MOSCOU
Dans le Muséum impérial de l’Université se trouve la collection de M. Stéven , que cet entomologiste lui a donnée. On y remarque des espèces uniques , quoique l’ensemble de la collection, qui s’élève à environ 5000 espèces, soit assez mal conservé. La paléontolgie possède des pièces fossiles toutà-fait inconnues; tels sont: le Trogantheriurn , semblable au castor, mais d’une taille bien plus grande; Y Elasmoterium , de la grandeur de l’éléphant; le Lophiodon , découvert en Sibérie ; et enfin le Mericotherium , de la taille de la giraffe , que Bojonus a décrit. Le cabinet de M. Nicolas Becktemi-
d’entomologie.
choff , estimé à cent mille francs , est destiné , par testament, après la mort de ce naturaliste, à enrichir encore le Musée impérial, dont le noyau fut formé, après l’incendie de Moscou , par ce qui put échapper aux flammes, de la riche collection de feu Nicolas Nikilisch Demidow.
MUNICH [Bavière).
Le Muséum de Munich possède 2700 espèces d’insectes de l’Amérique du sud, parmi lesquels sont 50 orthoptères, 120 hyménoptères, 120 lépidoptères, 250 hémiptères et 100 diptères. M. le conseiller Melzer lui a , de plus , légué sa belle collection de lépidoptères.
École polytechnique. — L’École polytechnique de cette ville a acheté récemment la collection d’insectes de M. Fesel.
NANTES ( Loire-Inférieure ).
Le Musée d’histoire naturelle de cette ville possède une riche collection minéralogique, à laquelle on a jusqu’à présent sacrifié les autres parties de l’histoire naturelle. Pour l’entomologie tout est encore à faire.
NEUFCHATEL (Suisse).
On établit dans cette ville , sous les auspices de M. Coulon , lin cabinet d’histoire naturelle, dans lequel on remarque déjà line belle collection de lépidoptères de la Suisse.
ORLÉANS ( Loiret ).
C’est en 1827 que fut fondé le cabinet d’histoire naturelle d’Orléans; il doit son origine , soit à des dons individuels , soit à des offrandes fournies au moyen de souscriptions générales. La collection minéralogique est assez étendue; celle des fossiles est aussi très-remarquable; les échantillons qui la composent viennent principalement des gisemens d’Àvaray
et de Chevilly et de ceux de Barres et des Aydes ; ces deux derniers ont été découverts , il y a une dixaine d’années , par M. Thion , directeur du Muséum d’Orléans. La conchyologie se compose d’une assez jolie suite d’échantillons provenant du cabinet de M, Ætté , et que M. le comte de Tristan a classés d’après un système qui lui est propre.
L’innombrable classe des insectes n’est encore représentée que dans une vingtaine de cadres vitrés , n’offrant encore), à vrai dire , que les élémens d’une collection ; mais M. Thion s’occupe avec zèle de la compléter. Le reste de la partie zoologique sera placé dans une vaste salle dont la construction doit être achevée dans le courant de l’été prochain.
PARIS
Je ne crois pouvoir donner une meilleure idée de l’état actuel de ce Muséum , qu’en reproduisant, dans son entier, la lettre que m’a écrite M. Audouin , professeur d’entomologie au Jardin-des-Plantes , auquel j’avais demandé des détails sur cet étabissement. Voici sa lettre :
« Mon cher confrère ,
« Comme j’ai eu l’honneur de vous l’écrire, il me faudrait quelques semaines pour répondre convenablement à la demande que vous nous faites; car il serait nécessaire, pour qu’elle fût satisfaisante , que j’aie eu le temps de compulser les procès-verbaux des séances hebdomadaires que tient l’administration du Muséum , afin de faire un relevé des différens dons qu’on a reçus et des acquisitions nombreuses qui s’y trouvent consignées; mais, puisque vous réclamez de mon amitié que je mette immédiatement la main à la plume , je m’y résigne, tout en regrettant que vous ne m’ayez pas accordé le répit que je vous demandais.
