EGYPTIENNE
Joseph Balsamo, surnommé comte de Cagliostro, vînt à Lyon en 1781 ; il y revint en 1784 et chercha à répandre son rite de la Maçonnerie égyptienne qu'il venait de créer, et à faire des prosélytes comme dans les autres pays qu'il avait visités. N'ayant obtenu aucun succès auprès de la • Loge du Parfait Silence^ il s'adressa à la Loge la Sagesse, où il séduisit une douzaine d'adeptes. Avec le secours de ces nouveaux disciples, il fonda avec un pompeux cérémonial une superbe Loge qui coûta beaucoup de peine et d'argent, et qu'il appela Sagesse triomphante. (Nouvelles Archives du Rhône, tome y®', page. 301.)
Cette Loge devait avoir la primauté sur toutes les autres Loges et ajoutait à son titre celui de Mère-Loge d'adoption de la haute Maçonnerie égyptienne. Cagliostro, en repartant pour Paris, lui laissa son sceau, qui représentait un serpent percé d'une flèche, et comme, quelque temps après, eut lieu la consécration de l'édifice élevé à Lyon, il y envoya deux députés pour présider à cette cérémonie, qui fut d'une magnificence extraordinaire ;- vingt-sept frères y étaient réunis. {Histoire philosophique de la Francmaçonneriey par Kauffman et Cherpin).
Thory {Histoire du Grand-Orient, pag. 389 et suiv.) dit que cette Loge fut établie à Lyon au commencement de 1782. — La Constitution par laquelle Cagliostro institua la Mère-Loge de Lyon commence par ces mots :
Gloire, Union, Sagesse, Bienfaisance,
Prospérité.
NouSj Grand Cophte, Fondateur et Grand-Maitre de la haute Maçonnerie égyptienne dans toutes les parties orien-
taies et occidentales du globe, faisons savoir à tous ceux qui verront ces présentes, que, dans le séjour que nous avons fait à Lyon, beaucoup de membres de cet Orient suivant le rite ordinaire, etc., nous ayant manifesté le désir quUls avaient de se soumettre à notre gouvernement et de recevoir de nous les pouvoirs nécessaires pour connaître et propager la Maçonnerie égyptienne, etc., etc., etc., avons constitué, etc.
Suivant cette patente, tous pouvoirs d'opérer, selon ce qu'enseignait le fondateur, étaient conférés à la Mère-Loge créée à Lyon, ainsi qu'aux Francs-Maçons qui y étaient attachés.
Thory donne de très grands détails sur cette Loge ; on peut les consulter.
On lit dans Acta Latomoram qu'en 1785 Cagliostro, ayant été convoqué au Couvent de Paris par les Philatèles, promit de s'y rendre; mais il changea bientôt d'avis, exigeant de ceux-ci qu'ils se fissent préalablement initier dans la Mère-Loge Egyptienne de Lyon. Ils refusèrent et invitèrent les membres de la Sagesse triomphante à apporter au Convent le tribut de leurs lumières. Ceux-ci répondirent qu'ils étaient obligés de se conformer aux règles prescrites par le chef inconnu de la Maçonnerie véritable ; ils s'abstinrent.
La même année, la Mère-Loge du rit écossais philosophique arrêta qu'elle ne reconnaissait pas le rit égyptien de Cagliostro, et attendu que le F.-. Devisme, l'un de ses membres, a été signalé pour faire partie de la Loge la Sagesse triomphante^ travaillant à Lyon sous le régime égyptien, laM.*. L.*. décide qu'il se rendra à Paris, jooar rendre compte de sa conduite. (Ragon, Orthodoxie maçon^ niquej pag. 174.)