LE LAMENTIN
C’est au nommé Bocage, patron d’une pirogue venue de la Pointe-à-Pitre, qu’on doit l’importation de la maladie au Lamentin.
(1) Par décret du 7 Juillet 1866, M. Batby-Berquin a été nommé chevalier de la Légion d’honneur.
Arrivé le 4 novembre, il vit mourir sa femme, la première atteinte. Localisée dans sa maison, l’affection en frappa d’abord les habitants, et après y avoir fait neuf victimes, elle resla trois jours stationnaire.
Le fléau se répandit ensuite dans tonte la commune qui, en très peu de jours, fut envahie. M. J. Richaud, médecin de 2e classe y fut envoyé pour créer une ambulance, et par trois fois, le même jour, ce médecin la vit se remplir et se vider. Il y traita 1500 personnes sur lesquelles 550 ont succombé (1). Dans ce chiffre on compte deux blancs créoles.
A l’habitation Le Mesle, une femme meurt enveloppée dans une couverture de laine. Cette couverture, jetée dans le canal qui traverse l’habitation, reste accrochée et séjourne sur des branches pendant plus d’un mois. La blanchisseuse de l’habitation la reconnaissant (elle appartenait au géreur), la prend, la lave et succombe en très-peu de temps. — Les effets de celte blanchisseuse apportés au bourg, déterminent la •mort de plusieurs personnes.
On a remarqué que le lavage du linge dans les canaux répandit les germes du choléra dans plusieurs habitations voisines, situées au-dessous du courant. Il suffisait alors qu’onlavàt dans cette eau pour contracter l’affection; à plus forte raison quand on en buvait.
Nous avons déjà vu des résultats analogues à la Basse-Terre, par suite de l’usage, comme boisson, de l’eau de la Rivièreaux-Herbes, ainsi que de celle de plusieurs canaux.
L’épidémie ayant franchi la Grande-Rivière dans le voisinage de la Rivière-Chaude, frappa les petits propriétaires des habitations situées à l’entrée des bois.
(1) Par décret Impérial du 7 Juillet 1866, M. Richaud a été nommé chevalier de la Légion d’honneur.
Le 18 février 18 GG, la commune perdait encore jusqu’à six personnes par jour.
La recrudescence qui s’est manifestée au Lamenlin par suite des inhumations défectueuses et par l’influence des miasmes du cimetière sur le bourg et ses environs, a fait trente-cinq victimes, du 2 au 25 mai.