« Nos collections, comme vous le savez, sont nombreuses; elles contiennent beaucoup d 'annélides , de crustacés , d’ arachnides à' insectes de tous les ordres. Malheureuse-
d’entomologie. 87
menl tous ces objets sont loin d’être classés, et pendant long-temps ces richesses sont venues s’accumuler, chez nous , sans qu’on ait pu s’occuper successivement de leur rangement. Cet état des choses est dû à diverses circonstances, dont la principale est, sans contredit, le peu de place que l’on a cru devoir accorder à l’entomologie dans l’enseignement des hautes sciences. En effet, ce n’est qu’en 1830 , peu de temps après la mort de M. Lamarck , que la chaire d’entomologie a été créée, et qu’on y a appelé M. Latreille. Ce n’est aussi qu’à cette époque que j’ai pu m’occuper du classement des collections, qui jusque-là avait été complètement négligé. Ayant devant moi un arriéré de plus de trente ans , j’ai dû songer d’abord à distinguer et séparer entre eux les classes, les ordres et les principales familles. Les crustacés , les arachnides, les insectes ont été divisés, et les grands genres ont été groupés. Mais ce n’est qu’en 1833 , lorsque je fus appelé à la chaire d’entomologie, que la mort de notre grand maître laissait vacante , que j’ai pu donner un libre essor au plan que j’avais conçu , et dont j’avais déjà commencé la mise en exécution. Ce plan consistait à distribuer les animaux articulés en trois collections : l°Une collection générique y ne renfermant que la série des principaux genres et des principales espèces bien dénommées; cette collection est placée dans des cadres vitrés et exposée journellement aux yeux des étudians. En tête du genre est placé une petite planche , offrant les figures des principaux caractères entomologiques , de manière que l’élève , en examinant l’insecte, puisse se rendre compte de la forme et des particularités les plus remarquables des organes sur lesquelles est basé l’établissement du genre. La presque totalité des crustacés et des arachnides est classée suivant ce système , et les insectes sont en bon train.
«2° Une collection spécifique , placée dans des meubles à tiroirs , et qui comprend , pour les insectes , tous les genres, toutes les espèces , toutes les variétés de forme, de couleur ou de localités connues. C’est là notre grande collection qui
contient les espèces exotiques, comme les indigènes , rangées méthodiquement d’après l’ouvrage queM. Brulléet moi publions. Déjà cette collection se compose de soixante-six meubles , contenant chacun huit tiroirs. On va confectionner vingt quatre nouveaux meubles , et chaque année , j’espère , on en ajoutera au moins autant. Ce ne sera certainement pas trop ; car nous avons calculé que tous les insectes qui sont provisoirement placés dans des boîtes en carton , et que nous devons distribuer dans ces meubles, en exigeraient au moins cinquante. Je ne fais pas entrer dans ce calcul les nouvelles richesses qui nous arriveront, soit par envois de nos voyageurs, soit par dons de la part de généreux amis de la science , soit par acquisitions.
« 3° Enfin , une collection d’insectes de France, dont l'arrangement est commencé pour les insectes coléoptères, et qui, contenue dans des boîtes de cartons à dos de livre , restera dans notre laboratoire à la disposition des personnes qui voudront déterminer les espèces recueillies aux environs de Paris ou sur un point quelconque du royaume.
« Depuis que les entomologistes ont été témoins de l’ordre introduit dans les collections que j’ai sous ma direction , et qu’ils ont eu la certitude que tous les moyens étaient employés pour leur conservation, et surtout qu’on s’occupait activement de leur classement , ils se sont empressés de répondre à l’appel que je leur ai fait de venir déposer dans la collection nationale les espèces dont ils pouvaient disposer. Plusieurs , je dois le dire , ont été assez généreux pour se dessaisir d’insectes uniques et nouveaux , afin que le type des genres ou des espèces qu’ils avaient établis pût être au besoin consulté par toutes les personnes que cela intéresserait. J’ai eu plus d’une preuve de cet élan généreux dans un voyage que j’ai fait, en 1833, dans le midi de la France , et je me plais à vous signaler, comme dignes de la reconnaissance des administrateurs du Muséum d’histoire naturelle de Paris, MM. Laporte, Roger, Perroud , d’Argelas , à Bordeaux; Léon Dufour, àSaint-Sever; Lubat, à Mont-Marsan;
d’entomologie.
Darracq, à Bayonne; Boisgiraud, à Toulouse; Farines, Aileron , Compagnio , Levesque , à Perpignan ; Daube , Chabrier, Salzmann, à Montpellier; Solier, Barthélemy, à Marseille; Boyer, pharmacien et Boyer de Fonscolombe , à Aix ; Banon , Eymon d’Esclevin , Varvas , Mittre , à Toulon ; Fondras, Fontenay, Peroud, à Lyon; Baridon, à Beaucaire. Tous ces Messieurs , dont plusieurs vous sont connus, m’ont ouvert généreusement leurs collections, ce qui m’a permis de réaliser le désir que j’avais de réunir au Muséum de Paris une collection d’insectes de France. Sans doute elle est encore loin d’être complète ; mais je ne doute pas d’atteindre bientôt le but, si les naturalistes du Nord se piquent de rivaliser avec ceux du Midi, et s’ils suivent le bon exemple que vous venez vous-même de leur donner, en nous envoyant une belle suite de carabiques, dont un grand nombre prendront place dans cette collection vraiment nationale.
