CENT SIXIÈME ENTRETIEN
âppattenant au soIeiI$ à qui il attribue, de ccxittert avec la plâpart des autres Astronomes, une atmosphère d*une Bgure de sphérotde très applati, à rextrémité de la Quelle se trouve notre Terre. Mairan laisse ind(5cis si cette atmosphère solaire luit pat elle^^même ou si elle devient lumineuse par le contact de l'atmosphère ter- Irestre, mais il prouve avec beaucoup de sagacité que les phénomènes de l'apparition de la lumière i&odiacale se rapportent tout-^à-Fait à l'apparition d'un segment de l'atmosphère solaire, qui doit prendre pour nous la fi* gure d'un triangle alongé, dont les côtés sont un peu courbés. Cette hypothèse a eu bien des partisans et éuroit triomphé généralement ai lea apparitions obser^ toient la constande et la précision astronomique qut Mairan leur suppose* Mais déjà le vieux Cassini a observa lalumièrezodiacûle aux environs du Solstice d'hyer, soif et matin, et parconséquent dans un tems oh. l'hypothèse de Mairan ne lui permet pas de paroitre. D'autres Phy» siciens ont r.«proché à la lumière zodiacale beaucoup d'autres inoonstances , une lumière quelquefois scintillante, sauvent du fard rouge ou jaune et des tremblemens f]ui ne siéent pas du tout à une atmosphère so« laire; aussi la dégradent-ils en en faisant une aurore bo« réale, tandis que Mairan tâche d'élever les aurores boréales a la dignité de lumière zodiacale.
aide, de L. Ne feroit-on pas mieux , monsieur de P., d'avouer que l'on ne comprend proprement rien à l'origine de ces deux phénomènes.
Mr. de P. Cet aveti de notre Ignorance^ au quel je souscris très volontiers, ne pou voit venir plus à pro»
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pos« puisqu'il fait Tëpilogiie qui termine la Physique de la terre proprement dite et peut servir d'etorcle à la Géologie que nous comoieucerons demain « si madame de L. n'a pas de répugnance à se transporter sur un champ où l'on donne un essor complet à l'imagination.
Mde. de L. Tout au contraire. Je serai charmée d*entrer dans ce champ, brillant de tout ce que i'imagination a pu concevoir*
Mr. de L. Et de toutes les folies que l'esprit humain à pu etigendrer.
Mré de R. Dont nous nous aodaserons gaiment.
Mri de V. (tout bae à monsieur de P.) Je pensa que TOUS tremperea le vin de ces messieurs en nous donnant autre chose quelque que des hypothèses qui réveillent de plut notre gaieté4
Mr» de P. (toui bas.) Vous pouvez y compter.
GEOGNOSIE ET GEOLOGIE.
Cent septième entretien.
iVIr. de P. J'ai promis hier à mon aimable auditoire de commencer la Géologie j cette science qui autrefois osoit vouloir nous raconter comment notre globe s'est formé, mais qui aujourd'hui a la modestie très motîvëe et très juste de se borner à nous faire entrevoir comment Técorce de notre ^lobe a pris naissance, à nous expliquer l'origine des nombreuses couches de rochers fil de pierres qui la forment, leur composition chimip» que, leur structure et leur position, et à construire thëorétiquement les montagnes et les vallées, et les formes infiniment variées que cette ëcorce nous offre, formes qui sont la physionomie physique de pays entiers comme celle du paysage.
Mr. de R. L'esprit humain doit se plaire à ces spéculations, à ces conceptions sublimes, qui lui découvrent les causes de tout ce qui l'entoure et font en quelque sorte naitre les objets sous les traits de Timagination et de la Science. La Géologie est une vraie création.
