‹ Epidémie de la Guadeloupe, 1863-1866Chapitre 19 sur 34 · LE PETIT-BOURG · texte numérisé non relu

LE PETIT-BOURG

Situé en face de "la Pointe-à-Pitre, mais du côté opposé de la rade, le Petit-Bourg a été la première étape du mal sur le chemin delà Basse-Terre.

Malgré l’arrivée journalière de voyageurs, l’épidémie ne s’y est déclarée que le 17 novembre, importée par un noir de la Pointe-à-Pitre. C’est M. le docteur Jaspart, médecin de la marine, qui a été chargé de visiter la commune ainsi que les habitations situées sur les hauteurs.

Une ambulance confiée à M. Arthur Durand existait en ville. Le maire en créa une autre sur le lieu appelé Cahaire, où des médicaments étaient distribués à tous ceux qui venaient en demander. Les secours étaient souvent portés à domicile, jusque sur les hauteurs, par M. Léon Gros, qui pendant toute la durée de l’épidémie a fait preuve d’activité et de dévouement.

Le 19 décembre, on comptait deux cent soixante morts dans la commune ; l’ambulance fut fermée deux jours après.

Le 22 janvier, les matelas rendus par l'ambulance du Petit- Bourg, furent brûlés sur l’un des quais de la Pointe-à-Pitre, ainsi que les couvertures et les fonds de lits en cordes.

Une légère recrudescence eut lieu au commencement du mois de février 1866, mais à la date du 26 il n’y avait plus de décès.

Des pluies étant survenues au mois de mars, plusieurs cas suivis de mort reparurent pendant quelques jours. D’après M. Durand; cette mortalité était due aux sondages de plusieurs tombes, exécutés au moyen d’ une longue tige de fer qu’on retirait souvent souillée de lambeaux ou de liquides putréfiés. Cette exploration jsut lieu sous la surveillance d’une commission composée d’un chef de bureau de la direction de l’intérieur, d’un capitaine de gendarmerie et d’un médecin de 2e classe de la marine.

Du Petit-Bourg, la contagion porta la maladie dans les hauteurs jusqu’alors épargnées. Elle s’opéra par le contact d’homme à homme, par les vêtements et les objets de literie. On put suivre pas à pas la marche du fléau.

LA CAPESTERRE

La Capesterre était une des localités les plus maltraitées à la date du 23 novembre. Le 25 janvier, on y comptait encore un assez grand nombre de décès, malgré tout le zèle déployé par M. le docteur Galigny de Bonneval.

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