.

4. Cicindèle champôtre, Cicindela campestris. De couleur vert doré; élytres comme soyeux, à six points blanes sur chacun. Cest le velours vert à douze points blancs de Geoffroy, t. I, p. 153, n° 27.

Cette espèce est la plus commune; elle se trouve dans les allées de nos jardins; elle cherche à mordre lorsqu'on la saisit, mais elle ne peut entamer là peau.

. Cicindèle hybride. C. hybrida. Vert doré; élytres à reflets rougeâtres, avec une bande et deux ligues blanches en croissant. C’est le Bupreste à broderies blanches de Geoffroy, n° 28. :

On la trouve sur les sables, dans les bois.

3. Cicindèle germanique. C. germanica. Quivreuse; à élytres vert doré, avec un point et une lunule terminale blancs.

Nous l’avons trouvée à Paris, sur les bords de la Seine, vis-à-vis le Champ

de Mars,

4. Cicindèle sylvatique. C. sylvatica. Elle est brune, presque noire; cependant les élytres ont une bande ondulée et deux points blancs. C’est une de nos plus grandes espèces; nous l'avons trouvée à Fontainebleau et dans les forêts sablonneuses.

N'oublions pas de rappeler que Geoffroy avait nommé Buprestes les espèces de ce genre, et que pour lui, et pour Linné, le nom de Cicindèle est celui des Téléphores ou Cantharides de la plupart des auteurs; souvenons-nous aussi que les anciens naturalistes ont appelé Cicindèles la plupart des Coléoptères, ou les Scarabées de couleur cuivreuse ou

dorée.

Or

COLÉOPTÈRES PENTAMÉRES. G..COLLIURE. 28:

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