‹ Entrevisions, suivi de Poèmes posthumesChapitre 46 sur 75 · AU BOIS REVANT · texte numérisé non relu

AU BOIS REVANT

C'est dans mes songes la très belle qui repose Dans ses sourires et ses saintes ombres close Avec ses yeux pensifs et ses mains de paresse.

C'est dans mes songes la très belle qui se joue Et douce qui m'appelle et blonde qui me noue, Avec ses yeux lascifs et ses mains de caresse.

C'est dans mes songes la très belle qui m'écoute Et boit ma plainte triste et lente goutte à goutte Avec ses yeux bleus et ses mains de baisers roses.

C'est dans mes songes la très belle et la très sage, En mes songes ses yeux, ses mains et son visage De roses au soleil, de soleil dans des roses.

LA PLÉIADE, MDCCCLXXXVL

Tu réponds à mes vœux les plus chers. O chagrine Et délicate enfant d'une race si fine, Si pure, qui survit dans le soir de tes yeux ; Les sveltes lévriers lèchent tes pieds soyeux, Caressants et dormants parmi les feuilles sombres, Et les verts peupliers te vêtent de leurs ombres. Lumineuse, parmi ces sourdes profondeurs. Par les légers chemins pleins de tièdes odeurs, Qu'ondule de soleils ta robe chatoyante. Tu portes en tes mains mon âme souriante,

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Et perlés de matins, éblouis de frissons, Tu sais tresser encor de mes frêles chansons. Autour de ton front chaste et tes paupières closes, De légers rêves blancs, conmie un chapeau de roses.

LA PLÉIADE, MDCCCLXXXVL

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