Entretiens populaires
PASSY De la monnaie et de ion rôle dans le développement économique dei tociétéi.
FRANCK .... De! principes du droit naturel et de tes rapport! avec la famille.
HiRTELET. . . De l'utilité dei étudei scientifiques pour les ouvriers.
LIBRAIRIEMrE',,1. HACHETTE ET C"
BOULEVARD SÀINT-GEBMAIN, N° 77
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L'Association polytechnique peut être fière : son appel a été entendu.
En mai 1860, la première, dans le grand amphithéâtre de l'École de Médecine, elle ouvrait une chaire libre et convoquait à un banquet intellectuel tous les affamés de la science.
Son succès immédiat lui créa de suite, non pas des rivaux, mais des imitateurs.
Lorsque se fermaient les conférences de l'École de Médecine, les salons de la rue de la Paix s'ouvraient.
Aujourd'hui on ne compte plus les chaires libres'
1. En 1850, il existait 4037 cours (primaires) d'adultes; en 1863, il y en avait 4394. En 1864-65, le chiffre en était porté à 7855, réunissant plus de 200000 auditeurs. Il y en a aujourd'hui 20 000.
Des cours libres d'enseignement supérieur ont été ouverts dans 115 villes.
876 cours ont été autorisés, dont 296 à Paris et 580 dans
et, depuis les savants de l'Institut jusqu'aux chroniqueurs des petits journaux, — depuis l'antique Sorbonne jusqu'à l'humble mairie de province,— ^tou à l'envi s'élancent à la tribune! Si l'ignorance résiste à cet incessant et multiple assaut, il faudra convenir qu'elle a la vie dure ou que ceux qui possèdent cette richesse négative et dangereuse, préfè- « rent conserver pieusement une pièce de fausse monnaie plutôt qu'une belle pièce d'or ayant cours.
Gomme les Gaulois, leurs ancêtres, les Français sont, dit-on, avides de nouveautés et peu persévérants. Il y a dix -huit cents ans que ce reproche nous était adressé par un conquérant ; le méritons-nous moins aujourd'hui? On serait porté à le croire, quand on voit l'assiduité survivre à l'engouement, quand on voit cette foule toujours nouvelle, toujours avide, toujours sympathique, sepresser à ses heures de loisir autour des chaires les plus diverses.
Il serait oiseux de chercher de nouveau à faire sentir l'importance, la nécessité toujours croissante de l'instruction ; tout a été dit à ce sujet, et mieux dit que nous ne pourrions le répéter.
Si des hommes dont la science égale le désintéressement se sont voués corps et âme à la diffusion
les départements. 194 cours ont été organisés par des sociétés savantes, 256 par les préfets ou les municipalités, VI par les chambres de commerce ou de notaires, 19 par des satiétés industrielles ; le reste, soit 395, par des particuliers.
(Ces renseignements sont extraits de la Situation de l'Empire, 18GC.)
de l'instruction populaire, c'est qu'ils en sentent toute la grave nécessité.
Mieux que la parole les faits prouvent l'importance et la sincérité d'une œuvre : laissant donc de côté toutes les considérations que peut inspirer un aussi intéressant sujet, nous nous contenterons d'énumérer ici sommairement les récents travaux de l'Association polytechnique.
Nous empruntons l'exposé du développement qu'a reçu son enseignement pendant l'année 1865 à l'éloquent compte rendu de son intelligent et dévoué secrétaire général, M. Menu de Saint-Mesmin, préfet général des études au collège Chaptal :
«Dans ce centre populeux (faubourg Saint-Antoine), la place de notre enseignement était marquée. Les cours d'adultes, malgré le zèle et l'empressement des instituteurs, ne répondaient peutêtre pas, par la force même des choses, aux besoins spéciaux des industries du quartier. Vous connaissez ce laborieux et intelligent faubourg; vous savez ce qu'on y compte de fabriques, de manufactures, d'ateliers. Au milieu de cette multitude de menuisiers, de tourneurs, d'ébénistes , de charpentiers, d'ajusteurs, de monteurs, de mécaniciens, de teinturiers, de petits fabricants, etc., l'Association polytechnique a installé sa chaire. — Les maîtres enseignent, ici, le rapport de l'art et de l'industrie, là, l'emploi des matières premières, la chimie pratique, la physique appliquée, la géométrie usuelle, la mécanique, l'hygiène ; puis, comme l'industrie a
pour terme l'échange, le commerce, des cours de géographie industrielle ont été consacrés à l'étude des richesses naturelles du globe, des grands marchés, des grands centres de production et consommation; enfin on y a joint des leçons de comptabilité pour assurer et régler la marche de tout négoce, et de législation usuelle pour en fixer les conditions, le devoir et le droit.
