‹ Épidémiologie à Ivry-sur-Seine de 1877 à 1899Chapitre 10 sur 23 · à Ivry — 2.3o5 à Paris, ou 28 à Ivry — 17,5 à Paris · texte numérisé non relu

à Ivry — 2.3o5 à Paris, ou 28 à Ivry — 17,5 à Paris

La mortalité à Ivry, malgré sa Laisse considérable depuis i8()4, devient sensiblement supérieure à celle de Paris. Nous expliquerons tout à l’heure ces contradictions apparentes.

Mortalité par rapport a la morbidité

Depuis l’obligation de la déclaration des maladies contagieuses, il nous eût été facile de comparer les cas de mortalité avec les cas déclarés, mais nos fonctions nous mettant à même de savoir comment la loi est observée, nous ne donnerons pas les résultats de celle comparaison qui seraient illusoires et ne prouveraient absolument rien. Il faut des bases solides à la statistique si on veut en tirer des déductions vraies et utiles. Ceci dit sans aucune intention critique envers le corps médical qui ne devrait pas, à notre avis, être l’agent obligé et responsable des déclarations. Nous ne parlons pas des mille difficultés que celle déclaration ollre dans la pratique, lors même que le médecin met tous ses soins à l’observation de la loi.

D’après certains statisticiens, la mortalité à Paris serait de 18 à 20% en ville; de 12 % environ dans les hôpitaux.

Dans l’impossibilité de connaître dans notre ville populeuse et étendue où exercent les médecins du pays et ceux des alentours, le nombre des cas de fièvre typhoïde observés, nous ne pouvons que donner les résultats de notre pratique personnelle. Or, nous n’avons pas eu plus de io°/0 de décès. Nous n’éprouvons aucune difficulté à reconnaître que ces résultats sont dus à des séries très heureuses, plutôt qu’à notre traitement.

Rôle des désinfections

Si la déclaration des maladies contagieuses est mal faite, la désinfection est l’objet des soucis de tous les médecins, et se fait en toutes circonstances, môme et surtout pour la tuberculose non portée au tableau des maladies à désinfecter. D’ailleurs, le public la réclame pour la tuberculose plus que pour les autres maladies contagieuses.

Dn ce qui concerne la fièvre typhoïde, nous pouvons remarquer que la courbe de la mortalité commence à baisser dès 1890.

A partir de 1891, les désinfections sont faites plus régulièrement. Aussi, les épidémies de famille et de maison deviennent-elles plus rares, sans disparaître tout à fait.

Les résultats 11e sont peut-être pas aussi apparents dans la fièvre typhoïde que dans d’autres maladies

contagieuses, mais ils n’en existent pas moins et. ne manquent point d’importance.

Si les préceptes cl les précautions recommandées auprès du malade par le médecin étaient observés, la propagation serait bien moins prompte et réduite au minimum. La contagion réduite à o, il ne resterait que la propagation par l’eau.

Origine et propagation de la fièvre typhoïde

L’eau contenant le bacille d’Ebertli ou le coli— bacille, est toujours considérée comme le principal lacteur dans l’étiologie de la fièvre typhoïde. C’est d ailleurs ce qui explique l’état endémique de celte maladie, de meme que la propagation, les épidémies de famille, de maison, de quartier, les loyers epidemiques ont poui cause, malgré la désinfection, les contacts, les fosses d’aisance malpropres et mal aménagées, les vases, les vêlements, les linges contaminés et les poussières.

Nous entendions autrefois le professeur Lorain dire et répéter : « 11 y a des fièvres typhoïdes, parce qu’il y a des fièvres typhoïdes. » Aphorisme très exact étant donné les modes de transmission de cotte maladie. On ne sort pas, en effet, d’un cercle vicieux, puisqu’elle se propage d’abord par contact, et qu’ensuile elle souille par son germe spécifique les eaux de toutes sortes, potables ou non, dont on fait usage volontairement ou involontairement.

Que les causes de transmission par les malades soient supprimées, et (pie l’on ne boive que de l’eau pure servant également aux usages domestiques, et la fièvre typhoïde s’éteint!

C’est une des maladies évitables les plus faciles à combattre, à notre avis, avec les données d’hygiène et les connaissances scientifiques actuelles. Mais l’éducation du public est longue et difficile à faire, les notions d’hygiène pratique, si utiles partout et pour tous, sont difficiles à répandre et à porter leurs fruits.