Mr. de y. A mon âge on ne prend plus feu comm^ monsieur de R., donc le noble enthousiasme seroit bien
6l4 ÇSK7 6ÉPT1EMB BNTRBTIBlf.
pu conceroir que De Luc, semblable en ceci à Newton (qui vouloit calculer les époques de l'Apocalypse) ait donné dans cette erreur, qui ^voit déjà été produite ep réfutée avant lui,
Jtfff de P. Entrons en matière et permettez moi 3e TOUS doiiner une esquisse de la Géogoosie avant de TOUS parler de Géologie, pour ne pas commettre lâ ISîute du plua grand nombre des Naturalistes qui ont écrit sur cet objet, .entre autres du célèbre Werner , lé père de Minéralogie n^pdecne, .et de re^ççellent d'Aur li^ttissop de Voisins qui vjent .de ptiblier son traité de Qéognosie, je yeux dire Ja f^ut^ de mêler les explic^* (iont sur la formation avec les descriptions et la faute plus grave encore de ranger leiyoVjet^ à décrire d'après Wjsystèine géologique., . ;
' Mde. de L^ Est-il possible qu'on commette de pa« reilles fautes ? '
Mr. de P. ' pn fait cette question, lorsque, comn^e î^oni, madame,' ôh ù'a pas l'esprit imbu de préjugés, lorsëû*bn n'est pas né, pour ainsi dire'/ dans un système,
lorsqu'on apporte une âme neuve etsimplê dans lesanc-?
tniirè de la Science. Mais lorsqu'on^ se .rend à l'autorité d'un système' sur la. foi a'un ndm célèbfe, et lorsqu'od teut exclure la Chimie, la Physique et la Mécauique def travaux de la Nature, alors, pour faire quelque chose, Ton confond tout et Ton force la Nature à se mouler dans le système au lieu de couler le système sur le moule que la Géognosie doit nous offrir.
Le Comte C. Vous êtes bien sévère et les Géo« Ipiostet ne vous sauront pas gré de ce reproche.
CENT SEPTIÂMB EMTEETIBN. 6l5
Mr. de p. Aussi me gardé-fe de faire inafprimer ces chûses-la, et f espère bien qu'elles resteront emre nous. Car ce^ messieurs sont les Rois des rochers et ils pourroient , semblables aux Dieux d'Homère, ni>a lancer un à la tête, qui mettroit lin tout d'un cou(i à mes argument.
Vous connoîssez, madame, les terres, les alkalis ^ et les moraux que !a Chimie traite avec tant d*» soin. Ce sont ces substances qui forment les rocherî. et ti-utes les ma ses qui composent IVcorce de notre g'obe, à l'exception de quelques unes qtie nous devons an rè^na végétal. Mais toutes ne sont pas également importantes au Gëognoste.. Et pour nous surtout, qui ne voulons avoir qu'une- exquisse du grand tableau géologiques nous noas en tiendrons principalement a la silice y la-' Uanine^ la chaïuv et \e fer^ sans au reste nous interdire tout recours à quelques autres, nommément a la magnésie, que les Minéralogistes nomment talc. Ces quatre substances sont celles qui sont le plus répandues dans les minéraux et nous nous attacherons à elles principalement pour éviter les détails qui borneroient la vue et Tempëcheroient de saisir l'ensemble.
La Nature ne nous offre presque nulle part ces quatre substances dans leur état de pureté comme la Chimie le fait. Elles se trouvent combinées et mêlées par les affinités et l'attraction de surface dans les gran-* des masses que nous considérons. Or il est clair que ces combinaisons et mélanges pourroient varier a l'infini. Mais la Géognosie est parvenue à les r'WJuire à cinq espèces principales 9 qu'on n')mmpp/f?rr^a, et qni eonservont généralement et assez biep la proportion de
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leurs ël^mens* levais avoir l'honneur de vous en lire les proportions pour chacune d'elles ^ telles que la Chimie a pu les livrer, dans la supposition de looo parties du Composé.
Le Quart t g8o^ parties de silice, 5 parties d'alu?» mine, lo parties d'eau.
Le Feldspath : 650 de silice, 200 d'alumine, laode potasse, i2| de fer, 5 d'eau.
Le Mica: 470 de silice, aoo d'alumine, 130 de po^ lasse, 1^5 d'oxide de fer, i7| d'onde de manganèse.
hePhyUade: éçjx de silice, 267 d'alumine, 41 de phaux, 141 d'oxide de fer, 80 de talc.
