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les Italiens, en conservant plusieurs de ces dénominations, y ont ajouté celles de Farfala, de Fuguola, les Espagnols celles de Zuciergana ou Luciernega. On les appelait autrefois en France Mouches luisantes où Vers-luisants. Toutes ces expressions indiquent la particularité remarquable que présentent ces [Insectes lorsqu'ils sont parfaits, celle de produire de la lumière, de scintiller ou de briller pendant la nuit.
Geoffroy, Fabricius et Olivier ont adopté ce nom de Lampyre, et l’on ne concoit pas l'erreur dans laquelle est tombé le dernier de ces entomologistes, car c'est réellement Linné qui, en établissant le genre, en a créé le nom.
Il est facile de distinguer au premier apercu les Lampyres de tous les autres genres de la même famille, par la forme et le prolongement du corselet, qui dépasse la tête et qui la recouvre comme une plaque demi-circulaire, ainsi qu'on le
voit dans les Cassides, les autres genres principaux ayant tous le corselet à peu près carré. La forme des antennes varie dans les espèces et même dans leurs deux sexes. Elles sont cependant en fil, ou allant en diminuant de grosseur de la base à la pointe; mais souvent elles sont dentelées en scie ou en peigne. Quelquefois les élytres manquent dans les femelles, et souvent chez elles on n’en observe que les apparences ou les rudiments, ou ce qu'on a nommé des moignons.
La propriété lumineuse dite phosphorescente, dont ces insectes sont doués, paraît être un moyen dont la nature a pourvu ces insectes pour décéler leur existence au sexe qui doit les féconder ; comme les sons produits par d’autres espèces, ou les odeurs qui émanent de quelque partie du corps de certains individus allicient , alléchent, séduisent et dirigent les uns vers les autres les êtres appelés à perpétuer leur race. Ce sont des flambeaux de l'amour, des phares, des télégraphes nocturnes, qui brillent et signalent au loin le besoin de la reproduction dans le silence et l'obscurité des nuits. .
Le siége de la substance phosphorescente paraît varier suivant les espèces ; on l’a même retrouvé dans.les nymphes qu'on a eu occasion d'observer. Chez la plupart, cette humeur brille à travers des portions transparentes de la peau qui recouvrent les trois derniers anneaux de l'abdomen, au moins chez les femelles sans ailes; car l’insecte les redresse en les dirigeant vers le ciel. Tantôt cette lumière se manifeste . comme par éclairs ou par scintillation au milieu des airs, quand l’insecte se livre au mouvement de ses ailes. Chez ces espèces la lumière paraît jaillir comme par étincelles lancées des régions du corselet et à la volonté de l'animal, qui a la
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faculté d'en modérer ou d’en suspendre tout à fait l'éclat.
On a tenté quelques essais chimiques pour connaître la nature ou la composition de l'humeur qui produit cet effet lumineux; mais jusqu'ici les recherches n'ont pas été trèsfructueuses : elles ont appris seulement que l’action est plus énergique quand elle s'opère dans le gaz oxygène; mais que, même dans ce cas, il ne se développe pas une élévation de température. Dans l'espèce que nous rencontrons le plus souvent aux environs de Paris, c’est surtout Ja femelle qui est lumineuse, et cette phosphorescence est d'une teinte verdâtre, qui devient plus vive et même très-éclatante dans certains moments, comme dans les approches ou le voisinage du mâle, dont elle paraît avoir la conscience, car alors la lumière prend l'apparence d’un charbon en pleine incandescence.
M. Maille, en 1826, comme nous le voyons dans un Mémoire très-cnrieux, qui est inséré avec beaucoup de détails dans le tome VII des Ænnales des sciences naturelles, a reconnu que les larves du Lampyris noctiluca sont des insectes carnassiers qui font leur nourriture des Mollusques gastéropodes de nos Hélices. Il à suivi leurs manœuvres dans l’attaque qu'elles font de ces limaçons, dont elles dévorent les parties après qu’elles sont privées de la vie. Il nous a appris qu'à l'aide d'une sorte de brosses de poils roides, dont leur partie postérieure est munie, elles se débarrassent des mucosités qui s'opposeraient à leur respiration.
Tous ces détails confirment la grande analogie qui se retrouve dans les mœurs et dans la conformation générale des Lampyres avec les Driles.
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Les principales espèces de ce genre sont les suivantes :
1. Lampyre noctiluque. Lampyris noctiluca. I] est brun allongé avec le corselet cendré. Il a été figuré par Geoffroy, t. I, pl. 11, n° 7. On le trouve au mois de juillet dans les herbes des forêts , au pied des joncs marins et des genévriers.
2. Lampyre luisant. L. splendidula. Oblong brun, mais avec le corselet dont le devant est jaune, presque transparent; son corps est déprimé , les antennes noirâtres en fil, plus courtes que le corselet ; la tête est d’un jaune fauve, avec les yeux noirs, arrondis et très-grands. Le corselet est noir avec les bords jaunâtres, beaucoup plus clairs et transparents en avant. Les élytres sont noirâtres, légèrement chagrinés, marqués chacun de deux ou trois lignes élevées. Les ailes sont obscures ; la poitrine et les pattes d’un jaune fauve; l’abdomen plus foncé, avec les derniers anneaux plus pâles.
La femelle, qui n’a pas d’ailes, est beaucoup plus volumineuse, plus large et plus longue que le mâle : elle est brune aussi, les anneaux de son ventre forment des papilles triangulaires jaunâtres ; les trois derniers anneaux de l'abdomen sont jaunes et pellucides en dessous.
C’est l'espèce que lon trouve le plus communément vers la fin de juin ou à la Saint-Jean, où elle brille davantage ; c’est à la nuit tombante dans les bois de haute futaie.
3. Lampyre d'Italie. L. Italica. Noir, avec le corselet fauve et l'extrémité du ventre jaune. C’est une petite espèce; les deux sexes ont des ailes. C’est pendant leur vol que ces insectes semblent projeter des étincelles.
4. Lampyre hémiptère. L. hemiplera. [ est noir, très-petit, à élytres courts; le bout du ventre jaune. Il ressemble à un petit Staphylin, parce que le ventre West couvert qu’en partie par les ailes supérieures. C’est le Ver luisant à demi-fourreau de Geoffroy. Nous lavons pris souvent au vol le soir. Jamais nous ne l’avons vu briller.
On connaît plus de trente espèces étrangères, dont beaucoup proviennent du Brésil.
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