Mais revenons à notre sujet.

Eaux potables. — Topographie. — Nature du sol

lvry-sur-Seine, nous le répétons, est situé sur les bords de la Seine et s’étend de la rive gauche jusqu’au sommet de la colline qui borde la vallée.

La population, jusqu’en 1894, ne buvait que de l’eau de Seine; les fontaines et robinets ne débitaient que de l’eau de Seine.

Il ny a pas encore de tout-à-1’ égoiït à lvry, mais de nombreux égouts déversant les eaux résiduelles d’usines, polluent l’eau dès le barrage de Port-à-1’ Anglais.

Les compagnies de vidange, comme nous l’avons dit à propos du choléra, déversent (épandage imprévu), souvent en fraude, moins aujourd’hui qu’aulrefois, leurs tonneaux de vidange dans les égouts, dans les plaines, sur les berges même, d’où ces vidanges sont

entraînées par les eaux de pluie dans la Seine, si elles ne s’y rendent directement.

Les fosses fixes ne sont, pas toujours étanches et de nombreuses fosses mobiles existent dans beaucoup de maisons.

Les puits sont sujets à des infiltrations de toutes sortes. Installés dans les cours, les dalles qui les recouvrent, d’abord bien cimentées, se disjoignent, et les eaux de balayage, les eaux de pluie qui lavent les cours, s’écoulent en partie directement dans les puits. Les eaux de fabrique, par infiltration, dénaturent souvent les eaux de puits qui deviennenl imbuvables.

Les puits, s’ils n’étaient contaminés, fourniraient une eau, filtrée géologiquement, qui ne serait pas précisément une eau potable, mais serait du moins irréprochable au point de vue bactériologique.

En effet, dans la vallée de la Seine, les puits donnent de l’eau à 5 ou fi mètres de profondeur. Les couches géologiques se succèdent ainsi : sable calcaire à o m. 5o ou i mètre de la surface du sol — puis couche de sable d’environ (S mètres d’épaisseur — couche d’argile — ensuite couche de roches calcaires — cl nouvelle couche imperméable.

De sorte (pie les eaux de puits sont des eaux de Seine filtrées et bien filtrées par le sol. Mais le sol est tant remué — il est imprégné de tant de liquides impurs — toujours creusé de tant de puisards; les infiltrations des terrains de voisinage sont si fréquentes et

si fréquents aussi les mélanges avec les eaux de pluie ou de balayage, qu’il n’y a guère de puits contenant de l’eau pure.

Aujourd’hui, le régime des eaux de boissons à Ivrv a été modifié, et au lieu d’eau de Seine, on distribue aux habitants de l’eau filtrée par le système géologique dans les usines de la Compagnie générale des Eaux, à Choisy-le-Roi.

Malheureusement, toutes les habitations ne reçoivent pas cette distribution, soit à cause des frais de canalisation, soit à cause de l’éloignement, des conduites principales. — Celles qui ne reçoivent pas d’eau filtrée ou qui n’ont point constamment recours aux bornes fontaines, usent de l’eau de puits — voir même d’eau puisée directement à la Seine ou amenée dans des

réservoirs pour le service de certaines usines; aussi la fièvre typhoïde est-elle endémique.

Rôle des eaux dans la propagation DK LA FIE\ RE TYPHOÏDE. BaSSINS FILTRANTS

Pour bien faire comprendre l’importance des eaux dans 1 étiologie et la propagation de la fièvre typhoïde, nous allons donner la description des bassins filtrants qui fonctionnent depuis le mois de janvier 1896, cl qui ont donné jusqu’ici de si heureux résultats.

« Le 20 janvier i8i)4, la Compagnie générale des Eaux signait, avec le département de la Seine, une

convention pour l’épuration des eaux. Les travaux d’execution des filtres ont commencé aussitôt. Les filtres terminés étaient peu à peu mis en service, de telle sorte que, pendant les années i8(j/jà i8<j5, l’eau naturelle et l’eau filtrée ont été mélangées dans des proportions indéterminées. L’alimentation s’est faite exclusivement en eau filtrée à partir de 189G. » (Extrait d’une lettre du Directeur de la Compagnie des Eaux, P octobre i8(pj).