\J Amphibole i /^%o Ae hWice y 120 d'alumine, iiode chaux, 320 d'oxide de fer, 7I d'eau et un soubçon de potasse^
La chaux se distingue des autres substances en ce qu'elle forme, sans autre terre et presque sans métaux, de très grandes masses, où elle ne se trouve combinée qu'avec de Teau et des acides. L'acide carbonique combiné à la chaux en diverses proportions produit la pierre calcaire commune ^ les marbres et la craie, L'ar cide sulfurique produit les gypses dont la plu^ belle espèce est l'albâtre. L'acide fluorique livre le sulfate de chaux, mais en si petite quantité qu'on ne le compte pas.
Un simple coup-d'oeil, jette sur les proportions des subs%tances dont les pierres sont composées, prouve clairement que la Nature ne s* est assujettie à aucune loi dans les compositions des pierres et que nous devons uniquement à la Géognosie l'avantage de les pouvoir ranger sous un petit nombre d'espèces. Le même
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coiip-d^oeil nous dira que la silice domine dans toutes les pierres composées, plus ou moins, mais toujours avec une grande prr^pondérance, et si nous considérons d'un côté que le sable de la mer et celui de la terre n'est presque composé que de quartz, pierre éminemment siliceuse, et de ViMiue que les terres calcaires ne font qu'une partie extrêmement petite de la croûte de notre globe, nous en conclurons que la silice est, de toutes les matières qui composent les minéraux, assurément la plus abondante.
Mde. de L. Mais, mon cher monsieur de P., pensez-vous, eo nous parlar^tde tontes ces pierres, que moi, qui ne les ai jamais vues et qui ua: jaruais étudié la Minéralogie, n'entendrai rien à tout ce que vous allez nous dire? '
Mr. de P. Vous avez, fiiadfîm^, parfaitement raison. Aussi vais-Je ayoir rhor.nejr de vous décrire ces pierres le mieux cjue je pourrai, saijs vous fatiguer du grand nombre de caractères de chacune d'elles, que le Minéralogiste doit connoiire assurément, mais que vous auriez oubliés demain. Je crois pouvoir vous dispenser de ces détails ennuieux «l'f^urant plus qu'ils né sont d'aucune utilité à la Géologie. Je vous ai déjà donné la composition chimique des pierres, qui est celle qui importe le plus à celte science. Les autres caractères sont la cristallisation, la transparence, la dureté, la casr sure, la pesanteur spécifique, la fusibilité et la couleur, Disons un mot de ces sept caractères.
La cristcdlination est une propriété de la phiparf des pierres. Ainsi nous distinguons la texture cristalline et la texture informe. Parmi les pierres douées
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de cristallitation on distingue celles qui ont des surfacet régulières de celles qui ont des surfaces irri^gulières. Les premières se nomment cristaux^ les autres pierres cristallines. Un morceau de quarz, par ex: détaché d'une masse de granité, n'a aucune Forme régulière à son. extérieur, mais le cristal de roche est conformé régulièrement, e^t un cristal paiTait en tout sens.
3/r, de T. Ainsi la régularité extérieure n'est pas un effet nécessaire de la cristallisation?
Mr. de P. II l'est toutes les fois que la cristallisation peut se former en toute liberté sans influence extérieure, ce qui n'a pas toujours lieu. Lorsque plusieurs substances cristallisent à la fois et à part dans une même masse, chacune selon sa propre loi, conmie par ex: dans le granité, alors ces formations particuliêr^\s se . gênent mutuellement dans leur travail et empêchent les lames cristallines d'acquérir à l'extérieur toute leur étendue, ce qui forme d'autres faces que celles que le cristal doit avoir.
Tous les cristaux et toutes les pierres cristallines ont un certain degré de transparence ^ au moins quand on les amincit assez. Mais les pierres non cristallines n'ont aucune transparence (à l'exception des corps vitrifiés) quelque minces que soint leurs lamelles.
La dureté est difficile à déterminer avec justesse. Un corps peut être très dur et cependant se casser faci* lement. Ainsi le poids, qu'une pierre peut porter sai^ en être 'crasée, ne peut servir de mesure pour la dureté. Faute de mieux on essaye la dureté d'une pierre en traçant avec force dçs raies sur du verre ou sur
CENT SEPTIÂMB B^THETIBN. 6tq
d'autres pierres avec un fragment tranchant de la pierr# dont on veut connoitre la dureté. On se sert aussi du briquet, en employant la pierre en question comme une pierre à fusil. Si elle donne du feu , on la range parmi les pierres les plus dures.