«Votre dernier envoi , comme tous les dons qui m’ont été faits, à moi personnellement, ont été dûment enregistrés ; car je dois vous dire , que ni moi, ni M. Brullé, mon aidenaturaliste, ni aucune des personnes attachées à la chaire d’entomologie , ne font de collection ; et je n’ai pas eu besoin d’exiger d’elles ces sacrifices; elles ont été les premières à sentir que la possession d’une propriété de ce genre, quelle que soit leur probité bien connue et certainement hors de toute atteinte , n’était pas sans de graves inconvéniens. Aussi, la collection publique s’enrichit-elle des objets que leurs relations leur procurent, et , certes, vous conviendrez que c’est déjà là un résultat fort satisfaisant. Ajoutez que tout leur temps est consacré au rangement de la collection publique , sans qu’ils en soient distraits par aucun autre soin plus pressant.
« Je viens de vous parler de catalogues. Il est bon que vous sachiez dans quel système ils sont faits : Des feuilles, ayant des titres imprimés , sont destinées à recevoir la désignation aussi complète que possible des objets qui nous sont envoyés. A la fin de chaque année on les relie , et réunies ainsi,
gO COLLECTIONS PUBLIQUES
elles constituent véritablement un inventaire bien authentique. Ces catalogues sont divisés en cinq colonnes , destinées à autant d’objets distincts , et dont vous comprendrez bien l’importance , en jetant les yeux sur la transcription que j’en faits ici. (Voir le tableau ci-après. )
«Vous le voyez, mon cher confrère, j’ai monté les choses sur un bon pied , et qui exige un travail assidu pour que le rouage marche régulièrement. Je n’aurais pu y parvenir sans l’activité des personnes que j’ai auprès de moi et qui me secondent avec un rare dévoûment. Ces personnes ne sont cependant qu’au nombre de trois. En première ligne, se place naturellementM. Brullé , mon aide-naturaliste. Tous les jours je me félicite du choix que j’ai fait et que me commandait à cette époque l’opinion générale ; car, lors de ma nomination, je n’avais eu aucune relation avec ce jeune savant. Aujourd’hui, et depuis un an que nous sommes ensemble, j’ai appris à connaître non-seulement ses excellentes qualités personnelles , mais j’ai été à même d’apprécier son mérite et son savoir-faire. L’étude suivie qu’il fait des espèces, le tact qu’il a déjà acquis pour les reconnaître et les distinguer, sont un sûr garant de la certitude des déterminations que successivement nous plaçons sous nos individus. Bientôt, je l'espère, la collection du Muséum répondra à sa véritable destination ; elle représentera l’état actuel de la science , et à cause de cela , pourra être étudiée avec grand avantage par les personnes qui se livrent à des travaux descriptifs. Déjà , et depuis longues années, elle a été consultée avec fruit par les entomologistes qui ont publié divers écrits , bien qu’on puisse reprocher à tel d’entre eux d’avoir à dessein affecté de ne pas faire mention du secours qu’il a reçu ; mais il y a des gens pour lesquels la reconnaissance est un fardeau , même lorsqu’il s’agit d'une institution nationale dont ils devraient être jaloux de constater l’utilité.
La seconde personne, dont le temps est exclusivement donné à la collection d’entomologie, est M. Lucas , fils d’un employé estimable qui a vieilli dans notre établissement , et
d’entomologie . 9 1
qui y est mort depuis huit ans. M. Lucas s’occupe plus spécialement du matériel de la collection , ce qui ne l’empêche pas, dans ses momens de loisir, de travailler à la classification. J’ai mis entre ses mains l’arrangement de nos lépidoptères, et j’ai grande confiance dans son zèle et la bonne volonté dont il a toujours fait preuve. J’ajouterai que l’ayant eu fort jeune sous ma direction, à l’époque où je débutais au Muséum comme aide-naturaliste, il a pour moi un attachement réel, et qu’il a personnellement à cœur de me seconder dans l’exécution du plan que je poursuis. Enfin, j’ai obtenu de l’administration du Muséum, l’an dernier, un jeune employé, M. Blanchard , qui montre pour l’entomologie d’heureuses dispositions, et qui, dans quelques années, pourra nous être fort utile pour le rangement scientifique.