« Au second rang, par ordre de date, la section de Grenelle. Sur ces rives voisines, quelques hommes de cœur, parmi lesquels nous avons été heureux de retrouver d'anciens élèves de nos cours, ont eu la pensée de s'associer à nos travaux et de faire pour les autres ce que d'autres avaient fait pour eux-mêmes. Ils sont venus à nous, fraternellement unis, la main dans la main, sous la conduite de MM. Henrion et "Worms. Le maire du 15 e arrondissement, M. Aubert, dont l'industrie occupe des centaines de bras, avait spontanément offert à ces vaillants pionniers l'hospitalité dans deux Ecoles municipales. — Vous le voyez, messieurs, c'est en quelque sorte tout armée, comme la déesse antique, que la section de Grenelle a pris naissance.
« La Chapelle est venue à son tour. Là aussi, la vie est forte et animée; là aussi, les magasins, les chantiers, les usines, les ateliers de construction abondent. Un maire qui unit àla science de l'administrateur les connaissances de l'économiste, M. Le Blanc, a accueilli nos offres avec empressement. « Si vous n'étiez pas venus a moi, nous a-t-il dit, je
serais allé à vous, car je considère la propagation de vos cours comme un bienfait pour nos ouvriers. Ainsi s'est formée la section de La Chapelle. . . .
« Sur la frontière du faubourg Saint-Antoine, dont nous parlions tout à l'heure, s'étend une région non moins habitée, non moins vivante, le quartier Popincourt. Ici encore, car Paris, prudente stratégie, dissémine sur tous les points l'arsenal de son industrie, ici, la forge pétille et l'enclume retentit. L'Association polytechnique y a planté sa tente. Un de ses vice-présidents, un des maîtres de l'Ecole centrale, cette pépinière de grands industriels et de savants ingénieurs, M. Martelet, a organisé, avec le concours de M. Frédéric Levy, dans une des salles de la mairie du Prince-Eugène, une série habilement conçue de cours professionnels.
« Ainsi, à Paris seulement, nous avons créé cette année quatre centres nouveaux et trois sections (Belleville,Passy,La Villette), tous en voie de formation.
« En résumé, l'Association polytechnique comptera bientôt douze sections, et cinq sociétés étaient hier placées sous son égide. Quatre nouvelles recrues sont venues, depuis peu, grossir nos rangs : Fontenay, Brest, Epernay et Nantes.
« A Fontenay, grâce à l'impulsion de M. Molliard et au zèle du maire, M. Jacquemin, grâce au dévouement si sûr de l'un de nos plus chers vice-
présidents, M. Labrouste *, qui prête à notre œuvre le triple appui d'un nom vénéré, d'une initiation généreuse et d'une sagesse que tout le monde proclame, Sainte-Barbe-des-Champs offre, chaque soir, un touchant spectacle : les maîtres animés, à l'exemple de leur directeur, d'un sentiment de paternelle bienveillance, tendent la main à tous ceux qui les entourent, et confondent dans une même pensée de bienfaisance sociale, leurs employés et leurs enfants.... A Brest, les cours publics prospèrent sous l'habile direction de M. Uzel. — A Epernay, les ouvriers eux-mêmes se sont mis a la tête du mouvement : ils nous demandent des conférences que leur donneront bientôt deux de nos illustrations, MM. Perdonnet et Martelet; ils ont organisé des cours, fondé une bibliothèque dont un de nos professeurs les plus distingués, M. Guébhart, est le président. — A Nantes, enfin, « l'association fondée pour la propagation de l'enseignement professionnel amène d'ardents prosélytes (c'est le président luimême, M. Leloup, qui s'exprime ainsi) sous les enseignes de l'Association polytechnique de Paris, société-mère autour de laquelle doivent se grouper toutes les associations d'enseignement populaire!» A tous ces cours quotidiens nous devons ajouter
1. Par une triste coïncidence, ces éloquentes paroles étaient par anticipation l'oraison funèbre de M. Labrouste, qui mourait, sans qu'on pût le prévoir, au moment môme où elles étaient prononcées par M. de Saint-Mesmiu. (E. T.)
la nomenclature de toutes les conférences publiques et gratuites que des hommes dévoués et éminents ont professées sur tous les points de Paris et même (Tans les départements.