PHTISIE PULMONAIRE
Autrefois généralement, et encore aujourd'hui pour tous ceux qui ignorent sa nature et ses ravages clandestins, la tuberculose n’est autre que la consomption ou la phtisie pulmonaire, mots très caractéristiques qui fent bien comprendre qu'elle consume vivant celui dont les poumons sont à la fois le foyer et l'aliment de ce microbe destructeur.
Pas n'est besoin de vous faire un long tableau de cette forme de la tuberculose, dont l'évolution est parfois très longue chez certains héréditaires, qui tantôt évolue dans deux ou trois mois sous la forme galopante, voire même dans deux ou trois semaines sous la forme granulique.
SYMPTOMES Un jeune homme, une jeune fille ou une jeune femme
jusque là remarquable par son teint clair, ses yeux brillants et ses pommettes roses, s’éveille, un matin, la gorge sèche et la voix enrouée. Quelques quintes de toux débarrassent la voix et la gorge, et à l'heure du déjeuner, rien n’indique encore qu’un ennemi terrible a envahi la place. Cependant que chaque matin les symptômes du début se répètent et se prolongent : les chairs, les formes se décolorent, s'amollissent et tombent ; les frissons apparaissent ; les transpirations, surtout nocturnes, s'affirment ;les douleurs se multiplient dans une poitrine déjà voñtée qu'une toux incessante déchire ; l'expectoration est abondan:e ; la tuberculose pulmonaire est confirmée.
Le poitrinaire, bien que sceptique sur la nature de son mal, perd tôt sa gaieté, L'angoisse le suffoque ; il
lit sur les figures de son entourage, il sent qu'on répète tout bas, pour Ini, ce que tant de fois il a entendu dire pour d'ruires:
“Il partira À la chute des feuilles’.”
Sa tristesse, d'abord concentrée, devient parfois bavarde et méchante. Il est autoritaire etimpatient. Ses passions persistent aussi, quand el'es n'augmentent pas jusqu’à la fin, ce qui fait que mourir tubereuleux et croyant, c'est presque toujours mourir en saint, tandis que mourir tuberculeux et dans l'indifférence religieuse, c'est généralement conserver jusqu'au dernier soupir l'attachement à ses rêves, l'attachement à la vie qu'on a voulu faire courte et bonne, l'attachement à tout ce qui passe, sans guère se soucier de l’au delà qui ne passe pas |
Tel est le consomptif que tout le monde connaît, ce propagateur classique du microbe de la tuberculose, à la fois victime et bourreau inconscient.