‹ Entre nous [microforme]Chapitre 16 sur 33 · SOUPER · texte numérisé non relu

SOUPER

Comme au dé-Une chopine de|Païn, beurre et jeuner. thé. lait à volonté.

Quatre onces de pain, beurre, | ou une chopi- | ne de gruau, | lait et pain.

En descendant des salles nous nous arrêtons un instant au bureau et je demande la permission de feuilleter quelques registres.

On conserve toutes les statistiques depuis 1810, mais les plus anciens registres remontent à 1756, 57,58, 59 et GO.

Ce fut l’époque pénible de notre histoire, alors qu'une poignée d'hommes abandonnés sur le ,s0l américain par le roi le plus vil qui ait régné sur la France, luttaient contre les armées de terre et de mer de l Angleterre.

Comme on se battait tous les jours il n’est pas étonnant de voir tant de noms de soldats inscrits alors dans les registres de l Hôtel-Dieu.

Ils figurent par compagnies comme le prouvent les exemples suivants :

—Compagnie de monsieur Bernard.

Jolibois, soldat, entré le 18 août, sorti le 8 sept., 21 juin.

—Compagnie de monsieur Pascales, Régiment de la Reine.

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Fusinet, dit l’ Argenterie, soldat, etc., etc.

Presque tous les militaires avaient des surnoms à cette époque :

Jouval dit La Victoire--Clément dit La Prudence—Clément dit La Tendresse—Bauduit dit La Forme—Pierre Guislain dit Lajoie—Nicolas Barbier dit LL: fortune—Fournier dit Lagirofflée.

Je tourne les pages de plus en plus vite, je change de registre espérant découvrir quelque chose, mais je suis talonné par le tempset mes compagnons de visite qui vont partir, aussi ne puis-je prendre que bien peu de notes.

Si on en avait le loisir, on retrouverait là les noms de presque tous les hommes qui ont joué un rôle dans notre histoire.

Je relève quelques décès :

—Charles Sabatier, musicien, natif de France, département du Nord, mortle 16 juin 1862, à l’âge de 40 ans. l

—Rév. M. Plamondon, chanoine de la cathédrale, l’un des bienfaiteurs de l'institution, mort le 5 mars 1882, enterré dans le caveau des religieuses, à côté de Mgr. Plamondon.

—Rév. Père Beaudry, S. J., mort le 17 avril 1884.

—Rév. Père Provost, S. M. J., le vaillant chapelain du 65e bataillon, pendant la campagne du Nord-Ouest, mort le 28 nov. 1886.

Je vois figurer plusieurs fois le nom de Mgr. Bourget, qui fut soigné souvent en effet à l’ Hôtel- Dieu.

Parmi les laïques qui ont passé quelque temps dans cette maison, je remarque le nom d’un joyeux vivant, Hector Berthelot, qui lui aussi s’est permis d’être malade. Charles Thibault, le politicien, qui parla, dit-on, une fois dans chacune des centaines de paroisses de la province.

Dans les salles je vois le roi des chasseurs canadiens, Bonneville, aujourd'hui malade et très faible. Les nuits passées à l’affut ont produit leur effet et les rhumatismes accablent cette constitution autrefois si robuste.

En novembre 1876, le hasard rassemble deux noms l’un à côté de l’autre, M. Dugas et M. Desnoyers. Ce ne sont cependant pas les deux ma-

gistrats de police conjoints de Montréal, mais bien M. l'abbé Dugas et M. l'abbé Desnoyers. Singulière coïncidence.

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