‹ Epaves poétiquesChapitre 28 sur 77 · COURAGE · texte numérisé non relu

COURAGE

Souvent — taut il est vrai que tout est relatif- Ma rêverie, au vol des heures emportée, Du haut de l'horizou jette un regard furtif Sur 1^ sol que foula ma vie accidentée.

Ici je trébuchai, là mon pas fut craintif. Ailleurs mon pied trouva trop raide la montée ; Mais, ainsi vu de loin, comme il semble chétif L'obstacle où tant de fois ma course s'est heurtée !

Ne me trompé-je point, est-ce en réalité Contre ce nain qu'un soir j'ai si longtemps lutté ? Sur cet infime écueil j'ai pu faire naufi'age !. . .

Hélas ! oui, mais cela n'est ni petit ni grand,

Et cesse de compter, du jour où l'homme apprend

Qu'il faut à chaque effort mesurer son courage.

A SIR JAMES M. Le MOINE

(A l'occasion du titre à lui décerné par le gouvernement anglais.)

Vous avez de l'oubli sauvé bien des légendes, Vieux travailleur chargé de glorieux butin ; Vous avez pour nos preux tressé bien des guirlandes, A l'histoire arraché plus d'un secret lointain.

Vous avez célébré notre nature immense ; Et, tout en dessinant ses splendeurs à grands traits. Vous nous peigniez les mœurs et notiez la romance Des doux chanteurs ailés qui peuplent nos forêts.

Vous n'avez eu pour tous qu'une parole amie ; Jamais on ne vous vit jalouser les vainqueurs : Gloire à qui vous couronne !. . . A notre Académie, Ce prix était déjà décerné dans les cœurs.

SUK UNE FEUILLE

Toi qui viens de si loin, petite feuille verte, De la part de si haut me souhaiter bonheur, Précieux talisman, tu mérites bien, certe, Dans mes cartons choisis une place d'honneur.

Plus tard, sur le vélin, dans ta gaine de soie, Quand tu m'apparaitras, cher et doux souvenir. Du sol où tu naquis à la main qui t'envoie Mon rêve flottera pour aimer et bénir.

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