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LES CHEVALIERS BIENFAISANTS

ronvoqua ce congrès, sous prétexte de réformes, dans le but de faire prévaloir, sur celui des Templiers, le système des Martinistes ou rit de Martines qu'elle professait (1).

« Les promoteurs du couvent de Lyon pouvaient, dit Thory, avoir de bonnes intentions, mais on les accuse d'avoir manqué de délicatesse dans les moyens qu'ils c»raployèrent pour parvenir h une- réforme. Us ont mécontenté beaucoup de gefis , fomenté des divisions et des mésintelligences, et se sont mêlés d'intrigues à l'occasion du duc Ferdinand de Brunswick, qu'ils voulaient mettre c\ la tête des Loges du Régime (réformé ou rectifié) ; enfin ils se Sont permis des suppositions et ont avancé des faits controuvés, ce qui leur a fait grand tort dans l'esprit public. Leur objet principal était de réformer l'ordre maçonnique, ce dont ils ne se sont pas occupés : ils ont employé tout leur temps à corriger les rituels, et ce n'était qu'un motif accessoire de la réunion ; encore y gnt-ils laissé Ixîaucoup de surperfluités et de puérilités. Leurs nouvelles instructions sont faibles, lâches et trop diffuses; leur système fiscal est injuste et mal ordonné. » (Acta Latom.)

Au reste ce couvent donna, le premier, l'exemple de l'abjuration du système templier. Un auteur allemand a dit à ce sujet :

« Que l'abjuration du couvent de Lyon fut faîte par injonction de la police, qui avait déclaré qu'elle s'opposerait à la propagation de tout système qui tendrait à rappeler

(1) Les Chemlieri BienfaUanU formaient primitivement les Loga réuniéi de TAlIemagne, qui se réunirent ensuite avec la Slriele observance et reconnurent pour leur Supérieur le duc de C/iartres, depuis duc d'Orléans. (tHbliothkque dei

les Templiers et leurs usages ; mais que cet abandon ne fut que simulé et que les FF.-, restèrent en rapport avec les Loges AqIq. Stricte observance de l'Allemagne comme province. » (Dos Ganze aller Gewerbe, p. 74.)

Le Directoire Sup.-. Helvétique Romand dont les membres avaient assisté aux Convents de l'Allemagne, l'année précédente, contractèrent alliance avec le Couvent national des G?iules rassemblé à Lyon, y prirent part, l'influencèrent, et la Loge Libertas fondée â Bâle en 1765 ou 1766, ainsi que la Loge la Discrétion constituée à l'O.-. de Zurich en 1772 par le Grand-Maître de Genève, ateliers qui formaient une Çommanderie de la province de Bourgogne, eurent, par décision de ce Couvent, le rang de Préfecture (1).

Code maçonnique des Loges réunies et rectifiées de France, tel qu'il a été approuvé par les députés des Directoires de France au Convent national de Lyon en 5778, (sans désignation de lieu ni d'imprimeur^ 5779, in-fol., de

43 pages).

Ce code a été imprimé dans la Revue maçonnique de Lyon, 1848, p. 244 et en 1849, page 275.

Extrait du Code maçonnique de 5778 (2) :

Chaque Loge est invitée à faire graver ou frapper une médaille, sur laquelle se trouvera d'un côté les armes de la Loge, en entier ou en partie, et au bas le nom de la Loge ; et de l'autre Temblême général des Loges rectifiées de France, qui est un phénix renaissant de ses cendres avec la légende : Périt ut vivat et au bas les lettres initiales de la Province, du Directoire et de la

(i) Les provinces de rOrdre se sabdivisaient en Prieurés, en Préfectures, en Commanderies, en Loges écossaises, en Loges symboliques.

(S) Ces Ephémérides ayant éU destinées à être mises en tète d*tin album maçonnique lyonnais, on comprendra pourquoi nous nous étendons quelquefois sur la Numismatique des Loges.

Grande Loge écossaise dans le district duquel la Loge est située.

Tout Frère membre de la Loge portera cette médaille à un ruban bleu à la troisième boutonnière. Les maîtres écossais l'auront à un rub5in vert lizeré de rouge.

La médaille sera d'argent pour tous les Frères; elle sera d'étain pour les Frères servants.

Tout membre de la Loge reçoit cette médaille à sa réception ou affiliation et la renvoie dès qu'il n'en fait plus partie.

Le bijou d'écossais (4* grade) sera en vermeil ; le maître et le député-maître le porteront en or. Tous les deux pourront porter par dessous un ruban bleu, au bas duquel le Vénérable-maître attachera le bijou de sa place.

Les bijoux des dignités et charges de la Loge sont une èquerrepour le Vénérable-maître, un niveau pour le F.'. 1* surveillant, une perpendiculaire pour le F.-, deuxième surveillant, un livre pour l'orateur, des plumes pour le secrétaire, une clef pour le trésorier, et pour l'Eléémosinaire un cœur enflammé dans un triangle.

Juillet i3. — Réouverture des travaux de la Grande Loge Provinciale; — Sain-Costard en est le président.

