‹ Epigraphie de l'eglise Notre-Dame de DijonChapitre 61 sur 89 · LA GROSSE CLOCHE · texte numérisé non relu

LA GROSSE CLOCHE

La cloche bénite le 21 juin 1727 fut refondue en 1814. Elle subsiste encore, reléguée dans les caveaux de la chapelle de l'Assomption, en attendant le beffroi du haut duquel elle pourra de nouveau se faire entendre. Elle porte cette inscription :

Laudo Deum verum, plebem voco, congrego clerum.

f J'ay été fondue

par les soins des paroissiens

composant le conseil de la fabrique

(1) Petitot, 139, 194, 211 ; — J. d'Arbaumont, 465, 480.

(2) Peincedé, VI, 300, 325, 467, 601.

DE l'éguse Notre Dame,

AU MOIS d'août 1814.

M* Antoine Esmonin, marquis de Dampierre,

FABRICIEN d'honneur;

M' Bénigne Victor Alexandre Barthélémy Legouz,

marquis de S^ Seine,

président du bureau;

M** Louis Saverot , avocat ;

Edme Mégnié Nantua, prop" ;

Simon Pierre Bernard Ranfer de Monceau,

conseiller en la Cour royale;

Pierre François Bon aventure Hélyotte, écuyer;

Laurent Dunoyer, nég''; Joseph Viardot, prop*% & Etienne Demermety, prop",

fabriciens de ladite église.

Bénite

PAR M"" Jean Vêtu,

CURÉ DE LADITE PAROISSE, j'AY eu POUR PARRAIN

M* Claude Hypolite Terray,

PRÉFET DU DÉP"" DE LA CÔTE d'Or,

et pour marraine

Madame Catherine Thérèse de la Ramisse,

épouse de mondit s* le marquis de Dampierre.

Fort père et fils, fondeurs a Dijon,

& Dubois m'ont fait.

Je pèse 3215 kilogrames. Marc 6563.

Le parrain, Claude-Hîppolyte Terray de Rosières, nommé préfet de la Côte-d'Or, le 11 juin 1814, ne resta pas une année tout entière à Dijon. Il fit remettre, à l'occasion de ce baptême, cinquante francs à la Fabrique, en exprimant le désir que cette offrande servît à payer « partie d'un ostensoir qui manquoit à

l'église '" ». La marraine, Cathc ri ne-Claude- Josèphe- Thérèse delà Raniisse, donna denx cents francs. Elle élail née à Auxonne, le 30 janvier 1753, de Joseph de la Ramisse et de Charlolle Maillard. Elle épousa, le 10 juillet 1770, Antoine Esmonin, IV^ du nom, marquis de Dampierre, et mourut, le '21 novembre 1818, en laissant seulement deux filles. Les Esmonin de Dampierre viennent de Vergy. Leur filiation n'est établie qu'à partir d'Antoine P^mort en 1700. Antoine de Dampierre, le fabricien d'honneur de 1814, naquit à Beaune, le 22 janvier 17&4, d'Antoine Esmonin et de Françoise Gauthier. Nommé conseiller an Parlement de Bourgogne, le 7 mai 1766, et reçu le 25 juin suivant, il devint président à mortier en 1772 et résigna quatre ans après. Président à la Cour impériale de Dijon en 1811, il démissionna de même en 1SI3. 11 fit partie du Conseil général de la Côte-d'Or et fut président de cette assemblée en 1817 <->.

Bénigne-Victor-Alexandre-Barthélemy Legouz, marquis de Saint-Seine, le président du bureau de la Fabrique en 1814, était fils de Bénigne Legouz, seigneur de Saint-Seine, Rozières, Jancigny et autres lieux, qui fut premier président au Parlement de Bourgogne, et de Marguerite-Philiberle Gagne de Perrigny <s>. 11 avait épousé Catherine-Claude de la Ramisse, la fille aînée des précédents'*'.

Simon-Pierre -Bernard-Marie Ranfer de Monceau, fils de Pierre-Bernard Ranfer, seigneur de Bretenières,

(1> A. N.-D., Registre des délibérations df la Kabiûiue, stiitcir bre 1814.

(2) Des Marches, 33(1, '2-t'i ; — de Juigiié, ibiil.. VI, las.

(3) Henri Marc, Inscriptions relevées sur îles lombes, etc., Dijor Jobard, 1899, p. '20 et 21.

(4) J. (TÂrbaumont, ibid., i, 57; — des Marches, ibid.

maître ordinaire en la Chambre des comptes, maire de Dijon de 1802 à 1806, et de Marie-PétroniUe Baudot, fat d'abord conseiller au Parlement de Bourgogne en 1785, puis conseiller à la Cour d'appel de Dijon et premier président de la même Cour en 1813, baron héréditaire en 1822, et enfin conseiller d'Etat en service extraordinaire en 1827 ^^\ Pierre-François-Bonaventure Hélyotte appartenait à une famille qui compte plusieurs représentants à la Chambre des comptes <^\ Les noms des autres fabriciens figurent assez rarement dans les registres des délibérations, bien que plusieurs d'entre eux aient conservé longtemps leurs fonctions <^>.

L'atelier des fondeurs Fort et Dubois a donné son nom à la cour de la Fonderie, rue de la Manutention, à Dijon. L'un d'eux, Jean-Baptiste Fort, celui qui a signé le marché de la refonte des cloches avec les fabriciens de Notre-Dame, demeurait rue Poulaillerie <*>. Fils de Toussaint Fort et d'Anne Jaquot, il était natif de Maisoncelles (Haute-Marne), et avait épousé, le 11 février 1783, Marie Boursier, de Dijon. Six fils naquirent de ce mariage : Paul-François, I*^ du nom, le 26 janvier 1784; Toussaint, le 8 mars 1785; Jean- Baptiste, décédé à l'âge de quatre ans, le 18 juin 1790 ; Jean, le 14 mars 1790; Paul-François, II* du nom, le 4 juillet 1791 ; François-Victor, le 10 frumaire an IX. Deux de ces enfants s'établirent à Dijon et y

(1) Des Marches, 267, 281.

(2) Il naquit le 14 juillet 17&4, et mourut le 13 décembre 1816.

(3) Louis Saverot présida le Conseil, le 12 août 1828 Laurent Dunoyer rendit ses comptes, comme trésorier de la Fabrique, le 14 janvier 1830. Joseph Viardot paraît comme fabricien, dès le 10 messidor an X ; il était né le 9 octobre 1765, il mourut le 18 juin 1824. Etienne Demermety mourut le 27 août 1814.

(4) A. N.-D., carton 22.

laissèrent postérité : l'un, Paul-François, P** du nom, épousa Jeanne Arbey, de Boux-sous-Salmaise, le 22 octobre 1817; l'autre, Jean, se maria, le 16 janvier 1832, à Jeanne Belnet, d'Aignay-le-Duc <^>. Quant aux quatre autres, deux moururent en bas âge, le troisième entra dans la garde impériale, et le quatrième décéda vers 1836, sans avoir été marié. Leur père, Jean-Baptiste, mourut le 13 avril 1827. Ces artisans, et ceux qui continuèrent leur maison, ont fondu beaucoup de cloches en Bourgogne ^2\ Une de leurs dernières œuvres, la cloche de Segrois ^^\ porte la date de 1848.

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