La cassure est l'aspect qu'offrent les faces intérieures d'une pierre qu'on vient de casser. Celle des cristaux est toujours luisante et, à peu d'exceptions près, plane lorsqu'elle est parallèle aux iissures. Celle des pierres cristallisées est également luisante mais à différeas degrés et Ton compare différentes espèces de luisant à celui d'autres corps connus, comme la nacre, le lard ou la graisse, le métal etc. Elle n'est pas toujours plane, souvent lamelleuse, souvent en forme de coquille, dont une face est convexe et l'autre concave. D'autres fois elle affecte la Hgure de rayons, de libres etc* La cassure transversale des cristaux affecte les mêmes variétés. Dans les pierres informes la cassure se nomme compacte, lorsque les surfaces sont lisses sans être luisantes, granuleuse lorsqu'elles offrent des aspérites arondies comme de fins grains et terreuse lorsqu'elle offrent des aspérités plus fines et angulaires. Plus la cassure approche de la cassure compacte et plus la pierre est dure.
La pesanteur spécifique paroit devoir être un caractère essentiel des pierres et ne Test pourtant pas dans le sens géognostique ; car il est prouvé que la même pierre qu'on nomme Quarz, Mica, Feldspath, pierre calcaire, varie assez considérablement d'individu à individu. Néanmoins il est iniércftsant pour la Géognosie et la
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Géologie de connoitre cette propriété non seulement des pierres, maisaussi des roches.
Lti fusibilité est la propriété de devenir liquide par différents degrés de chaleur. Elle varie d'une pierre à l'autre. Les Quarz sootles moins fusibles de toutes les pierres^ Lfâ silice pure est infusible au feu de réverbère et ne le devient que par le mélange avec d'autres terres et surtout avec les alcalis et les oxides de métaux, qui font avec la silice la composition des vorres.
hsL couleur des pierres est quelquefois caractéristique, souvent accidentelle. Ce qu'il y a de siir, c'est que les couleurs des pierres sont diies aux métaux ou plutôt à leurs oxides, très rarement a un peu de carbone.
Mn de R. Ainsi les métaux soqt les peintres de la nature minérale; ce sont eux qui fournissent toutes ces çoufeurs si variées et si frappantes que nous étalent les cabinets de Minéralogie.
Mr. de P. Assurénient et quoiqu'elles ne soient pas toutes essentielles au caractère des pierres, néam-p moips ou pe manque pas de les nommer, par ce qu'elles conviennent de règle à telle ou telle pierre et Ton allèguéles exceptions. Mais la désignation des couleurs et de leurs nuances est très didicile, le Ghromètre (instrument pour graduer les couleurs) que monsieur le Comte a imaginé, n'étant pas encore exécuté. Au défaut de mieux le Mine^ralogiste compare les couleurs de ses pierres avec celles d'autres objets connus.
Après ces préliminaires, qui peut-être vous ennuient, madame, mais qui sont indispensables, je puis en venir a décrire nos pierres»
Cent septième emtïibtiej^. 62 1
Mde. de L. Pourquoi tn'ennuieroient-ils? La^ Vraie science n'a pas besoin de descriptions poétiques pour infi^resser et attacher. Lorsqu'elle nous fournit de ces belles description^, c*e&t un mérité de plus, un« nouveau droit à notre reconnoissânce, qu'elle s'acquiert.
Mr. .de P. Cette bonté de votre part^ madame, me fait un devoir de vous épargner plusieurs divisions et subdivisions, qui peuvent être fort utiles au Minéralogiste de profes ion, mais dont la Géognosie et la Géolo^'ie se sourient d^autant moins qu'elles varient d'un auteur à l'autre.
Le Quarz est dé règle une pierre cristallisée, mais aussi très souvent un cristal parfait, de forme de prisme à six faces, terminé à %ts deux bouts en piramides à six côtés. Il ne cède en dureté qu'au Diamant, raie le verre et donne du feu au briquet. Sa cas-' sure transversale (perpendiculaire à l'axe) est déforme de coquille. La couleur et la transparence indiqu&nt plusieurs espèces 4 dont lés principales sontl
Le Cristal de roclie^ sans couleur et de la plus
grande transparence, cristal parfait dont la grosseur va^ rie d'un diamètre à peine sensible jusqu'à un diamètre de 2 ou 3 pieds et plus* Pesanteur spécifique 2^^.