Un manuscrit que nous avons eu entre les mains, est intitulé : c Discours prononcé le 25 juillet 5779, jour de V inauguration de la Loge des deux Loges réunies à l'Or. * . de Lyon. > — Les deux Loges en question ne sont point indiquées dans cet opuscule de 16 pages in-4'', mais il est facile de reconnaître qu'il s'agit de la Parfaite Amitié et des Vrais Amis^ par une planche datée du 18* jour du 12* mois de l'an de la V.'. L.'. 5779, et signée du F.*. du Plessis^ membre de la R.*. L.\ des Amis réunis à l'Or,*, de Paris. Ce F.\ envoie le prospectus d'un ouvrage

qu'il se propose de publier, et sa planche porte comme adresse: « Pour être présenté et lu dans la première assemblée de la R.'. L.\ la Parfaite Amitié et les Vrais Amis à rOr.-. de Lyon. » — Il n'y a donc aucun doute à cet égard, mais ce qui nous étonne ici c'est le mot inauguration dans le titre du discours que nous venons de citer, car depuis longtemps ces deux Loges avaient fusionné (1766). Nous avons vu en effet que la Loge la Bonne Foi fut constituée le 15 septembre 1771 par les deux Loges réunies de Lyon à l'Or.-, de Montauban, et qu'en 1772 au moment où la Grande Loge des Maîtres Réguliers songea à reprendre sa correspondance avec les ateliers de la province, il fut spécifié qu'à l'avenir on ne reconnaîtrait pour Loges Régulières et faisant corps en cet Orient que celle de la Parfaite Amitié et des Vrais Amis réunis à rOr.-. de Montauban, etc.

De 1779 à 1781, le F.-, abbé Rand, prêtre, demeurant à la Manécanterie, place St-Jean, (bâtiment de la cathédrale), fut Vénérable de la Loge le Parfait Silence.

Janvier 22. — Le Conseil des empereurs d'Orient et d'Occident croyant arrêter sa décadence, prend le titre de Sublime Mère-Loge écossaise du Grand Globe français^ Souveraine G.-. L.\ de France.

Le Parfait Silence demande au Grand Orient de viser sa constitution. Cette demande est signée: Rand, Vén.\ ; Villard, surveillant ; Naudeau, secrétaire; Lenoir, garde des sceaux, (fondateur de la Loge).

Comme document de cette époque, nous transcrivons la pièce suivante :

Le Grand Orient de France à tous les Maçons Réguliers.

Union, Force, Salut.

Nous conformément à V article 3 de la section 1^ du chapitre de nos statuts et au traité d'union passé entre nous et les Directoires Ecossais de la Maçonnerie d'Allemagne ^ séant à fO.\ de Lyon, Strasbourg et Bordeaux^ suffisamment autorisés par leurs chefs sous la date du 3f jour du 3* mois de Van de la Vr. L.\ 5776, vu les pièces qui nous ont été présentées par le Directoire Ecossais de V Auvergne séant à V0.\ de Lyon par la Loge des Vrais Amis, à tO.\ de Lyon, attendu que la bonne composition de la Loge nous est connue, vu la décision de notre chambre d'administration du 5" jour de ce mois. Nous avons reconnu et reconnaissons pour Régulière la Loge des Vrais Amis à VO.\ de Lyon. En conséquence l'avons agrégée et agrégeons par ces présentes au corps de la Maçonnerie de France. A cet effet promettons à la Loge et à tous les membres qui lui appartiennent, azile parmi nous et secours fraternels toutes les fois que l'occasion s'en présentera. En conséquence lui avons fait expédier les présentes lettres d'agrégation auxquelles nous avons fait apposer les sceaux ordinaires après qu'elles ont été enregistrées où, besoin a été par la Logrerfes Vrais Amis à l'0.\ de Lyon, être inscrite sur le tableau des Loges régulières à la date du i2* jour du 1i* mois de l'an de laV.'.L.'. 5780, époque de la demande. Fait au G.\ 0.\ de France le 7^ jour du présent mois de Van delà V.*. L.\ 5781 de nous signé et contresigné par notre secrétaire général.

Signé le duc de Luxembourg.

Chambre des provinces. — Chambre d'administration. — Chambre de Paris.

Suivent les signatures au nombre de six par Chambre.

Plus, celles du Trésorier général, du Garde des sceaux et timbre et du Secrétaire général du G.-. 0.\ de France.

Registre sur les registres d'expédition de la Chambre fï administration. — Enregistré en la Chambre de Paris, etc.

Enregistré en la Chambre des provinces, etc, 8" jour du T^ mois 5781. — Collationné certifié sincère et véritable par nous secrétaire des Vrais Âmis^ par mandem^ent : Daumas. (Voir 1787).

Tableau de la Parfaite Amitié (deux Loges réunies) pour 1780, 25 membres. (Archives du Grand Orient).

Février 12. — Le Grand Orient de France vise la constitution du Parfait-Silence.

Novembre 21. — Installation du F.'. Sain-Costard, président de la Grande Loge provinciale, lequel n^avait point été installé jusqu'à ce jour, faute de s'être assemblés.

Même jour. — Lecture d'une planche du F.*. Faucheux, membre de la Loge du Parfait-Silence y laquelle fait part des nouvelles lettres de reconstitution que la Loge a obtenues du Grand Orient de France, et demande de pouvoir les présenter à la Rég.*. Grande Loge qui, l'ayant accordé, fait entrer à l'instant les FF.\ Lenoir, Faucheux et Carret, puis lecture faite desdites reconstitutions, il est délibéré qu'elles seraient enregistrées et qu'ils enverraient en attendant le tableau de leur Loge. — Le 19 Décembre le Parfait-Silence est agréé par la Grande Loge Provinciale.

Mêm£ jour. — La Grande Loge Provinciale appuie les demandes en constitutions des nouvelles Loges : la Parfaite Harmonie et la Sincère Union.

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