Les filtres en question sont ceux de Ghoisy-le-lloi, qui desservent aujourd'hui la population d’ivry.

Le système de filtration est le système dit géologique.

Voici en quoi consiste celui des nombreux et vastes bassins (1) que la ville de Paris fait construire à Ivry depuis le ier avril i8<)<j, que nous avons visités plusieurs fois pendant leur construction et pendant leur fonctionnement, grâce à l’amabilité de M. Dejust, directeur des usines élévatoires d’ivry.

Ce système était à l’essai en août 1 899, et a fourni de l’eau filtrée pendant quinze jours, durant les grandes chaleurs de cet été.

L’eau de Seine, puisée en amont du Pont d’ivry, à lvry, quai du Port-à-l’Anglais, arrive dans un bassin rectangulaire cimenté de toutes parts, où elle dépose une partie de son limon.

De ce premier bassin, où elle ne séjourne pas, elle

(1) Au moment de notre travail, il y en avait trois de construits sur huit à construire.

passe clans une série de trois Imsssins rectangulaires, également cimentés de toutes parts : elle y arrive successivement de l’un à l’autre par un canal latéral à vannes, cimenté, qui permet d’isoler les filtres et, par suite, de les nettoyer.

Dans le fond du premier de ces trois bassins, se trouve une couche d’environ 5o centimètres de gros cailloux de rivière ; dans le deuxième, du gros gravier de rivière, el dans le troisième du gravier fin.

L’eau laisse déposer sur ces cailloux une partie des matières qu’elle lient en suspension, et à la suite de ce dégraissage de l’eau dans ces trois barrages (système breveté Puech, fabricant de draps à Mozaincl, Tarn), l’eau de Seine a perdu 3o 0 o de ses bactéries.

Ensîiite, l’eau passe dans de grands bassins filtrants d’une centaine de mètres carrés de superficie chacun.

D’autres barrages desservent d’autres bassins filtrants, etc.

Les bassins filtrants sont aussi cimentés de toutes parts. Dans le fond se trouve une couche de pierres meulières et de cailloux, destinés à empêcher la déperdition de la couche de sable de la Loire qui la recouvre d’une épaisseur de o m. 5o.

L’eau arrive sur cette couche de sable et, peu à peu, s’écoule par un angle du bassin dont le fond est en pente douce.

Le filtrage produit bientôt sur la couche de sable un

diaphragme gélatineux constitué par des matières organiques qui le ralentissent peu à peu.

Celte couche ou ce feutrage, constitue comme on le sait, le véritable filtre, mais au bout de 5 ou (i semaines le débit étant trop lent, il devient nécessaire d’enlever ce diaphragme qui durcit lorsqu’il est exposé à l’air, ce qui entraîne aussi l'enlèvement d’une couche de sable de deux centimètres, de sorte (pie la couche primitive de sable de o m. 5o diminue d’épaisseur et doit être renouvelée environ tous les ans.

Cette opération enlève près de 70 °/ o des bactéries de l’eau de Seine, de sorte que de 54-ooo bactéries (moyenne annuelle, 53. p 1 o) par centimètre cube à l’entrée dans les bassins de dégraissage, elle n’en contient plus ou ne doit plus en contenir (pie i5o ou 200 à la sortie des bassins filtrants. Mais ces chiffres sont sujets à variations dépendant de bien des circonstances. — Ainsi, 011 peut, à l’aide de robinets et de vannes graduer le débit de chaque bassin, de sorte que l’eau peut rester plus ou moins de temps à traverser les filtres et, par conséquent, se débarrasser plus ou moins complètement de ses microbes.

De plus, le bassin central où se déversent tous les filtres, et les conduites de refoulement dans les réservoirs, peuvent augmenter le nombre des bactéries selon leur bon état d’entretien, selon qu’ils ne conduiront jamais ou rarement d’eau de Seine non filtrée, etc. Certaines négligences dans le fonctionnement des filtres

pourraient avoir de graves conséquences, mais elles ne sont point à craindre, avec une surveillance étroite.

Quoi qu’il en soit, la ville de Paris essaye ce système sur quelques bassins. L’ancien système de décantation par écoulement lent dans trois bassins pareils à ceux de dégraissage (sauf les cailloux du fond) fonctionne sur le plus grand nombre de filtres.