«La collection a grandement besoin d’aides ; car, comme je vous l’ai dit, j’ai trouvé ici un arriéré de trente années qu’il a fallu mettre à jour, et qui consistait en un grand nombre d’envois plus ou moins anciens qu’on a du d’abord débrouiller, et pour lesquels il n’existait aucun catalogue. Les principaux sont :
« 1° Ceux deDelalande, consistant en objets du Brésil et du cap de Bonne Espérance ;
« 2° De M. Auguste Saint-Hilaire , composés d’insectes des provinces des mines de Gampos-Geræs et Monte-Video ;
« 3° DeM. Péron et autres, provenant du voyage autour du monde, et particulièrement de la Nouvelle-Hollande;
« 4° Les récoltes de MM. Milbert et Lesueur dans l’Amérique du nord ;
«5° Quelques objets rapportés, de Saint-Domingue par Hogard ;
«6° Un plus grand nombre des Antilles et de Ténériffe , par Maugé;
«7° Plusieurs, recueillis par Riche, à Madagascar;
«8° Les belles collections faites dans l’Inde par MM. Diard et Duvaucel ;
«9° Beaucoup d’insectes réunis au Bengale , par Massé ;
d’entomologie. 95
« 10° Les récoltes de Leschenault et M. Doumerc , à la Guyane ;
« 11° Celles offertes par M. Banon à son retour de Cayenne ;
« 12° Lesimportans insectes recueillis en Perse, en Egypte et dans tout l’Orient, par Olivier ;
«13° Les intéressans objets rapportés par feu M. Desfontaines lors de son voyage en Barbarie ;
«14° Enfin, la collection de Bosc dont le Muséum a fait l’acquistion à la mort de ce savant et qui est précieuse parce qu’elle renferme plusieurs insectes déterminés par Fabricius et quelques-uns rares n’existant dans aucune autre collection, tel que le genre Agias parmi les diptères.
« C’est en 1826 seulement, époque à laquelle j’ai été nommé aide- naturaliste, que j’ai obtenu qu’on dressât, d’après le système que je vous ai développé , des catalogues à fur et à mesure que des envois seraient faits ou que des collections seraient achetées. Depuis lors le plus grand ordre se fait remarquer dans le mouvement journalier des dons qui nous sont adressés et des échanges que nous stipulons avec les amateurs. Depuis lors aussi les objets nous arrivent en bien plus grande abondance et beaucoup plus fréquemment. Parmi les dons les plus remarquables je vous citerai :
« 1° En 1826, une collection nombreuse de crustacés, en parfait état de conservation , envoyée des Antilles et de l’Amérique du nord , par feu M. Plée, voyageur du Muséum; plusieurs collections d’insectes.
« 2° En 1827 , divers insectes et arachnides de la Russie méridionale, par M. Bertoldy.
« 3° En 1828 , envois de MM. Lesueur , de Philadelphie ; de M. Bellanger, de Pondichéry ; de M. Goudot. , de Tanger ; de MM. Audouin et Milne Edwards ( objets recueillis sur les côtes de la Manche).
« 4° En 1829, les importantes collections réunies par MM. Quoi , Gaymard , dans leur expédition avec M. Durville , et qui sont venues compléter celles que ces savans avait généreusement données au Muséum lors de leur précédent
voyage avec le capitaine Freycinet. La même année on a reçu celles de M. Reynaud , chirurgien à bord du bâtiment de l’État , la Chevrette , et qui , dans la seule classe des crustacés , ne renferme pas moins de 176 espèces.
« 5° En 1830 , des envois de crustacés d’Égypte , par M. Riippel , et d’un grand nombre d’espèces du Bengale et de l’Océan indien , par M. Dussumier ; la belle suite d’insectes récoltés en Morée, par M. Brullé.
« 6° En 1831 , la collection d’insectes coléoptères et autres réunis dans le Bengale, par les soins de M. Bellanger; celle de M. Eydoux, qui, dans son intéressant voyage, a eu l’occasion de visiter le Sénégal, l’île Gorée , la côte de Coromandel , Pondichéry, les îles de France et de Bourbon.
« 7° En 1832, un nouvel envoi de M. Eydoux et des collections précieuses de M. Gaudichaud , pharmacien de la marine royale, et qui dans un grand nombre de voyages n’a jamais négligé de réunir des insectes de tous les ordres , ainsi que des crustacés et des arachnides.
