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En Anglelerre, le revenu moyen des capitaux d'actions, gui monte, dans certains groupes, h 10 0/0 et au-dessus, varie en général ds I à 7 0/0. Leone Levy évalue le rendement de toutes les joints-stocks compagnies, pour 1885, à 6.85 0/0, pour les chemins de fer en 1 884 à 4. 1 2 0/0. Mulhall évalue le revenu moyen à 6.5 0/0 pour le capital en banque (représentant 270 millions), 5.5 0/0 pour le capital en mines et fer (315 millions), 5 0/0 pour le capital en marine marchande (193 millions) et comme revenu total moyen pour 2.433 millions 4.4 0/0. Un examen sommaire des jointsstocks compagnies dans le fer et le charbon montre que le maximum rarement atteint est de 10 0/0 (1).

En Belgique, en 1898, les sociétés commerciales par actions, régies par la loi du 18 mai 1873, avaiefit un capital global de 2.045.722.000 francs. Les bénéfices nets, réalisés par 948 d'entre elles, se sont élevés à 197.041.000 ; les pertes subies par 112 sociétés à 3.394.000, soit donc un excédent des bénéfices sur les perles de 193.647.000 francs, c'est-à-dire 9.4 0/0 du capital nominal, généralement surélevé (V. Vandervelde, Le coileclivisme el fécoh/lionindustriei/e, p. 126).

(1) Industriat Rémunération Conférence, 1885, p. 12.

IdG TROISIÈME PARTIE. — CHAPITRE 11

Dans le Coonecticiil, en 1890, on évalue les prolits nels moyens à 8.99 du capital et 8.40 de la valeur du produit.

Dans rUlinois en 1884, lamoyenoe des profits est de 2.36 de la valeur des produits (un intérêt à 5 0/0 étaot compris parmi les frais).

La grande enquête du Massachusets (l)eQ 1890 va nous fournir, ici encore, de précieux renseignements.

Le rapport distingue entre le profit brut et le profit net.

Le profit brut s'obtient en déduisant du prix de vente ce que le rapport appelle les coûts de production, qui comprennent les matières premières consommées, les salaires, le loyer de l'emplacement, les impôts, les assurances, le prêt, les réparations et changements d'outillage. Ce profit brut s'élève, pour l'ensemble des industries, à 12.95 0/0 du capital engagé.

Pour obtenir le profit net, le rapport déduit de ce profit brut :

1° Un intérêt calculé à raison de 5 0/0 du capital (soit 2.15 du prix de vente) ;

2" Une dépréciation de marchandisesde 100/0 (soit 1 .90 des prix de vente) ;

3° Dépenses de vente et perles à raison de 5 0/0 du prix de vente.

Il reste alors un prodt net de 3.90 du prix de vente ou 4.83 du capital engagé.

(1) RtporI tif the staU of Massachustls, m&TS 1801.

D.gitizedb/GoOglC

LE TAUX DES PROFITS iVl

Deux conclusions sont à tirer de ce qui précède : 1" II n'existe pas, en fait, de taux de profit moyen, comme il existe un taux d'intérêt commun. Le profit est en effet déterminé par des circonstances essentiellement variables, au premier rang desquelles figurent les variations du besoin social. Croire avec Ricardo et Marx h l'existence d'un taux de profit moyen c'est partir d'une abstraction sans fondement, ou bien s'inspirer d'une observation inexacte qui est la suivante : le marchand ajoute un profit moyen ji son prix d'achat des marchandises pour obtenir le prix de vente (1). Cela est vrai : mais rien ne lui garantit qu'il obtiendra ce profit qu'il a arbitré à l'avance, et dont la réalisation est précisément soumise aux influences de fait dont nous parlions.

Si donc on parle de taux de profit moyen, il faut entendre par là simplement le résultat d'un calcul transformant des chiffres vrais en une moyenne purement imaginaire, et qui, comme toutes les moyennes, ne correspond à rien dans la réalité. On voit d^s lors combien nous sommes loin de l'assertion de Ricardo que les profits sont égaux dans toutes les branches d'industrie et que les profits réalisés dans l'agriculture règlent les profits réalisés dans tous les autres emplois. Une

(I) Rappelons en eiTet que pour KarlMarx il existe dans toute société, k un moment donné, un tauï de profit moyen qui est connu des commerçants et qui leur sert h fixer le prix de feule

(II* partie).

telle assertion ne pourrait se comprendre que si le taux moyen des profils, au lieu d'être une pure ficlioD.étail en efTet quelque chose de possible (I).

Ceci dif ,on peut remarquer d'ailleurs que la moyenne obtenue par le calcul ne varie pas sensiblement d'un pays à l'autre. La comparaison des cliifTres que nous avons donnés pour les sociétés industrielles d'Europe suffira à le montrer. En voici une autre, relative aux Éfats-Unis.

D'aprfts la Cydopedia de Lalor (2) la comparaison des profits dans divers Ktats donnerait les chiffres suivants :

(I) Voici les principales causes qui s'opposent à l'eiisteRce, dans

la réalité, d'un taux de profil moyen :

1' L'étendue dilTérente des entreprises permet une diminatioD plus ou moins grande des Trais géniïraui.

2* La proportion dans laquelle on emploie du capital propre à l'entrepreneur ou du capital étranger agit en élevant plus ou moins le cbilTre des intérêts à payer, c'est-à-dire le coût de production. De même ta proportion du capital (lie au capital circulant peut avoir une importance au point de vue de la mobilité plus ou moins grande des capitaux.

3* Les qualités individuelles de l'entrepreneur agissent comme nous l'avons expliqué au chapitre précédent.

4* Lorsque l'industrie entreprise donne à l'entrepreneur certains avanlages moraux, tels qu'une situation plus haute ou une plus grande considération, il sera disposé h, se contenter de profits moindres.

.1* Les risques dilTérents (risques techniques ou économiques) .

6° Dans les cas de profits exceptionnels, la force relative des facteurs en présence.

(2} Article d'Hadiey, V- Pto^I.

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