‹ Entrevisions, suivi de Poèmes posthumesChapitre 48 sur 75 · LA DÉRIVE · texte numérisé non relu

LA DÉRIVE

CELLE qui s'est trop bien cachée, Et que je ne retrouve pas, Sans doute au fond des eaux couchée S'est endormie en ses yeux las.

Vais-je la retrouver ? je pleure.

J'erre en ce bleu calme moqueur Et tant hélas ! qu'en tombe l'heure Du soir précoce sur mon cœur.

Hélas ! je vogue à l'aventure, De blanches perles en mes mains, Barque sans port, nef sans mâture, Qui n'a boussoles ni chemins,

Et je porte, des chères grèves

De mon irréparable sort.

Mes fleurs, mes ombres et mes rêves

Et mes richesses, à la mort.

PARNASSE DE LA JEUNE BELGIQUE, MDCCCLXXXVII

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