II PRÉFACE
lion suivante : Il — y — a — lieu — à — une — seconde — édition !
Une seconde édition, grand Dieu ! La première avait donc trouvé des lecteurs et des acheteurs? Et cependant chaque jour voitéclore, par milliers, des volumes de tout format et de toute couleur qui demandent leur part de notoriété et leur place au soleil ! Et cependant le nombre des gens qui savent lire est évidemment inférieur à celui des journaux qui pullulent ; grands et petits, illustrés ou sans lustre, à deux sous, à un sou, à un liard, avec des primes qui donnent au consommateur la joie de se faire une bibliothèque en lisant son journal pour rien ; avec des dîners, des soupers, des billets de concert, des meubles en palissandre, des pendules, des oranges, des truffes, des bourriches, des pots de pommade, toutes les nourritures du corps pour rendre plus substantielles et plus digestives les nourritures de l'esprit 1 VElineeUe nffi'^ Y Événement! la Nouvelle après la Jottrncc! le Courrier après la Chronique ! le Bien informé
DE LA SECONDE ÉDITION m
après le Commérage t la Curiosité après la Surprise! Journaux du matin, journaux du midi, journaux du soir, journaux de toutes les minutes, sachant avant vous et vous disant avant tout le monde ce qui se passe partout et ailleurs, che2 votre voisin et chez vous! Les troupes légères avec le grave état-major et la grosse cavalerie! lés feuilles rieuses et les feuilles politiques ! A un lecteur par journal, nous atteindrions des colonnes de chiffres qui défieraient les grains de sable de la plage et que les budgets ou les emprunts des grands empires auraient peine à dépasser ! Il serait prouvé que les écoles primaires et secondaires ne laissent plus subsister en France un seul individu qui ne sache pas lire, et que ces lettrés de la on^ fcième heure, pour rattraper le temps perdu ^ passent leur vie à dévorer de la prose \ Et les affi-» ches colossales ! la littérature des murailles ! que d*absorbants , et que peut devenir Un mince volume, léger comme la plume et grand comme la main, quond les murs nous disent en majus-