« 8° En 1833 , époque de ma nomination comme professeuradministrateur , divers dons; les principaux sont : Crustacés et insectes du Chili, par M. Gay; insectes de Philadelphie , par le Muséum de cette ville ; insectes de Morée , par M. Marloy, chirurgien de la marine royale ; insectes de l’Inde, par Jacquemont; insectes de la côte d’Afrique, par M. Gérard, chirurgien militaire; insectes de Suisse, par M. Pictet ; insectes de l’île Bourbon , par M. Bréon ; insectes du Brésil , par M. Sylveira ; de l’île Maurice , par M. Desjardins. De plus , un grand nombre de dons d’insectes des environs de Paris , du midi de la France et du nord de l’Italie , parmi lesquels se distingue celui de M. Lucas, attaché à la chaire d’entomologie , et dont j’ai eu déjà à louer le zèle. Je dois ajouter que, sur ma demande, l’administration a fait diverses acquisitions importantes , entre lesquelles se distingue la collection de crustacés de feu M. Latreille, une belle collection du Brésil, à M. Vauthier; une autre, d’insectes d’Afrique, à M. Bové; une quatrième, d’espèces du Mexique.
d’entomologie.
ü 9° En 1834 , le nombre des acquisitions est plus considérable encore ; la plus importante est celle des espèces uniques ou rares, récoltées à Madagascar, par M. Goudot. Je ne vous parlerai pas d’un grand nombre d’échanges, et parmi les nombreux envois qui nous ont été faits , je vous citerai celui de M. d’Orbigny, qui s’élève, en insectes , à 3021 espèces et 5118 individus. L’ordre des coléoptères l’emporte sur tous les autres ; car nous avons compté parmi eux 2006 espèces et 3480 individus. M. Joanis , officier distingué de la marine royale , nous a fait don de plusieurs insectes récoltés en Égypte. M. Hope, savant entomologiste anglais , nous a généreusement enrichis de quelques espèces de l’Inde, de la Nouvelle-Hollande et d’Angleterre. M. Bernier, chirurgien de la marine royale , nous a adressé , de Madagascar, un très-bel envoi , consistant surtout en coléoptères ; il y a 1276 individus. M. Botta , à son arrivée de la Nubie , a mis à notre entière disposition une belle collection d’insectes , peu nombreuse il est vrai , mais précieuse pour la rareté des espèces, dont un grand nombre sont nouvelles. MM. Marloy, Prévost , chef du laboratoire de zoologie au Muséum; Nivois, Ricord, Jourdan, professeur à la faculté des sciences de Lyon; Ravergie , Mittre , Aileron, Léon Dufour, Leclerc, Charles Perroud , Solier, Boyer de Fonscolombe , Barthélemy, directeur du Musée à Marseille; Brullé, mon aidenaturaliste ; Compagnio , Émile Blanchard , notre jeune employé , ont enrichi la collection d’un grand nombre de crustacés, d’arachnides et d’insectes indigènes ou exotiques, et qui, pour la plupart, nous manquaient. Enfin , l’année a été close par deux très-beaux envois , l’un du Chili et de la côte du Pérou , par M. Fontaines , maintenant chirurgien en chef du port d’Alger, et l’autre de Manille et de Chine, par M. Godefroy , chirurgien. L’année 1835 s’est ouverte sous de favorables auspices. M. le docteur Casanova , Espagnol , qui avait fait l’acquisition de plusieurs insectes en Chine, les a offerts généreusement au Muséum de Paris. Nous attendons de nombreux envois de nos voyageurs appointés, qui visitent
divers points du globe et dont le retour pour plusieurs doit s’effectuer en 1835 ou 1836.
« Paris , 8 janvier 1835.
« Y. Audouin. »
PESTH {Hongrie).
Le Muséum national de Hongrie se divise en quatre parties : 1° La partie minéralogique est assez riche ; 2° la pariie botanique, composée d’herbiers et de champignons en cire; 3° la partie zoologique renferme les mammifères , les oiseaux , les reptiles, les poissons et des coquilles de Hongrie, et des insectes d’Europe; ces derniers se composent d’environ 4500 espèces de coléoptères et de lépidoptères de la collection d’Ochsenheimer, que le Muséum national acheta pour 3000 fl. de la veuve de ce célèbre lépidoptérologiste ; 4° enfin , une collection technologique. Cet établissement est sous la direction de M. le professeur Sadler. L’entomologie est confiée aux soins de M. Friwaldszki.
Outre le Muséum national , la ville de Pesth possède encore un autre établissement de ce genre: c’est le cabinet d’histoire naturelle de la ville , qui se compose d’objets de tous les pays. Les collections d’insectes y sont assez jolies.