LE UN
Depuis longtemps les autres nations reprochaient à l'Angleterre d’être très en retard pour l’élément artistique et refusaient même aux Anglais les aptitudes nécessaires.—A l’ Exposition de 1851 à Londres, et à Paris en 1855, les Anglais eux-mêmes firent l’observation que tandis que les objets qu’ils avaient exposés étaient supérieurs, pour un grand nombre, pour l’utilité, et la solidité, cependant ils étaient tellement inférieurs pour la forme, qu’ils avaient toujours le désavantage sur les objets semblables des autres pays ; aussitôt, avec l'énergie et l’esprit de suite qui les caractérisent, ils se mirent à l’œuvre pour attaquer ce défaut dont leurs œuvres étaient entachées, et on ne peut s’imaginer quels moyens puissants il prirent pour arriver à un résultat satisfaisant.
Ils établirent partout des écoles de dessin, ils firent venir on grand nombre des artistes étrangers, ils achetèrent des modèles dans le monde entier, et ils formèrent des musées pour l’instruction des classes ouvrières.
Ces écoles de dessin se multiplièrent tellement qu’en 1855 les élèves adultes apprenant le dessin étaient au nombre de trente mille et plus de quatre vingt cinq mille fréquentaient les écoles en 1859.
Enfin des musées se formèrent avec des modèles empruntés à tous les pays : modèles de sculpture, de mobilier et de tout ce qui peut instruire non-seulement des architectes, des constructeurs, mais encore les industriels de l’art mobilier tels que des serruriers, des ébénistes, des fabricants d’étofte,
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Ils ne s’en tinrent pas là, mais ils reproduisirent des édifices et des monuments en entier, comme au palais Sydenham, où l'on voyait naguère, dans les plus grandes dimensions possibles, des reproductions des monuments de toutes les époques.
De plus, comprenant que tout le pays était intéressé à jouir de ces trésors, ils organisèrent des musées ambulants que l’on formait avec les principaux chefd'œuvres, et qui voyageaient par toute l’Angleterre, afin que partout ils puissent être vus, examinés, étudiés et susciter des vocations dans la classe ouvrière de toute la contrée.
Or, il faut tenir compte des résultats ; en dix années de tels efforts, la fabrication anglaise à conquis une telle perfection de formes, une telle élégance que sans avoir encore atteint toute l’habileté des autres nations qui marchent depuis plus longtemps dans cetie voie, cependant ceiles-ci n’ont qu’à beaucoup s’observer et à redoubler d’efforts, si elles ne veulentpas être bientôt dépassées.
Par ces faits, on peut juger de l’importance de per fectionner la fabrication qui est d’un si grand intérêt pour un pays, et en même temps les résultats obtenus ailleurs en si peu de temps peuvent montrer quel secours l’étude et la pratique viennent apporter aux dispositions naturelles que l’on ne peut bien connaître que lorsqu'on a cherché à les développer.
Développer l’industrie, c’est enrichir un pays et lui assurer sa place sur tous les marchés du monde. De
plus, c’est encourager l’homme dans la voie du progrôs et dans le développement de son activité.
Remarquons en passant que les Papes en ouvrant Rome la Capitale, du monde spirituel, à toutes les productions de l’art, ont là, comme en bien d’autres points, marqué d’avance un chemin où les nations modernes trouveront tant de ressources eb de succès pour l'avenir.
En finissant ces observations, Mr. l’Orateur a donné ün exemple de l’influence heurcuse que l’espritreligieux à exercé sur l’art et sur l’industrie, en racontant les merveilles que lon peut contempler au sanctuaire de St. François d'Assise,
Au XIlle et au XIVe. siècles, Assise qui était comme le centre de toute la vie mystique, a été en même temps la source de l’inspiration artistique des plus grands génies en Italie.