‹ Entrevisions, suivi de Poèmes posthumesChapitre 27 sur 75 · HEURES SEREINES · texte numérisé non relu

HEURES SEREINES

QUELQUES heures que Dieu nous avait envoyées, Humblement, comme avec des ailes repliées, D'un pas grave et discret, et d'un cœur calme et doux, En ces jours révolus ont passé près de nous. C'étaient de simples sœurs. Elles allaient tranquilles. Et si lentes qu'on eût pu les croire immobiles. Si tout n'avait redit leur étemel départ. Sur nous qui songions, leur tendre et clair regard Silencieusement glissait comme les nues Du ciel splendide dont elles étaient venues.

Leur trace azurait l'air, leurs robes de satin Étaient comme le souffle agile du matin, Qui passe sur des fleurs sans qu'une fleur s'incline Et nous sûmes ainsi qu'elles étaient divines. En ces ombreux jardins d'un long et calme été, Telles furent pour nous ces heures de beauté. Jusques au soir, des yeux nous les avons suivies Tout au loin de ce rêve unique et de la vie, Là-bas, vers le passé, vers hier, vers demain. Sous les arbres et jusqu'au détour du chemin...

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