CHAPITEAU DU X!I^ SIECLE VEZELAV
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l'Ecole des beaux-arts trouvait ce chapiteau en Macédoine, ou sur les bords du Bosphore, rAcadémie déclarerait certainement qu'il est fort beau; mais il a le tort d'èlrc à sa place, k 180 kilomètres de Paris, et de soutenir des voûtes intactes. Il a le tort d'appartenir au xir siècle et d'être sculpté par un artiste de notre pays.
Certainement, les artistes qui ont tracé ces profils et taillé des chapiteaux aux xii° et xiir siècles, en France, ne connaissaient guère les monuments de l'Attique, de l'Ionie, de la Grande-Grèce et de l'Asie Mineure ; ils n'étaient point archéologues, mais ils raisonnaient, avaient des rapports de race avec ces vieilles civilisations de l'Orient occidental; ils aimaient le beau, ppfitaient des traditions et marchaient en avant. Ils abandonnaient la structure romaine, qui ne se prétait plus aux mœurs modernes; ils cherchaient une structure propre à leurs besoins, à leurs matériaux, à leur état social, et, raisonnant comme les Grecs avaient raisonné (car il n'y a pas deux manière de raisonner], ils arrivaient, dans l'exécution des détails, à des résultats analogues à ceux obtenus par les Grecs de l'antiquité. En admettant même que cette sculpture soit due à une influence apportée d'Orient, il n'en faut pas moins reconnaître qu'en Orient il y a de la sculpture de toute sorte, et surtout de la trèsmédiocre sculpture romaine des bas temps ; les artistes français ont au moins choisi leurs modèles et ils ont choisi ceux qui se rapprochaient du sentiment grec. Mais, comme je le disais plus haut, l'architecture française abandonne dès les premières années du xiir siècle cette sculpture transmise, et adopte franchement la flore locale ; en cela, elle se rapproche encore de la méthode grecque : elle n'imite pas le modèle, l'exemple; elle part du même principe d'application incessante de nouveaux éléments.
Dans l'état de doutes, d'incertitudes oïi est tombée l'architecture à notre époque ; à travers tant de doctrines aussi peu raisonnées les unes que les autres, il est nécessaire d'apporter une critique attentive, de connaître quels sont les principes en vertu desquels cet art s'est développé au milieu des civilisations qui ont précédé la nôtre. De ce qu'on vient de lire, on peut conclure que l'art grec et l'art romain n'ont, quant au fond, nuls rapports; que si l'architecture romaine convient à un grand peuple cosmopolite, comme l'ont été les Romains; si elle est l'expression vraie de cette civilisation prodigieuse, ce n'est pas une archilecture
Irise de la Poile-Dorée i Jérusalem, tu ailmeUaiu inie ceUe frise apparlieime au lenips d'Hérode le Grand, ou même au temps d'Adrien, dans l'un comme dans l'anlie cas, elle a été certainement exécutée par des artistes grecs.
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d'arlistes, mais l'architecture d'un empire universel; que si l'architecture grecque est splendide, que si nous l'admirons et si nous avons la prétention de la comprendre, nous ne pouvons en même temps admirer l'arcliitecture romaine; que vouloir les adopter toutes deux, c'est vouloir admettre à la fois des principes rigoureux et l'indiiïércnce en matière de principes : croire et ne pas croire; que l'ai't romain a dû fatalement arriver à la décrépitude,parce qu'il empruntait partout des formes, sans chercher à les mettre en harmonie avec les principes de sa structure; que l'art grec a fourni et fournira, tant que l'humaine espèce couvrira la terre, des éléments nouveaux, parce qu'il n'est auti'e chose <|u'une application vraie des formes aux moyens et aux nécessités; que nous, artistes occidentaux, par le tour logique de notre esprit, nous procédons plus volontiers comme les Grecs que comme les Romains, et que si, par une de ces réactions fréquentes dans l'histoire du monde, nous sommes retombés sous la domination des Romains, pour ce qui regarde les arts, comme les Grecs aussi, nous consei'vons au fond du cœur le sentiment du vrai dans l'art, prêts à lui laisser prendre un nouvel essor dès que la main des derniers barbares se sera desséchée au contact de la vérité.