On utilise les sables de la Loire, au lieu des sables de la Seine, parce qu’ils sont formés de désagrégation et de débris volcaniques et ne sont point calcaires. On sait que les sables de la Seine donneraient des eaux séléniteuses comme le sont les eaux de puits de la région.

Les bassins filtrants des usines de Ghoisy-le-Roi sont disposés comme l’ont été après eux ceux d’Ivry, avec cette différence qu’avant leur arrivée dans les bassins de décantation et de filtrage, les eaux passent dans ce qu’on appelle des revolvers, sortes de grands cylindres à rotation lente et continue, remplis de fers oxydés.

Gomme il a été démontré que cette opération préliminaire n’avait aucune influence sur les résultats bactériologiques, cl n’augmentait ni la pureté, ni la qualité des eaux, on les a supprimés à Ivry.

Des ingénieurs prétendent toujours que l’eau de Seine est la meilleure des eaux et que plus une eau contient de microbes, meilleure elle est. Ils citent à l’appui l’analyse de l’eau de Seine après 48 heures de séjour en vase, et dans laquelle on trouve des matières

organiques, mais plus de microbes, lesquels se seraient détruits réciproquement, tandis qu’ils s»; conservent plus longtemps et pullulent dans les eaux de source. Malheureusement, on ne peut analyser l’eau immédiatement avant de la boire, et ces paradoxes d’ingénieurs ne valent pas l’éclatante démonstration expérimentale et clinique.

Laissons ces expériences et idées particulières, et voyons les résultats obtenus par les eaux de Seine filtrées qui n’ont, croyons-nous, sur les eaux de source, (pie l’infériorité de ne pas être aussi fraîches. Inconvénient auquel on peut chercher à remédier, d’ailleurs.

Quoiqu'une grande partie de la canalisation ancienne n’ait pu être remplacée, ce qui, au début de l’alimentation par eau filtrée a diminué les chances de pureté des eaux, nous voyons notre courbe delà mortalité baisser considérablement à partir du fonctionnement des bassins filtrants, claire démonstration du rôle des eaux dans l’étiologie de la fièvre typhoïde.

Pourquoi y a-t-il endémicité? — Parce qu’un certain nombre d’habitants boivent toujours de l’eau impure.

Pourquoi les mois de juillet, août et septembre (d’après nos chiffres), sont-ils les mois où l’on observe le plus de cas? Parce que l’on boit davantage pendant les chaleurs et que les chaleurs sont favorables au développement de la virulence des microbes ou à leur vitalité, quoi qu’il y ait beaucoup moins de microbes dans l’eau en été qu’en hiver.

Mais ce n’est pas tout.

Nous avons remarqué que, proportionnellement à la population, le quartier d’Ivry-Port avait près de i 5 de cas de décès de plus que les autres quartiers. Assurément, la population ouvrière d’Ivry-Port, l’agglomération, les habitations insalubres plus nombreuses que dans les autres quartiers, pourraient suffire à expliquer cette différence, mais il y a lieu d’y joindre une autre raison, c’est (pie, dans les autres quartiers, les puits sont bien moins nombreux que dans celui-là, qu’ils sont moins contaminés en raison de leur situation et de la salubrité relative des quartiers, et que les habitants de ces quartiers ne peuvent boire d’eau de Seine puisée au fleuve ou dans des réservoirs d’eau de Seine non filtrée, — toutes choses qui expliquent encore le rôle des eaux dans la fièvre typhoïde.

La comparaison de la mortalité que nous avons faite avec Paris vient encore à l’appui de notre thèse.

En effet, de 1877 « i8g3, la mortalité est inférieure à lvrv, quoique le régime des eaux ait été à peu près le même qu a Paris, puisqu’on ne buvait encore g’uère que de 1 eau de Seine dans beaucoup d’arrondissements,

1 alimentation par eau de source s’étant peu développée de 1870a i883.

Pela tient surtout à ce que les eaux de rivière ou de Seine bues a Paris, étaient puisées moins en amont que celles bues à Ivry qui étaient prises à Choisy-le-Roi, et aussi à l’encombrement moindre des habitations à

Ivr y. La moyenne annuelle des bactéries par centimètre cube est, en effet, de 3 6.9/1 5 à Glioisy (eau trouble), et 53.(jio à Ivry (id.).

