‹ Epaves poétiquesChapitre 20 sur 77 · IN M E M O R I A M · texte numérisé non relu

IN M E M O R I A M

Mais les anges du ciel n'ont pas voulu l'attendre. Pattl Vibert.

Dix printemps n'avaient pas encore Fleuri sur son front pâle et doux ; De ses grands yeux fixés sur nous S'échappaient des rayons d'aurore.

L'enfance avec tous ses parfums, Doux oiseau qui trop tôt s'envole — Enveloppait d'une auréole, Les ondes de ses cheveux bruns.

Sa petite âme, à la lumière, Kose mystique, s'entr'ouvrait ; Auprès d'elle l'on respirait Une atmosphère printanière.

Et cependant, reflet furtif.

Malgré la jeunesse et sa sève, On pouvait voir le pli du rêve Contracter son sourcil pensif.

C'était une fleur fraîche éclose Qui sur sa tige se penchait ; Et la main qui s'en approchait Craignait d'effeuiller une rose.

Souvent — beaucoup s'en souviendront Malgré l'éclat de sa prunelle.

On croyait voir l'ombre d'une aile Passer vaguement sur son front.

Puis, tout à coup, lueurs étranges, Tout son visage rayonnait ; On eût dit qu'elle revenait D'une entrevue avec les anges...

Hélas 1 tout n'est que vanité !

Tout en ce monde est éphémère !

Et Dieu t'enlève, ô pauvre mère.

Ce trésor qu'il t'avait prêté !

Cette âme était une exilée Sur cette terre et parmi nous.

Ce sont les chérubins jaloux Qui l'ont auprès d'eux rappelée.

C'était, dans son prisme vermeil, \ La goutte d'eau du ciel venue, Et qui rcnioute dans la nue Avec un ravon de soleil !

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