Le Quarz ordinaire , famais tout-à-fait transparent^ souvent un peu blanchâtre, affectant plusieurs couleurs, le plus souvent rougeâtre en teintes très variées depuis la plus légère jusqu'au rouge de sang. Pesanteur spécifique moyenne i^^^*
U Améthyste affecté différentes couleurs dans le Inême morceau, de règle viollet^ puis brun d'oeillet^
6aa (XNT SEPTIÈME ENTRETIEN.
gris de perle, verdâtre, olive, qui passent dé Tune à l'autre par difff^rentes nuances quelquesfois séparées par des couches parfaitement transparentes.
La pierre à fusil ^ grise de toutes nuances, faune sale et brun rougeâtre. Sa pesanteur spécifique moyenne est af.
La Calcédoine y le plus souvent blanche de lait et bleue, mais aussi verdâtre et jaunâtre et souvent tachée, striée ou offrant des figures de nuages.
La Caméole. Sa couleur dominante est rouge de sang, mais affectant souvent toutes les teintes de rouge exceptée celles qui tiennent du bleq , quelquesfois jaune de cire plus ou moins foncé. Elle est très peu transparente. /
l/Opale a plusieurs variétés. Sa couleur ordinaire est le blanc de lait quelques fois grisâtre, jaunâtre, rarement rouge ou verd. Il n'est que peu transparent et te distingue des autres pierres de ce genre en ce que, TU à jour, sa couleur est jaunâtre (d'où vient le mot opaliser) et par sa moindre pesanteur spécifique qui ne va guères que jusqu'à a. Une de ces variétés est Vhy^ drophane, dont nous avons parlé dans l'Optique.
Le Jaspe offre toutes les nuances de rouge jusqu'au brun foncé, aux quelles il ajoute quelquesfois du gris, du jaune, très rarement du bleu, et toujours en bandes parallèles, dont les couleurs passent par plusieurs nuan* ces les unes aux autres. Ces bandes ou bandelettes ne sont pas toujours droites, mais souvent rompues sous différents angles, de sorte que la coupe offre des figures angulaires, concentriques, à faces parallèles, qui ressemblent assez a un dessein de fortification.
CBNT SEPTIEME EMTR£TIBN. 62^
Ujigaie est une pierre composée de plusieurs des pierres que je viens de nommer, principalement de calcédoine, de pierre à Fusil, de jaspe et de quarz ordinaire. C'est de l'assemblage de ces différentes pierres fondues en une seule que se forment les jolies figures infiniment variées que nous offre Pagate.
Mde. de L. Voilà bien des pierrea appartenantes a une seule famil le !
Mr. de P. Leur nombre est bien plus considérable et je serai forcé à la suite^ de vous en nommer encore deux ou trois. Aussi la famille des pierres de quarz est-elle la plus importante à la Géologie.
La famille des Feldspath offre également plusieurs espèces dont je ne vous décrirai que le feldspath ordi-^ naire. On le trouve en cristaux parfaits, en forme de colonnes plattes, a 6 faces, dont deux opposées sont plus larges que les autres. Ses extrémités sont comme tranchf^es de biais et forment en quelque sorte une moitié de toit. On le trouve encore plus souvent comme pierre cristallisée. Il n'a que très peu de transparence. Sa couleur ordinaire est le blanc rougeâtre, par fols très rouge, quelquefois le blanc pur, rarement jaunâtre. On compte aussi au nombre des feldspath une fi^mille de pierres bleues et vertes, mais dont la composition contient beaucoup plus d'alumine que les vrais feld* spath. G est dans cette famille que se trouve la pierre Lazuli, parsemée de paillettes d'or et teinte du plus beau bleu, qui fournit l'outremer. Le feldspath est b^^aucoup moins dur que le quartz et se décompose assez fa-* cilement par l'actioa do l'air et de l'eau. Gest un in*
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gn-dient principal de la porcelaine. La bolle pierre de Labrad<r de couleur gris de fuuip.e, mais qui réflnchit ces vives couleurs de bleu y de rouge et de yerd^ est un feldspath.