Dès que Paris est alimenté uniquement d’eau de source (1), et qu’Ivry est alimenté d’eau filtrée, la mortalité devient plus élevée à Ivry qu’à Paris, tout en baissant énormément à Ivry. Cela tient à ce (pie les habitants de Paris ne boivent que de l’eau de source, tandis que, à Ivry, bon nombre d’habitants, au lieu d’aller à la fontaine qui débite de l’eau filtrée, vont aux puits voisins, — à un réservoir d’eau de Seine plus proche, et même certains riverains à la Seine ellemême.

Les épidémies de famille, quoique le régime des boissons soit généralement le même dans la famille, prouvent la contagion. Elles sont plus rares depuis l’usage de l’eau filtrée, parce que celle-ci, empêchant l’apparition des cas, empêche par là même l’apparition des épidémies de famille, conséquences de ces cas.

Influence des inondations

Quelle est l’inHuence des inondations sur la production de la fièvre typhoïde?

11 résulte de nos recherches que, 'pendant les cinq années où il y a eu des inondations (1880-1882-188.1-

(1) Depuis 1 894, la mortalité par fièvre typhoïde a baissé de près des 2/3!

i885-i88y), le chiffre des décès dans les rues où les puits sont contaminés par les eaux et où les caves des habitations sont presque toujours inondées et dans lesquelles les eaux de Seine et d’égoût mélangées séjournent parfois pendant un mois (quai d’Ivry, rue Nationale, boulevard Sadi-Carnot, rue Moïse, rue de Seine, etc.), s’élève à 2 1 , tandis que dans ces mêmes rues, il ne s’élève qu’à 37 pendant les dix-sept autres années d’obsérvation. II y a donc dans les quartiers inondés une mortalité deux fois plus grande pendant les années d’inondation que pendant les autres années.

Les cas de décès ne nous ont point paru plus nombreux à l’époque même des inondations ni pendant le mois qui les a suivies. Néanmoins, d’après nos chiffres, nous pensons qu’il y a lieu de considérer les inondations comme un facteur étiologique qui a son importance.

Contagion. — Epidémies de familles, de maisons, de quartiers

Si les eaux ont un rôle considérable dans l’étiologie de la fièvre typhoïde, la contagion n’en a pas un moindre.

Avant de jeter un coup d’œil sur nos relevés de la mortalité à Ivry, nous résumons ici quelques épidémies de famille que l’on voyait beaucoup autrefois, — que l’on voit beaucoup moins depuis l’usage de l’eau filtrée

— <‘l que l’on no verra plus dans l’avenir, avec 1rs progrès de l'hygiène et de l’éducation hygiénique du peuple.

I. — Epidémie < le famille. — Sept personnes : six malades. — Trois morts.

Mayer, à la Verrerie, boulevard Sadi-Garnot., 3o.

7 août. Garçon de !\ ans et demi, fièvre typhoïde; guérison au bout de un mois.

20 août. Garçon de i3 ans, fièvre typhoïde; guérison au bout de six semaines.

3o août. Fille de > ans, fièvre typhoïde; morte à l’hopital.

io septembre. Fille de <j ans, fièvre typhoïde ; morte à l’hôpital vers le io octobre.

20 Septembre. Garçon de sept ans, fièvre typhoïde; mort à l’hôpital vers le 20 octobre.

20 septembre. Mère, 4<> ans, fièvre typhoïde ; guérie le 20 octobre.

Nota. — Famille propre, mais encombrement forcé. Une cuisine, une chambre à coucher avec deux grands lits et un petit lit pour sept personnes!

II. — Epidémie de Jami lie. — Six personnes : quatre malades. — Un mort.

Boubel, rue Nationale, 20.

i4 septembre. Fille de cinq ans, fièvre typhoïde grave au quatorzième jour environ; guérison en six semaines.

3o septembre. Fille de onze mois, diarrhée cholériforme après des symptômes d’entérite datant d’une quinzaine de jours environ et pour lesquels nous n’avons pas été appelé. Morte le 3o septembre.

ier octobre. Garçon de quatorze ans, fièvre typhoïde; guérison au bout d’un mois.

8 octobre. Garçon de dix ans, fièvre typhoïde; durée de un mois.

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