Le Mica est un cristal en feuilles sexângn^ires, qui se détachent assez facilement et sont transparentes et brillantes comme du verre. Sa couleur la plus commune, lorsqu'il est en masses de quelque épaisseur, est un gris très foncé ^ presque noir. On en trouve aussi de blanc, de jaunâtre et de verd de plusieurs nuances. Du reste le mica forme une famille d'une dixaine de membres, dont aucun ne nous iuiéresse que le plus commun que je viens de décrire^
Le PhyUade n'est point cristallisé et n'a aucune transparence. Il est composé de plaques ' ce que l'on nomme texture schisteuse) ordinairement de gris fonce^ et de noir bleuâtre, souvent de gris verdâtre, qui te dtUitent le plus souvent en feuillets minces, dont la surface est tantôt lisse, tantôt striée ou ridée. La cassure «at toujours matte et terne, quoique les P^^uillets soient luisants. Cette pierre est tendre et se décompose faci- Irment par l'influence de l'atmosphère. C*est le Phyl- Wito qui noua fournit l'ardoise et quelques pierres à «puiser.
X^ .^mphihole est un vrai cristal en forme de co* Iniagine2 un prisme rhomboidal à 4 côtés, e% "à \^ sont les deux petits angles, on fasse une i m pendiculaire , qui enlève l'arè'te; vous aurez is» cette colonne, dont les bouts setermiupnt en pointe par trois facettes triangulaires.
CENT fiBPTnboB BimuBTiBir* 625
Ce criatàl éét o{>àqu€; et luisant , de èoùleuf nàirë ùU verte très foncée. Il se distingue des autres pierres par une odeut particulière lorsqu'on sotifHé dessus ThaleiHé chaude. Il est di£BdIe à fondée.
he$ pierres de chaux éoin{>oséiït plusieurs familles nombreuses. Nous ne tenons compte que de deux^ dé
e qui est coitiposéie de carbonate de chaux et dé celle qui est composée de sulifate de chaux. Là première comprend les pierres calcaires 9 là seconde les Grypses*
La pierre calcaire se tîoute d'abotd ete cristaux^ dont la forme est toujours le rhomboëdre, c à. d* Itf cube ol^lique. La plus belle espèce est le spath d'Is^ lande à double réfraction et parfaitement transpatent et luisant^ que vous avez appris à connoitre dans TOp-* tiquer Elle se trouve de plus cristallisée dalns dé grandes masses de roches calcaires^ où la eristallisatidiil est plus on moins apparente^ qui dans les tnarbtés Cdininencé à disparoitre^ dans la roche éaldairé n'est plus sén» sible et dans la craie bien èertainement sfedsté pas du tout^ La couleur de là pierre calcaire est lé blanc, qui passe au gris et même au gris foncer Dans lés marbres on trouve toutes les couleurs, ondoyées^ tachetées^ veinées^ striées^ etc. La craie pure est toujours l)Iaaclié. Les stalactites àont de la pierre calcaire^ et vous éaireit déjà qu'elles ont plus un moins de tram*patenté 4 ce qui indiqué uùé ctistallisatioii plus ou moins Consommée.
hesGypses aiïecteht plusieurs cristatjisations. Tan-* tôt c'est une courte colonne oblique à quatre ou à six
c5t£»y dont la hmm te tenmnent par vue pjriMhln de dSiffifrcnts nombret de fiuxs. Tantôt ce aoat dfli er ittaïUL en fenne d'àigatllm agglntinéet les unes ans m^ tnêf toit ^parallèlement, soit en fignre de rayons. Tntftc ce sont det Cniilleti qui ne se détachent pas C^il^ ment» Qoelqnet espèces de Gypses ne sont pas dn toÉt cristallisés» L'albltrCy dont on se sert en scnlptnri^ soit conune pierre de taille, soit ponr fidre des Bgatm moolées, est compacte et nn pea transparent» Sa couleur est le pins beaa blanc D*antres gypses sont gm de dif erses teintes, fsnnitres, roogeâtres, ronges^ Ter* dâtrctf sonvent tachés et veinés.. Les Gypses oflErent deux singularités chimiques. L'une est que leurs proportions de Tadde à la chaux sont^ à ce que Ton assure^ mrariables dans toutes les espèces, malgré la grande Tariété de cristallisation, quant au genre de fignre et an degré deperfection. La pins ou moins grande quantité d'ean qui entre dans leur composition seroit-elle la cause de cette variété? La seconde singularité est que, quoique les gypses en général aient beaucoup plus d'eau de cristallisation que toute antre pierre calcaire, on en trovre cq^dant qui n'en ont pas du tout.
Mde. de L. Vous nous ayez désigné les couleurs des différentes pierres. Ne nous direz -yous rien des métaux à qui nous les devons?
ilfr. de P. Oui et non, madame. Non^ si vous désirez que je vous parle des métaux comme des subs^ tances colorantes; car vous s^yez que ce sont les oxides de métaux qui donnent leurs propres couleurs aux pier* ■MCtvousconnoissezdéja ces couleurs que j'ai eu rhon-
CBNT SfiPTlàMX BSTRBTOSV* Gay
neur de Ton» nommer an chepitre de la Chimie. J'af outerai seulemeiit que le deutoxide et le tritoxide de fer sont à beaucoup près les plus fréquents^ Quant aux métaux considérés comme Corps à {>art dans le règne minéral, je dois les ranger dans une classe particulière, celle des substances inflammables*
Le jeune de L. Les pierres ne sont- elles pis du tout inflammables. Le diamant par exemple?
Mr. de P. Le diamant est inflammable^ et c'est précisément la raison qui Ta fait exclure du nombre des pierres. I^e diamant est^ comme le charbon i inflani-^ mable et non fusible ; les pierres sont fusibles et non inflammables- La classe des Tnatièreê infiammableê ftunéràlts comprend deux sortes de substances, les métaux et lé soufre^ i quoi Ton ajoute des compositions.de cairbone et d'hydrogène^ bien que ces substances n'àppartien-s nent pas an règne minéral proprement dit^ mais par ce qu'elles se trouvent en très grandes masses pele*mêle avec les minéraux^ n'offrant plus la structure orga«c nique^
Dent métaui^ l'or et le platine^ ne se tronvent que sous la forme métallique.
Le jeune de Lé Gela ne prouveroit • il pas que Fà Nature n*a jamais composé d'acide muriateux^ puisque c'est le seul^ui puisse oxider ces métaux?
Mr. de P. Cette remarque est juste ^ quoique le raisonnement, sur le quel elle s'appuie^ ne soit pas applicable partout^
6^8 <^^^^ SEPTIBMB EMraETIBlf.
Les autres métaux pâroisséut rarement souslàforihe mëtallique, mais, de réglé, ou coitiiiié dxides ou comine sulfures. Le fer, le plus répandu de toùà les métaut, comme la silice est de toutes les terres la plus abondante, se trouTC oxidé dans toutes les pierres et parconséquent dans toutes les roches.
Mr. deTè A l'eiiception du quarz, môii cher àmi, dans la composition du quel yous n'avez pas annoncé de fer*
Mr* de P. Vous n*àvez pas tort sî vous parlez do cristal de roche, qui n'a aucune couleur. Mais quant aux autres quarz, qui sont tous colorés, iis contien*^ nent certainement plus ou moins d'oxid'e de fer.
Le soufre pur se trouve principalement sur les vol-
cans ou dans leurs environs. Mais on le trouve uni aux métaux et surtout au fer dans bien des endroits où l'on ne trouve point de signes extérieurs d'un volcan. Les sulfures se nomment pyrites en Minéralogie*
Les composés de carbone et d'hydrogène, recelés dans le sein des roches, sont la pétréole et .la houille ou charbon de terre. L'une et l'autre ont beaucoup de variétés, qui mutuellement se servent de passage l'une à l'autre.
. La pétréole est une espèce d'huile, qui dans sa plus grande pureté est très liquide, limpide et sans couleur. Elle brûle avec une odeur agréable. Elle prend une couleur jaune-clair, plus foncé, brun et presque noir, et perd de sa liquidité à mesure qu'elle gagne en couleur. Ce changement , que la pétréole pure a subi, a Tair d'une carbonisation. On la nomme alors hliume.